YEN
VEN
VEN
2443
tuit. Nous vînmes à parler de telle chose. S’ilvenait à mourir. Je vins tout à coup à me le rappe-ler. La chose viendra à se savoir. Comme les pre-m iers navigateurs qui se hasardèrent en pleineWer sans octant et sans boussole, vinrent cepen-dant à découvrir les principales parties du globe,behn. de st.-pierre, Liv.m,Harm. anim. j| 40° Ve-nir de, suivi d’un infinitif, se dit d’une chosefaite depuis peu de temps. L’ours, porté d’unmeme dessein, Venait de quitter sa montagne, latont. Fabl , vin, lo. Et quelle âme, dis-moi, ne se-rait éperdue Pu coup dont ma raison vient d’êtreconfondue ? rac. Andr. m, 1. Situ venais d’enten-dre Quel funeste dessein Roxane vient de prendre,m. Bajoz. i, 4. Damilaville vient de mourir ; ilétait l’auteur du Christianisme dévoilé et de beau-coup d’autres écrits ; on ne l’a jamais su, volt.
Vülevieille, 20 déc. 1768. || On dit de mêmefamilièrement : Il vient de venir. || 41° S’en venir,v - r é/l. Même sens que venir. Les plus exquises chosesfiui soient au monde sont là assemblées comme enabrégé ; venez-vous-y-en, je vous en prie ; car jen ai garde d’y aller sans vous, Francion, liv. ix,P- 367. Mais ne la vois-je pas qui s’en vient droita moi ? Tristan, Marianne, n, 3. Un jour, au dévotPersonnage Des députés du peuple rat S’en vinrentdemander quelque aumône légère, la font. Fabl .
3. L’ours, très-mauvais complimenteur, Luid>t: viens-t’en me voir, id. ib. vin, 10. Laisse-moi f u j r . eesse ,j e r ; re jj e l’indocilité qui me faitenvoler, Lorsque d’un ton si doux, on s’en vientm appeler, id. ib. vin, 2 ). Hier au soir, sur labrume, Un chat-huant s’en vint votre fils enlever,m. ib. ix, || 42- s. m. Le venir, l’action de ve-n * r > usité seulement en cette locution : l’aller et levenir. |J Fig. Avoir l’aller pour le venir, ne rienobtenir. || 43 ° S. m. Terme familier et ironique. Unveriez-y-voir, bagatelle, chose qui mérite à peined’être remarquée. D’un panache de cerf sur lefront me pourvoir : Hélas ! voilà vraiment un beauVenez-y-voir, mol. Sgan. 6. On lui exprime qu’onlui est obligé; grand venez-y-voir, mariv. Pays,paru. 6' part. Je n’avais pas vingt ans quand celam’arrivait ; vous passez quarante, beau venez-y-voir, id. ib. || 44 ° Mouvement de va-et-vient,voy. va-et-vient. || Fig. Proverbes. La balle vientau joueur, voy. joueur. |] Après la pluie vient lebeau temps, un temps heureux succède à des cir-constances fâcheuses. || Tout vient à point à quisait, à qui peut attendre, on vient à bout des cho-ses quand on sait ou quand on peut attendre,avoir de la patience. || Le bien lui vient en dor-mant, voy. dormir. || Qui chapon mange, chaponmi vient, le bien vient à ceux qui en ont déjà.Il Les maladies viennent à cheval et s’en retour-bent à pied. || Va-t’en voir s’ils viennent, voy. voir.Il H se conjugue avec l’auxiliaire être.
— REM. 1. Venir régit l’infinitif sans prépositionquand il exprime la venue. Je viens vous voir. 11r égit l’infinitif avec la préposition de quand il mar-que une action faite depuis peu de temps. Je viensde le voir. Il régit l’infinitif avec la préposition à,quand il marque une action fortuite. Si je viens àle voir.... || 2. Dans cette phrase de Necker : DesAvantages incertains, avenirs, il y a deux fautes ;d faut retrancher l’s, et écrire à venir en deuxmots. || 3 . Pour la différence entre venir et aller,v °y. aller aux synonymes. || 4. Dans certaines pro-vinces on dit: il s’est en venu. C’est une faute;dites : il s’en est venu. || 5. Au xvii* siècle on mettaitP'us volontiers, quand deux verbes se suivaient, ledernier étant réfléchi, le pronom personnel avantle premier verbe. J’avais entre mes mains et sa vieet sa mort, Et je me viens de voir arbitre de sonsor t, corn. Suite du Menteur, i, 6. || 6. Dans leXv H'siècle, quelques-uns disaient vindrent, au lieude vinrent; et les courtisans disaient viegne au lieude vienne. Au reste, il y avait beaucoup de tendance,dans l’ancien français , à confondre le son de l’tt, pré-cédée ou suivie d’un t, avec gn. || 7. Pour la construc-f‘on de en et y avec s'en venir, voy. en et y.
- — BIST, x” s. Qued avuisset de nos christus mer-
ci* Post la mort, et à lui nos laist venir, Eulalie.Est venu de cist très dies, Fragm. de Valenc.P- *67. Si vint grances [sic] iholt [chaud], ib.P- 4 ®8. || xi° s. 11 pout [put] venir à sainte yglise,Lois de Guill. i. En cest pais nos est venuz cun-fundre, Ch. de Mol. n. [ils] Vindrent à Charles, kiFrance ad en baillie, ib. vu. Lanoit [ils] demurent,fresque vint al jur cler, ib. xi. Ki qu’el cum-Pert [qui q ue ce soit qui le paye], venuz ensont ensemble [aux mains], ib. cxxn. ||xu° s. Etdist un mot qui li vint à plaisir, Ronc. p. loi.
Li mesager li sont venu devant, ib. p. 121 . Dites alduc qu’à moi veigne à parler, ib. p. 157. La mortme vient, que tant ai desirée, ib. p. i 75. Quantnous venimes en la bataille grant, ib. p. 181 . Carguerpi la bataille, si t’en vien avec mi, ib. p. 193.Nule chançon ne m’agrée, S’el ne vient de fineamor, Couci, i. Onques de vous ne me vint se malnon, ib. vu. Se par merci ne vieng [je] à guerre-don.... ib. Que [vous] m’ocirez, se vous vientà talent [si vous le voulez], ib. xi. Quand [je] voivenir le bel tanz et la flour, ib. xvii. Son douz re-gart qui vient d’une estencele Mon cuer [cœur] enmoi férir, ib. xvm. Ses ieuz, son vis, qui de joiesaulele, Son aler, son venir, Son biau parler etson gent maintenir, ib. xvm. Guiteclins de Sassoi-gne, quand ce vint à son tans, De sa premierslame ot deus vaslez enfans, Sax. v. Il n’en van-ront à chief [à bout], mes cuers le senefie [l’an-nonce], ib. xxxii. Tant [elle] fu sage et courtoiseet de bele façon, Que nouveles en vindrent auSaisne Brunamont, ib. m. || xiii° s. Et les gens dupais vindrent à merci au fil de i’empereour de Con-stantinoble, et tant li donerent que pais firent àlui, villeh. lx. Et nous vos prions par Dieu , chierssires, que vous preigniez la croix et que vous envengniez avec nous, id. xxxix. Certes nenil ; ne mevint en penser, Qu’onques nul jour je vous dai-gnasse amer, quesnes, Romane, p. 108 . Maugrétous sains et maugré Dieu aussi, Revient Quesnes,et mal soit il vegnant I iiues d’oisi, ib. p. 103. Puis-que je ving à terre [depuis que je suis né], ducange, venire. S’en venoit li lions corne besteenragie, Berte, n. Car nus ne vient à vie, ne con-viene finer, ib. m. Qui de bien est venus, droisest qu’à bien retraie, ib. vin. Quant [elle] vint depasmoison, la parole [elle] a emprise, ib. xxxi.Car deux larrons venoient de marcheans guetier,ib. xxxvm. Mais si viennent les chose com Dieuplaist et agrée, ib. Lxvm. Dont vient ce que mafille se fait ainsi haïr? ib. lxxw. Quant [ce] vintaprès mangier, Blanchefleurs plus n’atent, ib.lxxxiii. Puisqu’ainsi est la chose et venue et alée,ib. cxv. Bien set que il est mal venuz, Se il pooitestre tenuz, Ben. 1875. X tôt le mont ai fait anui,Dolanz et repentanz en sui ; Or voil venir à repen-tance De quanque je fis en m’enfance, ib. 10821 .Moult as empris plus foie emprise De l’amor quetu as emprise; Si la te venist miex [il te vaudraitmieux] lessier, Se de ton preu vues apressier, laRose, 5818 . Et Dieu est droiturier, si ne devroitsoufrir que celui qui si desleaument tornast le ga-rent, en venist au dessus par bataille, Ass. de Je-rus. t, 260 . De toz cas de crieme on pot apeler ouvenir à gages, se li accuseres en veut fere accu-sation, beaum, lxi, 2 . Et quiconques erre contrele [la] foy, il doit estre amonestés par sainteEglise qu’il délaissent lor erreur et viegnent àamendement de sainte Eglise, m. xi, 25. Et en-core parlerons noz d’aucuns [cas] qui noz venronten memore, id. xi, 29. Avoir à clercs, toison àchien, Ne pueent pas venir à bien, ruteb. 229 .Quantvint au vendredi, joinv. 214. Venés vous en,vous ne faites riens ici, id. 281.||xiv‘ s. Nousavons moult perdu, puisque nous viemes ci, Hugues Capet , v. 1869. Vienne qui puet venir! pensons dechevauchier, Guescl. 18273. Là fussent malvenuet de corps et de vie.... ib. 985. Cilz argens que jej porte ne me doit demeurer, Et en vendra de l’au-tre pour moi à rachater, ib. 14220. ||xv° s. Tantque temps et lieu venront que j’en devrai parler,froiss. 1 , 1 , *. En ce temps vint en propos et vo-lonté au roi Edouard d’Angleterre qu’il ferait refaireet redifier le grand chastel de Windsore.... id. i i213. Si lui fit [le roi d’Angleterre à Jean de Cope-lant] grand chere et le prit par la main et lui dit:A bien vienne mon escuyer, qui par sa vaillancea pris notre adversaire le roi d’Escosse.... id. 1 1308. Au terme de 37 ans quand un homme estdans sa force et en son venir, et il est bien de tou-tes parties, ID. n, m, 70. Gardez votre corps, vousestes jeune et à venir, et tel vous monstre beausemblant qui vous aime moult petit, m. 11 , ir, 237.Et s’il avenoit qu’ils fussent en discord ni enguerre un temps à venir, id. i, i, 125 . Comme ellefeust venue de bast [était bâtarde] et ne feust néeen loyal mariage.... du cange, venire. Et quandMadame l’ouyt ainsi parler, et par raison, et qu’iln’entend pas où elle veult venir.... Jeh. de Saint .7. Ung entre les autres y vy, Qui souventalloit et venoit, Et pensant com homme ravy,Et gueres de bruit ne menoit, A. chart. làBelle dame sans mercy. M’a compté le royEdouard que en toutes les batailles qu’il avoit ga-
gnées que, dès ce qu’il venoit au dessus, il montoit à cheval et cryoit qu’on saulvast le peuple etqu’on tuast les seigneurs, comm. ni, 6. Que plusaysement on viendrait à paix en faisant.... id. v,15. Et quant ce vint que le conte d’Eu et le chan-cellier eurent prins congé.... id. i, 1 . Il ne s’atten-doit point que les choses veinssent jusques à lavoye de faict, id. i, 2. Et son pere venu à l’extremevieillesse, id. i, l. Si ce qui avoit esté commencéfust venu à effect, id. i, 8. Il s’en fallut bien peuqu’ilz n’en vinssent à leur intention, id. il, 12 . Demal venir [par malheur], tout à cette belle heureque ces armes se faisoient, veci bon mari d’arriver,louis xi, Xouv. XLin. Et, de bien venir [par bon-heur], il n’y avoit qu’une paroi entre ces deuxchambres, id. ib. lu. Congé et lixanse d’aller, ve-nir et séjourner par tout nostre pays d’Anjou , Bibl.des ch. 1871, p. 474. ||xvi° s. Laissez venir doncFrance et sa routte [troupe], j. marot, v, 17. N’y acellui qui ne se viegne offrir, Pour te garder jus-qu’à la mort souffrir, id. v, 18. Ceulx du chasteausi lourdement tiraient, Qu’il n’estoit tour qui nevensist par terre, id. v, 29. Prenant au pis venir,s’il adveint que fortune.... id. v, 117 . Ung hommearmé vint arriver en salle, Le glaive au poing, par-lant en tel maniéré, id. v, 237. Les pluyes venantesoutre leur saison, calv. Inst. 1 37. Je vouldroysqu’il venist chose à propos, où j’eusse povoir deme revencher de tant de plaisirs que chacun jourme faictes, marg. lett. 72. Cuydant par ce moyenfaire que leurs délits et forfaits ne viennissent enlumière, ils se sont portez pour appelans, id. ib.169. Dimanche qui vient, id. ib. 36. Mais lui enveint à telle superstition.... mont, i, 17. Venant àmourir, id. i, 30. Les fauttes qui viennent de nos-tre foiblesse, id. i, 64. Des advertissements venantsde telle personne, id. i, 69. Ils pensèrent à la pertequ’ils venoient de faire, id. i, 63. L’esté venu ilgaigna.... id. i, 201. Le nom de la vaillance vientde valeur, id. ii, 87. Les souliers lui semblèrentbien venir à ses pieds, comme les bottines à sesjambes, desper. Contes, xcvi. Amulius, quand cevint à faire leurs partages, feit deux lots de tousleurs biens, amyot, Rom. 4. Les Latins appelent lou-ves les femmes qui abandonnent leur corps àtousvenans, id. t&. 6. Il eut toute pareille adventureau retour qu’il avoit eue au venir, id. Cam.46. Ilz aront l’aler pour le venir, G. du guez,dans palsgr. p. 971. O le plaisir que c’est desentir venir moindre [italien venir mena, dé-faillir] Son ame, tant amour heureusementl’estreint, baïf, Œuv. p. 02 , dans lacurne. Lespraticiens et bourgeois disans que toutes servitu-des viennent à restraindre et abolir, et toute li-berté à soustenir, Coust. gén. t. 1 , p. 448. Desparoles ils viennent au poil, cotgrave. Il ne de-meure pas trop qui vient, id. Qui vient est beau,qui apporte encore plus beau, id. Qui tost vient àson hostel, mieux luy en est à son souper, id.
— Étym. Berry, veindre, veinre ; wallon , vint;prov. et esp. venir; port, vir; it. venire; du latinvenire; ombrien, ben; grec, fiaiveiv. On remarqueraveindre, qui suppose venire, au lieu de ventre.
VENT (van), s. m. || 1° Courants d’air plus oumoins rapides occasionnés par les changementsqui surviennent dans la pesanteur spécifique et leressort du fluide atmosphérique. On entendit de-vant le Seigneur un vent violent et impétueux,capable de renverser les montagnes et de briserles rochers, saci, Bible , Rois, m, xix, 11. Le ventredouble ses efforts, Et fait si bien qu’il déracineCelui de qui la tête au ciel était voisine, Et dontles pieds touchaient à l’empire des morts, la font.Fabl . 1 , 22 . Elle n’avait ni assez de vent, ni assezde voiles pour favoriser sa course précipitée, boss.Reine d’Anglet . M. Halley attribue la cause de cesvents [alizés], et avec beaucoup de vraisemblance,au mouvement diurne de la terre, ou, pour parlerle langage ordinaire, au cours du soleil d’orienten occident, mairan, Éloge de Halley. Si les hom-mes étaient sages, ils se mettraient toujours ausoleil, et fuiraient le vent du nord comme leurennemi capital, volt. Lett. d’Argentai, 13 oct.1769. Donner une histoire des vents, qui serait unouvrage très-utile pour la navigation et pour laphysique, buff. Hist . nat. Preuv. théor. terr. Œuv.t. Il, p. 253. On sait que les vents élèvent desmontagnes de sable dans l’Arabie et dans 1 Afrique ,qu’ils en couvrent les plaines.... id. ib. 2° dise.Œuv. t. 1 , p. 1 68. Nous pouvons regarder l’actiondu soleil et de la lune, sinon comme l’uniquecause des vents, au moins comme une des causesque nous cherchons, d’alemb. Œuv. t. xiv, p. 8.