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Tome troisième. G - L.
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collier, il avoit autour clu cou un ruban d’où pendoitune espece de'médaille d’or gravée, & couverte de pier-reries.

Olaiis rapporte dans son Histoire, qu’on avoit bâti audieu Jumala en une forêt une maniéré de temple où lespeuples les plus éloignés, ausii-bien que les plus proches,venoient Fadorer, & que ce temple étoit entouré d’unehaie fort haute, serinée d’une porte , pour en défendrel’entrée à ceux à qui il n’étoit pas permis d’en approcher.L’iHstoire d’Herrodi nous apprend que l’or , 6c tout cequ’il y avrtit de plus précieux, ayant été enlevé de cetemple, la figure dudieu, & tousses ornemens sacrés,furent brûlés & réduits en cendres, ce qui fait connoîtrequ’elle étoit de bois.

Les Lappons disent qu’ils n’ont été instruits des mys-tères de la religion chrétienne, que depuis deux fiécíes.Au tems de Gustave, roi de Suéde, quand fes officiersaboient en Lapponie, pour y recevoir les droits, ilsétointaccompagnés de prêtres qui baptisoient les enfans. On neíb contentoit pas de leur faire une simple prédication,on les obligeoit de de l’entendre 6c d’en rendre compte.Charles IX fut le premier qui prit le foin de faíre bâ-tir des églises en chaque contrée, & de mettre en cha-cune de ces églises des prêtres entretenus à fes dépens.On en bâtit deux en la Lapponie de Torna, l’une, en 1600,appellée Tenotekis ; & l’autre trois ans après , sous ienom de Jukasjerjs. La reine Christine donna fes lettrespatentes, en 1640, pour la construction de quatre au-tres églises à Alwit^-j ers, à Arieplog , à Silbojocìi & àNajafiel. Depuis ce tems-là, il y a toujours eu des églisesde Chrétiens dans la Lapponie. Elles sont fort simples,mais fort propres : leurs matériaux sont des pieds d’ar-bres. On y a construit de petits bâtimens tout auprès,Jifin d’y mettre des cloches. II y a des chambres pourla demeure des prêtres, & pour tenir à couvert la mul-titude du peuple, qui vient de fort loin, & se délasseen hiver auprès du feu qu’on y fait. Les Lappons aiment& honorent leurs prêtres, qu’ils appellent hersai , c’est-à-dire seigneurs. Quand ces prêtres leur viennent rendrevisite, ils vont fort loin au-devant pour les prendre furleurs rennes , & les amenent dans leurs cabanes prépa-rées pour les recevoir, avec de petites branches de bou-leau, jettées par terre, & couvertes de peaux de rennes.Tous les Lappons de la famille y accourent & les sa-luent avec une grande humilité. Ils ont pour service dupoiíìon sec , de la chair de renne dessechée, des lan-gues rôties St des os chauffés au feu, qu’ils cassent, &dont ils tirent la moelle. Ils mangent ces viandes fans pain& fans sel, mais ces prêtres en apportent avec eux, ainsique du vin. Les Lappons leur présentent de l’eau pourboire, dans des tasses faites d’écorces. Ils gardent reli-gieusement les dimanches & fêtes. Quelques-uns mêmequitent le travail dès le samedi. Ils font auffi reposerleurs troupeaux &. leurs bêtes de monture ; & il s’entrouve de si scrupuleux, qu’ils ne veulent pas traire cesjours-Ià. II entendent fort attentivement la prédication,& chantent les pseaumes en commun. Ils font grand étatdes facremens, sur-tout du baptême. Ainsi, dix ou douzejours après que les femmes sont accouchées, elles entre-prennent de longs voyages, au travers des plus hautesmontagnes, le long des lacs, & au milieu des forets,pour porter leurs enfans au prêtre & les faire baptiser.Us confessent leurs pêchés avant que de fe présenter à lacommunion qu’ils reçoivent avec un profond respect.

Quoique les rois 6c les prêtres n’ayent épargné nipeines ni foins pour détruire la superstition dans leuresprit, la plupart la considèrent comme l’héritage quileur a été laissé par leurs ancêtres, qu’ils ne veulent acci-ses ni d’impieté ni d’ignorance, ne pouvant croire qu’ilsayent été assez dépourvus de jugement, pour n’avoir pasfu ce qu’ils doivent adorer pour Dieu. Ils observent lestems & les faisons, Sc établissent deux fortes des jours ,les uns blancs, les autres noirs. Ils mettent au nombredes noirs les fêtes de S. Clement, de S. Marc & desainte Catherine ; & loin dsofer entreprendre ces jours-là aucune affaire importante, ils s’abstiennent de chasser.Ils font des réflexions superstitieuses fur le premier ani-mal qu’ils voient en sortant de leurs cabanes, & nepermettent point à leurs femmes d'en sortir par la mêmeporte qu’ils en sont sortis, pour aller chasser. Ils ne

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dlrolent que foìb’ement à Ja résurrection des morts & ^l’immortahté des âmes, $<c donnent au vrai Dieu aJefus-Christ des dieux imaginaires pour compagnons.Ceux de Pitha & de Luhla ont trois dieux , Thor . ° uThordo'én, Storjunkare & le soleil, avec d’autres dieuxmoins considérables. Les Lappons révèrent, sous queiqu®nom que ce soit les manès , c’est-à-dire les aines quifont sorties du corps des hommes, parce qu’ils croientqu’après la mort il demeure queique chose. íls craignentextrêmement ces âmes & les tiennent mal-sellantes,jusqu’à ce qu’elles soient rentrées en d’autres corps. Ou-tre ces manès, ils ont des spectres & des démons qu p 5croient, roder autour des rochers 6c des montagnes, se rses lacs ôc les rivières ; &c ils leur rendent quelque sorted’honneur divins, comme faisoient ses Romains auxFau-nes , aux dieux des bois 5 e aux Tritons. II y a encore, ace qu’ils disent, de bons Sc de mauvais génies. I!s les ap-pellent la troupe des Julhìns , & s’imaginent que ce*esprits courent par l’air en grand nombre, principale-ment au tems des fêtes de Noël, qu’iis nomment J lU ' 1en leur langue.

Le premier dieu des Lappons, qui sont demeurés ido-lâtres , est appeiié en Suédois Thor ou Thordoïn , ss !lveut dire le tonnerre. Ils lui donnent en leur langue 1®nom de Tiermes , qui lignifie tout ce qui fait un brisoeffroyable, & celui à'Aijeke, aïeul, bisaïeul & tri-saïeul. Us l’adorent comme ayant pouvoir de vie &mort fur tous les hommes, & lui attribuent celui de châ-tier & foudroyer quelquefois les démons mal-fàifans. I‘ slui donnent un arc pour cela, asm qu’il puisse tirer se*flèches contre eux. Le lieu 0Ì1 ils adorent ce dieu,derrière leurs cabanes, dont il n’est éloigné que d’isotrait de flèche. Ils dressent en cet endroit une espèce 0®de plancher ou de grande table, qui ressemble à un au-tel, & tout-à-l’entour ils mettent des branches de pin &de bouleau, qui marquent l’espace ôc la grandeur de celtesorte de temple. Us bordent de branches des mêmes ar-bres l’ailée qui conduit de la cabane à ce lieu sacré.figure du dieu Toron & Tiennes est toujours de hoir d®bouleau. Ils donnent à cette idole une forme groffiè reôc en Font la tête, avec la racine du bouleau, Sc toiise®reste du-corps, avec le tronc du même arbre. Afin qu’csosache que c’est í’idole de Toron, ils lui mettent à la maindroite un marteau qui est fa marque particulière, & N 1fichent en la tête un clou d acier ou de fer, auquelattachent un petit caillou, afin que ce dieu puisse fa> redu feu quand il lui plaira. Tous les ans, quand l’hive sapproche , ils font une nouvelle statue à ce dieu, dan 5les sacrifices qu’ils lui offrent, ôclui immolent un rend®mâle, lui perçant le cœur avec la pointe d’un couteau*Us reçoivent dans un vase le sang qui en sort, & e 'ífrotent auffi-tôt la tête St le dos de l’idole, après qu*^iis lui en tracent fur l’eííomac, des lignes en forme occroix. Cela fait, ils adorent cette idole, dernere la-quelle ils arrangent le bois & ses plus grands os de latête du renne immolé. Us mettent devant cette mein®idole une espèce de boëte faite d’écorce de bouleau 1pleine de petits morceaux de chair, pris de toutes les par-ties d'u corps de ce renne, avec la graisse fondue par-dessus.

Le second des principaux dieux des Lappons idolâtre 5est appelle Storjunkare. Us sont persuadés que la plup 3 ^des biens ne sont accordés aux hommes que par sonnistere, 6c que tous les animaux sons sous son emp lf ®*Us prétendent, selon Jean Tornéus, qu’il a souvent apparu à ceux qui pêclíoient ou chassoient aux oiseaux, i° l jla figure d’un homme de belle taille, vêtu de noir , tenant à se main un mousquet, avec cette feule dissérersoque ses pieds étoient semblables à ceux des oiseaux ; ssj®toutes les fois qu’ils l’ont apperçu ou debout fur sevage ou-dans le bateau, leur pêche a été heureuse ; fl 11vec son mousquet il a plusieurs fois tiré en volant, tl! ^des oiseaux & qu’il les a distribués à ceux qui setrouvés préfens. Le lieu où ils ie révèrent est ^ ue srocher, le bord d’un marais ou quelque caverne dèsinaccessibles, persuadés que ce dieu se plaît à y èm-m ^La figure de Storjunkare est de pierre; & cexX e jd Sidoles que les auteurs païlent, quand ils ^‘j^^irne,idoles des Lappons font de grandes pierres. renn( !

qu’ils immolent à ce dieu, est peur, l’ordinaire,