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Tome troisième. G - L.
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appe’iée Leitîien ouLetthen ; & ce nom est donnéà trois que l’on distingue par les titres de première , se-conde & troisième , à limitation, fans doute, des trois pro-vinces Lyoimoiíès des Gaules. II est vrai que l’on trouvedans des titres très-anciens trois LietHjE, savoir Litte,pour désigner Leyden ; c’est dans un diplôme de l’empe-reur Henri IV, donné l’an 1064. Liethemuthen dansune transaction de l’an 1063 , Sc Liethorpe dans undiplôme de Landry, évêque d’Utrecht, de l’année 94^.On lit LiTHls Sí LeitHIS dans d’autres diplômes; StLeydis dans un diplôme de Guillaume II, comte deHollande. Quelques-uns ont écrit Leidni, qui appro-che assez de Leyden. Les Annales de Fukle disent Lzg-©uin , que le copiste a corrompu en écrivant Linduit.Au reste, ces Annales semblent nous donner la véritableorigine d u nom de cette ville. Leyden venant de Lig-duin , tout le monde voit que Ligduin a été cor-rompu de Lugdunum. * Alúng. Not. Germ. int. p. 2,p. iii .

La ville de Leyde est située très-avantageusement,presqu’au milieu des autres villes de Hollande. Délit & laHaye n’en font qu’à trois lieues : Harlem St Tergouwà cinq, Utrecht & Dort à sept ; St Amsterdam à huit.Elle est dans une plaine, St entourée, de tous côtés, decanaux, de prairies St de jardins. Son enceinte renfermecinquante istes, & dans ce nombre il y en a trente St une,autour desquelles les barques peuvent passer. On y comptecent quarante-cinq ponts, dont plus des deux tiers fontbâtis de pierre ; les autres font de bois. *Janf Urb. Be!g.Tab. p. 1.

Leyden est censée une des six premieres villes de îaHollande. Elle est la capitale du Rhinîand, & quarante-cinq bourgs ou villages en dépendent. Les habitans deces villages y apportent leurs denrées; ce qui fait que laville est abondamment pourvue de toutes les choses quela terre produit. La proximité de la mer, (car Leydenn’en est éloignée que d’une lieue,) fait qu’elie se trouvebien fournie de poisson. On y a auffi en grande abon-dance du poisson d’eau douce, & des oiseaux aquatiquesde toute espece. En un mot, rien de ce que le pays

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Le château sert aujourd’hui d’ornement ; autrefois c é-toif une forteresse. 11 lui fut bâti en 449, par Engiste, ducdes Saxons, ou, suivant d’autres, roi des Frisons, à ionretour de la conquête de la Grande-Bretagne. II est h> £le bord du Rhin , fur une élévation de terres rapportées.Cette espece de colline a au bas trois cents toises de cir-cuit, & cent quarante à son sommet. Ce château,com-munément appelle le Burght , n’est qu’une feule enceintede pierres fans maisons. II est bordé en dehors de plusieursarbres fruitiers. La figure de l’enceinte est ronde. On ymonte par un escalier d’environ cinquante marches; ÔCfa muraille est fort épaisse, & a en dedans vingt ôt unpieds de hauteur. II y a tout-à-f entour une galerie voû-tée , de dessus laquelle on a une très-belle vue qui s’étendfur la ville & la campagne. Dans le voisinage d u châ-teau , on voit une pierre fameuse par son. ancienneté qu 1approche de celle du château. On l’appelle la pierre bàue.C’est dans cet endroit que fe faifoient les exécutions.Mais Philippe de Bourgogne donna, en 1464, lapenrul-ston aux habitans de faire les exécutions à Sgravestein*On conserva pourtant une ancienne coutume, qui vou-lait que les bourgeois , lorsque le cas se présentait, si' 5 'sent dépouillés, dans ce lieu, de leur droit de bourgeoisie11 y a plus de cent ans que cet usage a été aboli.

On voit encore plusieurs édifices remarquables. De cenombre est la maison de ville. Dans le bas íè tiennentles tribunaux ; celui de l’académie, celui de la ville, ÔLcelui du Rhinîand. On y voit auffi l’arcenal St la bou-cherie, de même que la grande St petite trésorerie. Dansl’étage du haut, où l’on monte par un double escalier^vingt-deux marches , on trouve une grande sale qui con-duit à diverses chambres, ou les bourg-mestres, les cu-rateurs de l’académie , les juges St autres officiers dejustice s’assemblent.

La maison des orphelins n’étoit pas autrefois si grandequ’elle l’est aujourd’hui; elle n’étoit pas non plus dans lemême lieu. Le nombre des orphelins s’éfant augmenteà mesure que la ville s’aggrandistoit, on les transféra,en 1583 , dans le monastère de sainte Marie , au voisi-nage de l’églife de S. Pancrace ou Hoeghlantse - Kerck /

fournit ne manque dans cette ville, l’une des plus pro- & comme cette nouvelle maison ne fuffifoit pas encore».prés & des plus agréables de tous les Pays-bas. en 1604 St en 1607, on l’augmenta de nouveaux. bâti-*

Anciennement Leyde n’étoit pas si grande qu’elle lestaujourd’hui. D’un côté , elle étoit bordée par le Rhin ,•St de l’autre par le Rapen-burg St le Steen-Scheuyr. Ellecontenois à peine quarante-cinq arpens, mesure de Rhin-land. On i’avoit partagée en quatre quartiers. Le premierétoit celui de Sainte Catherine , du nom d’un monastèrequi est aujourd’hui un hôpital; le second tire son nom dela manufacture où l’on faifoit des draps ; la manufacturede laine avoir donné le nom au troisième, comme lemarché public avoir donné le sien au quatrième. En 1351,on élut dans chacun de ces quartiers un bourg-mestre,pour gouverner la ville , conjointement avec le préteur& le sénat. L’enceinte de cette ville a été augmentéejusqu’à quatre fois différentes , savoir dans les années11249, IZD, 099 Sc 1611 ; de forte qu’elle est aujour-d'hui presque de figure ronde, St contient cent soixanteèt douze arpens, mesure de Rhinîand. D’un côté, son-enceinte est formée par une muraille soutenue d’un rem-part de terre, St à laquelle on a ajouté de grands bou-levards ; mais du côté que l’on a augmenté ía ville, endernier lieu , on a élevé un bon rempart de gazons,fortifié de quelques bastions, St tout autour de la villejégne un large fossé. Après Amsterdam, Leyde est laville la plus peuplée de la Hollande. Une quantité prodi-gieuse d’étrangers venus de Flandre, d’Artois & du paysde Liège, l’ont accrue considérablement, St augmentéfes richesses. * JanJ.Urb.Bdg. p, 1.

II y a trois églises principales. La premiere est celle<le S. Pierre St A. Paul. Le Catalogue des (*) églises dé-diées dans le diocèse d’Utrecht, prouve que cet édificeexistait dès Fan 11 1 1. II étoit orné d’un belle tour, quimanqua par les fondemens ( b ). Sa chute ne causa quefort peu de dommage aux maisons voisines, St aux ha-bitans ; la seconde église est celle de S. Pancrace, nom-mée aujourd’hui Hooghlantse- Kerck. La troisième estSainte-Marie , autrement L. Vrouwen-Kerck, On comp-toit autrefois dix- huit monastères ou autres édifices depiété, tant dans la ville que dans les fauxbourgs,'yng. p. ni, ( fe ) J ans, Urb, Belg. Tab,p. 1,

mens.

En 1574, pour récompenser les habu ms de la valeuravec laquelle ils a voient soutenu le siège, le prince d’O*range St les états de la province résolurent Fétablifso-ment de l’académie , St la sondèrent, l’année suivante >le 8 de Février. On la plaça d’abord dans le monastesode sainte Barbe , appelle aujourd’hui la Cour du Prince»’/ Princen-Hof En 1581, on la transféra clans le mon 3 s )teres des filles Blanches ; mais ce bâtiment ayant e £ffbrillé, en 16x6, on la plaça de nouveau dans le monast er 5de sainte Barbe. Le jardin des plantes y est bien foufss 1 *Dans îa sale d’anatomie, on trouve un grand Sc mag nrfique théâtre, qui fut construit en 1597. II y a un cabi sleCclans lequel on conserve une infinité de choses curieu-ses , des momies , des squelettes grands St petits, d eianimaux rares, Stc; on y voit,emr’autres, quelques- 3 ' 1 *de ces vers, qui, environ l’an 1735 , rongèrent les pieu*qui forment la digue de la Nort-Hollande, St empêchentque le pays ne soit inondé par la mer. Cette digue com-mence à l’endroit où finissent les dunes, qui servent dsbarrière naturelle. Ces vers, dont nous parlons, ffiren £apportés de l’Amérique : ils s’échapperent d’un vaíífè aUqui étoit à l’ancre, près de la digue ; s’attacherenQ 31 !*bois, ôt les criblèrent en peu de teins. Pour obvier 3 cepareils inconvéniens, les Etats-généraux font apporterde la pierraille, pour en former à la longue des especesde petites dunes. Ce projet est digne de la prévoy 3nC fSt de la patience des Hollandois. La bibliothèquenombreuse. On y trouve quantité de manuscrits -rares otanciens.

II y a auffi un collège que les états de la province son-dèrent , en 1592.3 pour l’entretien de quarante étudi 3 ° sen théologie.

Les grands personnages qui ont fait , 1 e plus d’honneuà cette académie, font: Jean Douza , Joseph Scahger,Adrien Junius , Pierre Forest , Rambert D.odon®^*François Rapheleng, Jean Cocceïus, François < - r °.rus, Paul Mérula, Charles Cíusius, Conrad,Vor ^»Jaques Arminius, Daniel Heinsius, Dominique da t