mats la souveraineté de Limoges, ÔC de tous les pays quisont entre la Loire & les Pyrénées. Les Anglois nejouirent par íong-tems de cette souveraineté; car laguerre ayant recommencé, sous Charles V, successeurdu roi Jean, les Anglois perdirent la plupart des paysqu’on leur avoir cédés dans lès íiécles suivans, quoiqu’ilsse fussent rendus maîtres de Paris. Ainsi il y a environtrois cents quarante ans que Limoges a été réunie à lácouronne. * Longuerue, Descr. de la France, i .part.p. 140.
Outre la seigneurie & le haut domaine qu’ont eu etlcette ville les ducs de Guyenne St les rois , il y avoitun seigneur particulier qui y avoit auffi la sienne, 6cportoit le titre de vicomte. Le premier de ces seigneurs,qui a' été héréditaire , se nommoit Gerand , St vivoitdans le dixième siécle, sous le régne de Lothaire, filsde Louis d’Qutremer. La race masculine de ces vicom-tes finit en la personne d’Aimard III, qui vécut jusqu’en1216, St laissa pour héritiers ses neveux Gui St Ai-hlard, fils de fa soeur Humberge & d’Archambaud leBarbu , vicomte de Comborn. C’efl de cet Aimardque descendoit Marie, qui épousa Artus, duc de Breta-gne , dont le fils Jean III, duc de Bretagne, fut auífivicomte de Limoges. Sa nièce Jeanne, fille de Gui, sonfrere, lui-succéda au vicomté, Sc épousa Charles deBlois, dont ie fils Jean fut comte de Penthievre St vi-comt de Limoges.. La petite fille de Jean, nomméeFrançoise, tut vicomtefie de Limoges, Sc épousa Alainsire d’Albret, bisaïeul de Jeanne d’Albret, reine deNavarre, qui apporta le vicomté de Limoges, avec tousses autres biens , à Ion mari Antoine de Bourbon, perede Henri IV.
LIMON, Aup£r, c’est-à-dire la prairie: ce nométoit commun non-feulement à toutes les prairies, maisencore à quelques lieux Sc villages. Pausanias parle d’unvillage appellé ainsi au Péloponnèse, dans l’Argie; ScStrabon donne ce nom à un lieu de la Carie, à trentestades de la ville de Nyse , vers le midi.
LIMON A , (isle de) Limonia , petite iste de l’Ar-chipel , entre celles de Carchi au couchant, Sc de Rho-des au levant, dont elle est à dix milles. Elle a un port,mais peu d’habitans. * D'Herbelot, Baudrand , Maty.
LIMONADE, quartier de la dépendance du capFrançois, dans l’isle de Saint-Domingue, extrêmementfertile, Sc dans un assez bon air ; mais la Savone déLimonade où M. de Cussy, gouverneur de Saint-Domin-gue , fut défait Sc tué par les Espagnols , en 1692, estassez stérile : ce quartier, s’étend du sud au nord jusqu’àla mer, presqu’à distance égale du cap François Sc deBayaha, aujourd’hui Port-Dauphin.
LIMONE, Sc non pas Liamone, comme le dit le fieurd’Anviile, dans fa carte d’Italie, 1743 , riviere de Pistedé Corse. Elle prend sa source, vers le milieu de Piste,près de celle de Tavignano ; Sc, courant au sud-ouest,elle passe près de.Vico, Sc se rend dans la mer, àquatre milles au sud de la ville de Sagone. *Magin, Cartede Piste de Corse.
LIMONUM, LEMONUM ou Lemunum : les di-vers manuscrits de César varient sur l’orthographe de cenom : il y en a même qui portent Linnonem ou Limo-nem, ÔC d’autres en ont fait Lemovicum; Sc de cettederniere leçon ils en ont pris un prétexte de l’expliquerpar Limoges ç mais comme le remarque très-bien Nico-las Sanson , dans ses Remarques fur l’ancienne Gaule,P- 3 z j c’est faute de prendre garde que de quelque fa-çon , que ce nom soit écrit dans les Commentaires deCésar, il est dans le Poitou. En effet tout ce qu’il endit convient beaucoup mieux'à Poitiers qu’à Limoges,soit que l’on considéré celui qui assiège la place, savoirDumnacus , dux Andïum , qui venoit d’Anjou, soitqu’on fasse attention a sa retraite vers la Loire, Sc Pen-drait où il fut battu, près du pont de Cé ; Sc d’ailleursPtolomée met auffi Lemonum en Poitou, Sc les Itiné-raires Romains en vérifient l’assiette à Poitiers. Antonin,en divers manuscrits, St dans les imprimés, l’appelleLimonum , Lomonum , Lomunum ; J a Table dePeutin-ger Lemunum; St par l’un Sc Pautre Itinéraire, l’assiettede la place est entre Xaintes, Nantes, Tours, Bourges•St Limoges.
LIMOSE, petite iste d’Afrique, dans la mer Médi-terranée, fur la côte de Barbarie Sc du royaume de Tu-
nis , dont este dépend , qu’elle en soit assez éloignée, &au nord de Lampadusa, vers Malthe, d’où elle est *soixante milles. C'est la même que Linose. Voyez cemot. * Baudrand , édit. 1705.
LIMOSIN, (le) ou le Limousin, (l’un St Pa u "tre sont en usage) ( a ) province de France. Elle est bor-née au léptentrion par la Marche, à l’orient par PAu -vergue , au midi par le Querci , Sc à Poccident par lePérigord. Ce pays, Sc fa capitale Limoges , tirent leurnom du peuple LemoviCES qui étoient les plus vaillan*d’entre les Celtes du temps du César, ayant soutenu opi-niâtrement le partie de Vercingetorix. Auguste, dans 1 »nouvelle division qu’il fit de la Gaule, les attribua àl’Aqui-taine; Sc lorsqu’on subdivisa ces provinces, ils furent ffi lSlous la premiere Aquitaine , dont Bourges fut la capitale*c’est pourcèla que Pévêché de Limoges, est comme il*toujours été, sous cette métropole. Nous avons déja dit »l’article de LIMOGES , qu’Eléonore de Guienne port*cette province, eh mariage à Henri II, roi n’AngI e "terre ( b ). Elle sot confisquée Sc réunie à la couronne,vers Pan 12Ò4; mais environ cinquante ans après,S. Louis la rendit aux Anglois, Sc ne se ré'.erva que I ePoitou, Sc ce qui étoit en-deçà de la Charante. Par I etraité de Bretigni, ce pays avec le reste de la Guiennesot laissé aux Anglois ; mâis Charles V, roi de France,regarda ce traité comme nul, Sc reprit fur eux entr’au-tres pays, ceux qui compoient présentement la généralitéde Limoges, dont ils n’onr rien possédé depuis, quoiqu’^ 5soient demeurés en poiìèffion de ce qu’on appelloit pontlors le duché de Guienne , jusqu’au régne Charles VU»sous lequel on les en chassa. On voir encore entre GueretSc Saint-Vaury, petite ville du Limoíìn , une croix depierre de taille, autour du piédestal de laquelle est g ra "vée la couronne d’Angleterre , qui marque les limites duLimoíìn Sc de la Marthe. * ( a ) Longuerue , Des-cription de la France, 1 part. p. 140. ( b ) Piganiol de l&Force, Descr. de lá France, t. 6, p. 352. , ■
Le climat du HAUT Limosin est froid 8c quoiqu’!!approche plus de Féquateur que celui de Paris, il estcependant moins tempéré, à cause des montagnes.
Le bas Limosin est plus tempéré , Sc même assezchaud en quelques endroits, sur-tout'aux environs dàBrive.
Ce pays est couvert de forêts de châtaigniers. Les ter-res , qui ne sont point couvertes de châtaigniers ou d’au-tres bois, produisent du froment ; mais communémentelles sont plus propres pour le seigle. On y seme aussibeaucoup de bled sarrazin , Sc on y cultive une especede grosses raves. Le bled sarrazin, les raves, les châtai-gnes font la nourriture ordinaire des paysans, Sc mêmedes gens du commun. II n’est cependant point vrai quel’on fasse du pain de châtaigne, comme le disent MorériSc ses éditeurs , ce fruit n’étant pas propre à être moulu.Sc ne pouvant se lier comme de la farine de bled.
Le haut Limosin produit peu du vin, encore n’est-^potable que pour les gens du commun ; mais le basSc fur- tout les environs de Brive en produisent àstfort bon. Ceux du pays d’ARNAT, à quatre ou cin<ïlieues de Brive, Sc ceux d’ALLEZAT semblent approchesde la bonté du vin de Bourgogne.
On a découvert plusieurs mines de plomb , de cuivre íà’étain St d ’acier , dans sélection de Limoges, Sc di*côté de Tulle. Le sieur de Roddès en fit ouvrir d eplombSc $ étain, en 1703 , àSAiNT-HiLAiRE, à quatre lieuesde Limoges, au Tralage; à une lieue de Saint-Hi-laire ; à Fargeas, à une demie - lieue du Tralage»à Pierra-Bruna , qui est une haute montagne, à fi*lieues de Limoges, Scc. Le même de Roddès découvritauffi, à six lieues de Limoges, une mine d’acier pur, in-comparablement meilleur que l’acier factice ; mais toutesces entreprises ne réussissent point malheureusement poufla France, qui manque de plomb.
II y a auffi des mines de fer sort abondantes, Sc desforges , dans sélection de Limoges , du côté de COUS-SAT, Bonneval Sc Saint-Irier ; mais ces mines SCces forges sont moins considérables que celles d’Angou-mois. II y dans la province deux évéchés: LIMOGESSc Tulle. Les Limosins veulent que leur apôtre ÔLpremier évêque soit S. Martial, un des disciples de Jes»^-Christ ; ce qui ne fe prouve par le témoignage d >a * ,c '*ancien. Grégoire de Tours rapporte un passage de 1 * -
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