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Tome troisième. G - L.
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kmnité des auto da sé ; on y célébré eticore aujour-d’hui la fête des taureaux, qui n’est autre chose qu’unCombat d’homines choisis, contre des taureaux sauva-fecs, St qui s’exécute en ce pays comme en Espagne,a yec une grande dépense ; c’est auffi sur cette place qu’oncélébré les actes de foi de 1 'inquisition ; c’est-à-dire qu’ony exécuté ceux que ce tribunal a condamnés.

Près de la place royale , il y en a une autre située denjerne au bord du Tage, & où se tient le grand mar-ché de la ville, nommé <* Ribeira. On y vend tout cequi descend du Tage, fruits, poisson, Stc.

Outre ces deux places, il y en a plusieurs autres fortbelles, en divers quartiers de la ville. La plus grande estcelle qu’on nomme le Rucio. C’est fur cette place quetrouve le palais de l’inquisition, le couvent des Do-minicains 8t l’hôpital. Elle a la forme d’un amphithéa-, à cause des collines qui l’environnent. On y tientfoire chaque semaine.

Sur le haut de la montagne de S. George, est un châ-teau de même nom. II commande la ville , St est flan-qué de plusieurs tours carrées; Dans fes murailles il ren-ferme comme une petite ville, où il y a des rues, despalais St des églises. Ce n’étoìt pas autrefois une placeforte ; mais on y a ajouté des terrasses bordées d’artille-rie, qui le rendent aujourd’hui assez fort. Le marquis deCascaës en est 1 ’alcaïde-mor ; c’est ce qu’on appelle enFrance seigneur châtelain ou gouverneur. Cette charge,qui est dans fa maison depuis trois siécles, passe aux hé-ritiers de fes biens St de son nom.

Le palais des rois de Portugal est bâti au milieu dela ville, fur le bord du Tage, St à l’extrémité de laplace royale ; de forte que le roi peut voir de fes fenê-tres tous les vaisseaux qui arrivent à Lisbonne, St tousceux qui en partent. C’est un grand dôme carré, élevéde quatre étages. II y a dans ce palais de très-belles sa-les St des chambres magnifiques. Au troisième étage, estla bibliothèque du roi. Les livres y font dans de petitscabinets de noyer. De ce dôme part une galerie de centpas de long, au bout de laquelle il y en a deux de mêmelongueur. Elles ont chacune deux étages St des fenêtresornées de balcons. Les vues des chambres & des salesdonnent fur une terrasse qui va jusqu’à la mer, & oùl’on se promené à pied. Les appartemens sont grands ,commodes & superbement meublés en hyver; mais enété on détend les tapisseries, parce que les muraillessont lambrisècs. Les états généraux fe tiennent dans lasale des gardes du roi. Cette sale est du côté de laville. La chambre du conseil de guerre est 4 l’une desextrémités ; St dans les appartemens d’en-haut, il y aplusieurs tribunaux. La chapelle du roi est à l’un des cô-tés du palais dans la cour intérieure. Elle est grande Scrichement ornée.

lfafandega , ou la douane , est tout près du palais duroi. C’est un édifice vaste 8t bien bâti. II renferme plu-sieurs magasins voûtés où l’on est obligé de porter tou-tes les marchandises qui arrivent, ou qui sortent, poury être plombées, moyennant un certain droit. La ferme<le cette douane est un des plus grands revenus du roi.Outre cette douane, il y a la casa dos tsclavos , où, devingt esclaves, qu’on amene d’Afrique, il en faut laisserquatre pour les droits du roi. Près de-là est Farfenal, quiest assez bien fourni d’artillerie, de mousqueterie St cl’au-tres munitions de guerre. II y en a un autre près du pa-lais royal. Dans ce dernier font les magasins destinésaux choses nécessaires pour l’équipement des vaisseaux.

Le Corpo-Santo est un quartier où fe trouve le Corte-Réal, grand palais , où demeuroit le prince régent,Pierre II, du tems du roi Alfonse VI, son frere. Ce pa-lais est aussi au bord du Tage. II a quatre beaux corpsde logis, ornés de belles tours, avec des galeries oùl’on fe promene, St d’où l’on a la vue fur la riviere. Cepalais fut confisqué au marquis de Caflel-Rodrigo , parcequ’il embrassa le parti des Espagnols, dans le tems dela révolution du Portugal; mais par le traité qui sot faitentre les deux couronnes , il étoit porté que tous fesbiens lui feroient rendus ; St ce palais a été restitué àfa maison. Le nom de Corpo-Santo a été donné au quar-tier, à cause d’une chapelle de même nom qui s’y trouve.

A l’un des côtés de la place royale est une halle pu-blique, nommée Terreiro , où s’assemblent les magistratsde la police. C’est-là qu’on distribue tout le bled qui fe

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consume dans Lisbonne. ^ortqu’il cómnìëncs à devenirrare, on a grand foin d’observer l’égalité dans la distri-bution , asin que personne n’ait sujet de fe plaindre. Laboucherie est auffi fur cette place.

Lisbonne a trois différentes enceintes. Là premiere,St la plus ancienne, ne renferme que le château avecquelques petites rues au - dessous ; la seconde renfermecette premiere avec la grande église, qui est la cathé-drale , près de laquelle il y a encore quelques portes ,entr’autres, celle de S. Antoine. C’est auffi dans cette se-conde enceinte que fe volt l’hôtel de ville ; la troisièmeest d’une fort grande étendue ; St renferme presque toutela ville. Ces trois clôtures de murailles sont envelop-pées d’une nouvelle, qu’on a commencée avec de bellesfortifications, St dont le tour n’a pas moins de six lieues.Mais ces travaux commencés, fur l’avis qu’en avoirdonné îe fameux marquis- de Marialva, font demeurésimparfaits.

L’églife métropolitaine, appellée la Sít , est située furle penchant d’une colline. C’est un bâtiment très-an-cien ; il est orné de deux clochers fur son portail, S td une lanterne en façon de petit dôme, au milieu de lacroisée de l’égliíè. Proche du grand-autel est la châssede S. Vincent, sous l’invocation de qui cette église estdédiée, St en mémoire de qui MM. du chapitre entre-tiennent perpétuellement deux corbeaux qu’on voit vo-ler dans l’église, ssans qu’ils en sortent jamais. On pré-tend qu’après que S. Vincent eut souffert le martyre,son corps fut jetté à la campagne, pour servir de pâ-ture aux bêtes carnacières St aux oiseaux du ciel ; quedes corbeaux le gardèrent, jusqu’à ce que des person-nes pieuses l’eussent enlevé, pour le porter dans un lieuproche de Valence en Espagne, où il étoit né, St quec’est pour conserver le souvenir de cette merveille, quel’on garde ces corbeaux. Alphonse I, roi de Portugal ,ayant enlevé Lisbonne aux Mores, l’an x 147, on déterrale corps de S. Vincent, St on le transporta dans cetteéglise.

L’église des Dominicains, dans le Rucio, passe pourtrès-belle. On y remarque, entr’autres , trois chapelles,toutes dorées depuis le haut jusqu’au bas. Dans l’une onvoit la généalogie de la sainte Vierge, en bas reliefs, &dans l’autre la généalogie de S. Dominique de mêmeouvrage. Dans celle du milieu on voit un beau crucifixenfermé d’une grille d’argent. Le saint Sacrement estcontinuellement exposé dans cette derniere ; six ciergesde cire blanche éclairent perpétuellement cette chapelle,de même qu’un grand nombre de lampes d’argent. Lamaison des religieux est considérable , St répond à íamagnificence de l’église.

,, Près du couvent de S. Dominique, est la maison del’inquisition, que les Portugais appellent lo Santo-Offìcio.C’est-là que s’assemble le conseil du saint office , St que^inquisiteur général, qui en est le président, fait sa de-meure dans un appartement superbe. Ce conseil est sou-verain St tous les autres tribunaux ; de l’inquisition duPortugal Sc des Indes sont quelquefois obligés de luirendre compte de leurs procédures , quoiqu’ils soientauffi souverains. Devant le portail de cette maison, il ya une belle fontaine, chargée de statues de marbre, St quijette de l’eau de tous les côtés.

II y a Lisbonne Une jolie église qui porte le nom deMadre de Dios. On y garde un saint suaire , q ue p onmontre tous les ans, le jeudi saint. Derriere le château deS. George est l’église des Augustins, dite Nojsa Senhorada Gratia. On y voit une croix d’or, garnie de pierre-ries ; on estime cette piéce cent mille écus St on laporte dans les processions des grandes fêtes. La reine,femme de Jean IV, a fondé une petite église appelléeNojsa Senhora dos Remedios , qui est toute lambrissée d’é-bène, depuis le pavé jusqu’à la voûte. Elle est soutenuepar des colonnes qui sont auffi de même bois, St or-nées de moulures dorées. Cette princesse a voulu y êtreenterrée. Elle fit bâtir cette église, pour remercier Dieu dece que le roi, son mari, avoir été miraculeusement pré-servé, en cet endroit, d’un assassinat concerté entre le ducd’Albe St un Portugais.

Les Cordeliers ont un couvent très-grand , dans le-quel vivent deux cents cinquante religieux ; leur égliseetoit assez vaste ; la voûte étoit soutenue par de grandspiliers, qui, de même que la voûte , étoient dorés &

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