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KAY. Environ cent ans après fa fondation, la ville deLyon fut consumée, en une nuit, par le feu du ciel ; ScSénèque, Epijl. 91 , dit, en parlant de cet embrasement,qu’il n’y eut qu’une nuit entre une grande ville, Sc uneville qui n’étoit plus : inter magnarn urbem & nullatn ,nox una interfuit. Néron envoya une somme considé-rable d’argent, pour rétablir cette ville; & en moins devingt ans, Lyon fe trouva en état de faire tête à la ville deVienne , qui fuivoit le parti de Galba contre Vitellius.* Piganiol , Defcript. de la France ,t. 6 , p. 260 &suiv.
On voit encore à Lyon les restes des magnifiques ou-vrages dont les Romains a voient décoré cette ville. Lethéâtre, où le peuple s’assembloit pour voir les spectacles,étoit fur la montagne de Saint Jujl, dans le terrein quiest occupé par le couvent & les vignes des Minimes. IIne reste de ce monument , que quelques arcades presqueruinées, St un amas de pierres. On y avoit fait construiredes aqueducs pour conduire de 1 eau du Rhône dans laville, Sc même pour y en faire venir de celle de la rivierede Furan en Forez. Ces derniers aqueducs avoient sept ouhuit lieues d’étendue , Sc venoient aboutir au même quar-tier de Saint Jufl. On en voit encore plusieurs arcades prèsde Forvières , Sc dans les villages de Sainte Foi Sc deChaponost. Les réservoirs , pour recevoir ces eaux, fe re-marquent en plusieurs quartiers de la ville, principale-ment dans le jardin du monastère de la Déserte , Sc dansune vigne desUrfulines, fur la montagne de Saint Jujl ;on y trouve un de ces réservoirs tout entier ; on le nommeaujourd'hui la Grotte Berelle.
Le palais des gouverneurs Sc des empereurs étoit furle penchant de la même montagne , dans le terrein qu’oc-cupe aujourd'hui le second monastère des religieulès dela Visitation , nommé, à cause de ce monument, le cou-vent de l 'Antiquaille.
Lyon est la seconde ville de France, §c ne cède qu’àParis. Elle est comme au centre de l’Europe ; & par lemoyen de fes deux rivières, elle peut faire un commercetrès-florislant. On tient qu’il y a dans Lyon environ cinqmille maisons, le plus grand nombre de quatre étages,plusieurs de cinq , &c même jusqu’à six ; on y compteprès de cent cinquante mille habitans, cinq églises col-légiales , treize paroisses , quatre abbayes, quatre prieurés,environ cinquante maisons régulières , deux hôpitaux,stx portes , & quatre fauxbourgs ; celui de Val ze, fur laroute de Paris ; celui de la Croix-Rousse, vers la Bresse ;celui de la Guillotiere , vers le Dauphiné ; & celui deT.rion 8c de S. Irénée, fur le chemin de Montbrisson.
La ville de Lyon est partagée en trente-cinq quartiersnommés pénonages. Voici ce qu’il y a de plus remarqua-ble dans ces quartiers.
L’églife primatiale est célébré par son antiquité. Elleporta (sabord le nom de S. Etienne , qu’elle quitta en-suite pour prendre celui de S. Jean. Elle est grande, Scfort éclairée. Le grand autel est au milieu du chœur. Onvoit à côté la fameuse horloge , faite par Nicolas Lippiusde Baste, l’an 1598 , Sc rétablie en 1660, par GuillaumeNourisson , habile horloger de Lyon , natif d’Ambert,en Auvergne ; ce morceau est à présent bien dérangé. Lechapitre de S. Jean de Lyon étoit anciennement com-posé de foixante-douze chanoines ; mais en 1321 , il futréduit à trente-deux, fans compter le roi qui en est lepremier chanoine. II y a huit dignités Sc vingt - quatrechanoines. Les dignités font, le doyen , farchidiacre,le précenteur, le chantre, le chamarier, le sacristain , legrand custode Sc le prévôt. Ces trente-deux chanoinesfont comtes, Sc doivent faire preuve de noblesse de seizequartiers , tant du côté paternel « que du côté maternel.Le doyen ne prend pas la qualité de duc , comme l’a dit,après du Val, Martineau Duplestìs, dans fa Géographie.Outre ces trente-deux comtes, le clergé de la cathédraleest composé de pareil nombre d’officiers, qui font quatrecustodes, huit chevaliers, dont le dernier est théologal,& vingt perpétuels. Les sept premiers chevaliers doiventêtre gradués , parce qu’ils ont été institués pour être leconseil du chapitre, dans lequel ils ont entrés, mais fansvoix déhbérative. Le théologal n’est point du corps duchapitre, Les perpétuels font principalement institués pourchanter l’officë , Sc leurs places sont destinées aux enfansde chœur. II y a encore plus de soixante habitués, y com-pris six diacres , dix-huit clercs , Sc vingt-quatre enfansde chœur. Les revenus de régisse de S, Jçgn montent
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jusqu à quarante mille écus. Les biens du comté en fontles deux tiers : le reste consiste en cent une prébendes ,ou commissions de messes, ou en fondations.
L’églife S. Etienne est réunie à celle de S. Jean, dontelle fait partie. Elle est desservie par un custode, qui a letitre de sacrijlain de S. Etienne , St par des ecclésiasti-ques de l’église primatiale. On y conserve, entr’aurres re-liques , les chefs de S. Etienne Sc de S. Irénée. Lorsquela S. Jean concourt avec la Fête-Dieu , on célébré danscette église une espece de jubilé. Le concours de ces deuxfêtes arriva en r666 Sc en 1734; la célébration du jubiléfut continuée pendant trois jours Sc trois nuits. Le saintSacrement fut exposé, durant ce teins, au jubé, qui est au-dessus de l’amel qui sépare la nef du chœur. Le chapitrefit frapper des médailles de bronze, pour en conserver lamémoire ; Sc î’on publia plusieurs écrits, dans lesquelsonn’allégua, en faveur de ce jubilé, qu’un usage observédepuis plusieurs siécles, toutes les fois que ces deux fêtesfe font rencontrées le même jour.
S. Nisier est une belle église paroissiale Sc collégialepresqu’au milieu de la ville. Son portail est d’ordre do-rique , Sc du dessein de Phisibert de Lorme ; mais il n’estpas achevé.
L’églife collégiale de S. Just avoit été bâtie par S. Pa-tient, archevêque de Lyon. Elle étoit magnifique, commeil paroît, par la description qu’en a faite Sidonius Apol-linaris ; elle fut détruite par les Protestait s, en 1362. En-viron cent ans après , on employa une partie des maté-riaux à bâtir la nouvelle église de S. Just, qui est dansla ville, au lieu que l’ancienne étoit hors des portes ; en1703 , les chanoines de S. Just firent bâtir la nef Sc la fa-çade de leur église, fur les desseins du sieur de laMonce,avec beaucoup de gÔût Sc de régularité.
L’église de S. Irénée est une des plus anciennes , 8cétoit une des plus magnifiques, avant l’an 1362 , qu’ellefut détruite, çn partie , par les Protestans, Par des lettrespatentes de l’an 1702 , cette église, Sc les places cano-niales , ont été unies Sc incorporées à la congrégationdes chanoine^ réguliers de sainte Genevieve. On y mon-tre une partie de la colonne où norre Seigneur fut atta-ché pendant qu’on le stagelloit, le sepulcre de S. Irénée ,Sc l’autel de S. Polycarpe.
S. Paul est une collégiale, auprès de laquelle est l’é-glise paroifliale de S. Laurent, que MM, de Mafcaranifirent relever en 1639. On remarque dans cette église letombeau du célébré Jean Gerfon , chancelier de l’uni-versité de Paris ; il mourut à Lyon, en 1429.
II y a dans cette ville deux collèges pour l’ínstructionde la jeunesse ; l’un situé fur le quai de Retz , appellé lecollège de la Trinité , desservi par ses prêtres de la con-grégation de FOratoire ; l’autre , situé rue du Bœuf, ap-pellé le collège de Notre-Dame , desservi par un princi-pal, un préfet & des professeurs séculiers. L’administra-tion de ces deux collèges a été confiée, par édit du moisde Février 1763 , à un bureau créé par le même édit,enregistré au parlement, le 3 Févrieri763 , suivi de lettrespatentes du 29 Avril suivant, enregistrées au parlementlè même jour.
La maison des prêtres de l'Oratoire est belle & bj enbâtie. Elle est située fur la colline de la Croix-Rousse.On descend à l’églsse par un escalier à triple étage.
A la place de Confort, on voit une pyramide érigéeà l’honneur du roi Henri le Grand, Sc fur laquelle le nomde Dieu est gravé en vingt-quatre langues. Elle est pla-cée fur un piédestal triangulaire, surmontée d’une croixdorée, Sc enrichie de plusieurs ornemens de même.
Le chœur de l’églife des Dominicains est incrusté demarbre. La chapelle de l’apôtre S. Thomas est superbe.On remarque un tableau qui représente S. Thomas, con-vaincu à la vue de Jestis- Chrijl. II est du Sulviati, 8cd’un prix inestimable. Les princes Jacques Sc Pierre deBourbon , pere 8t fils , qui furent rués à la bataille deBriguais, ont leur tombeau dans le chœur de cette église.Leurs épitaphes disent que cette bataille se donna en 1362.
Les Cordeliers ont dans leur église le chef de saint Bo-.naventure. On y voit encore fa chambre changée en cha-pelle , Sc des peintures de Stella Sc de Vannms.
Les Célestins ont un fort beau bâtiment, dont la fa-çade principale donne fur la riviere de Saône ; ils possè-dent le cœur de Louis, duc de Savoye, & celui du car-dinal d’Amboiíe.