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Les filles de la Visitation de sainte Marie ont Te cœurde S. François de Sales , qui mourut dans la petite mai-son du jardinier de ce monastère, l’an 162,2,. Ces reli-gieuses ont deux autres convens dans Lyon ; celui de F An-tiquaille , & celui de sainte Marie des Chaînes.
' Sainte Elisabeth est un grand & spacieux monastère.'
S. Pierr.e est une abbaye de filles, avec un magnifiquebâtiment , dont la principale face donne fur la place desTerreaux.
Le couvent des Ré collets est situé à mi-côte, au-dessusde sainte Croix. On y admire une voûte fort hardie. Cèmorceau d’architecture a été sait, en 1648, parle frere Va-iérien, religieux du même ordre.
Le couvent des Carmélites a été fondé par la maisonde Vílleroi. Rien n’est plus beau que leur édifice. La cha-pelle de Villeroi est un chef-d’œuvre de sculpture ; 8cles différens mausolées qu’elle renferme, font des piècesparfaites.
Le grand Hôtel-Dieu de Notre-Dame de pitié futfondé, vers le milieu du sixième siécle, par le roi Chil-debert, Sc la reine TJltrogothe fa femme. Ce bâtiment aplusieurs fois changé de face. La grande infirmerie a 560pieds de longueur. Elle est disposée en forme de croix■Grecque , au milieu de laquelle est placé un autel à laRomaine , fort élevé, pour que les malades , qui font clansles trois rangs de lits de fer , placés dans chacune desailes , puissent aisément y entendre la messe. Cet autelne prend jour que par un dôme , qui fait le milieu desquatres ailes de ce bâtiment. L’égliíè répond à la magni-ficence de cet édifice; Sc le portail de cette maison estdu sieur la Monce, qui y a employé Tordre Dorique avecgoût Sc élégance. Cette maison est administrée par qua-torze citoyens, qui servent pendant deux ans. II y en adeux qui président ; un officier de la cour des monnoiesun avocat.
L’hôpital de la Charité a été fondé des libéralités de M.de Marquemont, archevêque de Lyon, de MM. les cha-noines-comtes de Lyon ; de M. d’Halincourt, gouver-neur , & de plusieurs personnes. II est composé de neufbasses-cours , autour desquelles font de grands corps debâtimens, destinés au logement des pauvres, qui font sé-parés, suivant leur âge Sc leur sexe. Ceux qui font en étatde travailler, sont employés aux manufactures de foie Sc&t de laine établies dans la maison. II renferme près detrois mille personnes de Tun & l’autre sexe , de tous âges,tant mendians , que bâtards & adoptifs , fans compterles distributions considérables qui fe font au - dehors, enpain ou en argent, à plus de quinze mille personnes. Leclocher de la Charité est remarquable par fa hardiesse Scfa légèreté j il a été construit fur les desseins du chevalierBernin. Au fond de T église 011 remarque des tombeauxélevés à la mémoire de Jacques Moyron, lieutenant gé-néral de la sénéchaussée de Lyon ; de Simon Fornier ,marchand de Lyon, St de Marc Panissod , trésorier deFrance , qui laissèrent leur succession à cet hôpital. La di-rection est commise à seize recteurs, qui sont deux ansen fonction ; les présidens de ce bureau font toujoursun chanoine-comte de S. Jean, un trésorier de FranceSt un avocat.
II y a une place magnifique , appellée autrefois Belle~Cour , Sc â qui on a donné le nom de .place de Louisle Grand, en 1713. Cette place est un quarré de 450 pasde longueur , fur environ moitié de largeur , entouré debanquettes de pierre : elle est terminée , à l’orient ôc aucouchant , par deux façades chacune, de cinq grandesmaisons fymmétriques, Sc, du côté du midi, dans ta lon-gueur , par plusieurs rangs d’arbres plantés en allées. Aucentre de la place est la statue équestre de Louis le Grand ,élevée fur un piédestal de marbre blanc , d’un beau des-sein , enrichi d’ornemens de bronze, au-dessous duquelfont deux grandes statues de bronze couchées , représen-tant le Rhône & la Saône , faites par Coustou. Le toutest enfermé dans une balustrade de fer. Dans Fespace quiest entre cette statue Sc les maisons-, il y a deux grandesfontaines jaillissantes, avec leurs bassins figurés. La placedes Terreaux a aussi fa beauté. L’abbaye de S. Pierre Scla maison de ville en font le principal ornement. L’hôtelde ville est un des plus beaux morceaux de F Europe ence genre ; il fut commencé en 1647, & achevé en 1655.C’est un grand bâtiment quarré , long, composé de lafaçade qui regarde sur la place des T erreaux, & de deqx
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aîles en retôur, qui ont soixante-dix toises de longueur.La façade est décorée au milieu par une tour quarrée ,terminée en coupole , Sc aux angles , par deux gros pa-villons en avant - corps. La grande porte est ornée dédeux colonnes Ioniques, Sc conduit à un grand vestibulevoûté, où l’on remarque les bustes de Philippe le Bel ,de Charles VIII, Sc de Henri IV. Le premier de ces roisétablit le consulat à Lyon ; le second l’honora du privi-lège de la noblesse ; Sc le troisième le réduisit à un pré-vôt des marchands, Sc à quatre échevins. On voit aussidans ce vestibule -une table antique de bronze, partagéeen deux, Sc fur laquelle est gravée la harangue que Fem-pereur Claude , n’étant encore que censeur, fit au sénatde Rome, en faveur des Lyonnois. Cette table fut trou-vée en 132.8 , en creusant dans la colline de 8. Sébastien,pour chercher les eaux d’une fontaine. La place du Changeest moins'considérable par fa grandeur , que parce queles marchands s’y assemblent tous les jours, Sc y fontpresque tous le commerce du royaume Sc des pays étran-gers. La Loge, autrement le Change, n’est pas fort grande.
La maison des Chartreux est une des belles de Tordre.Leur cloître est fort étenduSc leur église de fort bongoût : l'on y voit un dôme terminé par une coupole ; letout d’une architecture assez légere.
On compte à Lyon quatre ponts, un fur le Rhône ,Sc trois fur la Saône. Le pont du Rhône est composé devingt arches. II fut bâti par les soins du pape InnocentIV ; son plan n’est pas en droite ligne, il fait un angleou espece de courbure , dont la convexité s’oppose ancourant des eaux. On l’avoit d’abord fau fi étroit, qu’iln’y pouvoit passer qu’une charrette à la fois. Pour remé-dier à cet inconvient, on éleva un autre pont semblable,tout joignant ; Sc pour donner à ces deux ouvrages lasolidité nécessaire, on fit passer d’un côté à l’autre de cha-que arcade des barres de fer , avec des clefs à chaquebout. Enfin , comme les arcades n’étoient pas fort gran-des , Sc qu’il arrivoit souvent que celle du milieu se bou-choit, il y a environ soixante-dix ans qu'un architecte ,plus hardi que les autres, fit couper la pile du milieu ,Sc de deux arches, n’en fit qu’une. II n’y a eu que le suc-cès qui ait pu justifier cette entreprise. De trois ponts,fur lesquels on pasie la Saône à Lyon , il y en a un depierre, qui est étroit, composé de neuf arches, dont uneest fort estimée des connoisseurs, par fa largeur & sonélévation ; Sc deux de bois, dont le premier est étroit,ferré , peu solide, Sc difficile à monter pour les cai>rosses Sc les voitures ; il est composé de quarré arches,auxquelles des rochers, qui viennent au-dessus de l’eau,servent naturellement de fondement. Le pont de S. Vin-cent est assez estimé, à cause de sa hardiesse. II est com-posé de trois arches ; mais les voitures n’y passent pas.
Les quais font le plus bel ornement de la ville , prin-cipalement celui qui régne depuis le pont du Rhône, jus-qu’au fort S. Clair ; Sc celui qui s’étend le long de laSaône , depuis les greniers d’abondance, jusqu’à la bou-cherie des Terreaux.
Lyon est , à proprement parler, la feule place fortifiéedans la province. Comme elle étoit frontière, avant l’ac-quisition de la Bresse, on y éleva une citadelle , sous lerégne de Charles IX ; mais elle fut détruite sous Henri III.On voit aujourd’hui à Lyon trois forts , le château dePhrre-en-Scì^e , le boulevard de S. Jean, £c le fort de S.Clair. Voyez Pierre-en-Scize.
Le roi a dans Lyon un arcenal, qui est commode pourrembarquement des munitions fur le Rhône Sc la Saône ;mais d’ailleurs les magasins ne sont pas assez grands , Scfont trop exposés aux accidens des maisons voisines. IIy a aussi une salle d’armes bien garnie, qui occupe le pre-mier étage du bâtiment destiné pour les bleds de l’abon-dance , au bout du quai d’Halincourt.
De tout teins, les bourgeois de Lyon ont en la gardede leur ville, Sc Font encore pendant la nuit ; mais, du-rant le jour, pour ne pas être détournés de leurs affaires,ils la font monter par une compagnie franche de soixantehommes du régiment de Lyonnois. La garde de la villeconsiste à occuper deux corps de gardes , depuis neuf àdix heures du soir, jusqu’à deux heures après minuit. L’unde ces corps de garde est en-deçà de la Saône, Sc Fautre au-delà. Outre cette garde, qui fut établie en 1503 , il y a unchevalier duguetqui commande une compagniede cinanan-te Jiommes, pris la plûpart parmi les artisans. II y a aussi un