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Tome premier.
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SECOND TABLEAU

DE LA RÉVOLUTION.

LES GARDES-FRANÇAISES DÉTENUS A L’ABBAYE S.-GERMAIN,

DÉLIVRÉS PAR LE PEUPLE. ,

Oh ne doit point compter parmi les monvemens généreux du peuple vers la liberté,111 regarder comme son ouvrage , l’émeute excitée contre Réveillon , riche manufac-turier du faubourg Saint-Antoine et citoyen estimable. Le pillage de ses ateliers , lafureur des brigands qui s’y livrèrent, les cris de mort poussés contre lui, l’ordre defermer les maisons donné par une troupe de scélérats qui couraient les rues $ les alarmes,les terreurs répandues en un instant dans la capitale, n’étaient qu’un complot de laPart de ceux qui pressentaient la révolution, pour effrayer les esprits faibles , et seUlenager la faculté d’entourer Paris de forces menaçantes, sous le juste motif de legarantir du pillage et de s’opposer aux brigands orléanistes.

Les commis des fermes avaient annoncé que, depuis quelques jours-, il entrait dansla ville une foule de gens sans aveu. On ne voulut tenir aucun compte de cet avis.Éa police laissa les brigands s’attrouper, porter avec insolence l’effigie du citoyen dont*ls détruisaient les possessions, et prononcer son arrêt de mort.

M. de Crosne , homme faible , indécis , gardant par ambition une place supérieurea ses talens, ne se met nullement en peine d’arrêter le brigandage. Il répond que le§ l *et à pied et à cheval a d’autres occupations, et qu’il faut s’adresser au commandant** gardes-françaises. On fait vingt courses inutiles pour trouver M. du Châtelet ; enfin0ri réussit à le joindre. Il n’est point effrayé de tout ce qui arrive; il va envoyer dePuissans secours ; et ces puissans secours sont une poignée de soldats pour garder unVaste enclos, une maison immense , et pour faire face à une multitude innombrablede vagabonds effrénés , qui passent la nuit dans les tavernes , et se disposent , pardes orgies , aux crimes commandés pour le lendemain. Le commandant se repose , laPolice dort, ou plutôt tout le gouvernement veille, dans l’espérance d’un desordre quiVa remplir ses vues. Aucun des séditieux n’est arrêté, aucune mesure n’est prise afinde réprimer les misérables, qui se trouvent assez riches pour répandre eux-mêmes1 argent à pleines mains , et entraîner avec eux les ouvriers séduits ou trompés. Ilscommettent en effet les désordres qu’on avait prévus et désirés.

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