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complicité avec les fugitifs , puisqu’il avait signé les passe-ports de la prétendue baronnede Korff, fut déclaré irréprochable par l’assemblée ; mais l’opinion publique ne sanctionnapas cette décision.
Un autre décret bien plus étrange fut celui qui suspendit indéfiniment les assembléesélectorales : dans ces momens d’effervescence où la juste indignation contre un roi parjureconduisait à la haine contre tous ceux qui portaient ce titre , on craignit que les choixdu peuple ne tombassent que sur le petit nombre de ceux qui se prononcèrent dès-lorspour le gouvernement républicain , et que les mandats des nouveaux députés ne por-tassent pas expressément la conservation de la dignité royale. L’assemblée constituantecrut devoir ramener les esprits à des sentimens plus monarchiques ; elle se proposa dereviser la constitution , et de ne quitter la place que quand la royauté aurait été établiede la manière la moins à craindre pour le peuple, par le moyen des lois , et dans desages limitations.
Un décret précédemment rendu défendait au roi de s’éloigner à plus de vingt lieuesdu corps législatif. Bien des gens s’attendaient que l’infraction de cette loi allait rangerle roi dans la classe des simples citoyens et qu’il serait mis en jugement ; mais cetteassemblée crut devoir prendre un parti plus modéré. Un décret qui établit une gardeaux Tuileries après le retour de Louis lui ordonna de veiller à sa sûreté et de répondre desa personne.
L’assemblée décida aussi que provisoirement ses décrets auraient force de loi ± quoiquenon revêtus de la sanction royale.
On a blâmé l’assemblée constituante de la condescendance qu’elle eut en cette occasionpour Louis XVI : mais il faut observer en premier lieu qu’elle avait décrété que legouvernement français serait monarchique. Elle ne paraissait pas disposée à revenir surses pas , soit qu’alors elle ne crût pas la France en état de supporter une nouvellerévolution , soit qu’elle pensât qu’un pays d’une aussi vaste étendue ne pouvait êtresoumis à des formes purement démocratiques. Cependant l’évènement a bien prouvédepuis le contraire. D’un autre côté elle avait à craindre surtout les efforts que feraitle parti d’Orléans pour élever ce prince à la régence , si Louis XVI restait long-tempssuspendu de ses fonctions. On se contenta donc d’ordonner qu’il ne le serait que jusqu’àl’achèvement de l’acte constitutionnel , qui devait être présenté en son entier à sonacceptation.
Tandis que l’assemblée nationale s’occupait à ce grand ouvrage , à le refondre , àl’élaguer , enfin à le parfaire , de nouvelles idées s’étaient formées dans le public. Cesidées fortement propagées , soit par les esprits éclairés qui savent combien l’hommeest avili sous la tyrannie d’un seul , soit même par le parti d’Orléans , qui croyaitpar ce moyen augmenter le trouble et la confusion , circulaient d’un bout de la France à l’autre avec la rapidité de l’étincelle électrique. Le temps n’était pas éloigné où devaientheureusement disparaître presque à-la-fois la constituante et ses institutions , le trôneet le monarque. La fuite de Varennes était la cause ou le juste prétexte de ces étonnanseffets. Des pétitions nombreuses , venues de plusieurs départemens , exprimaient le désirqu’avait une multitude de citoyens que l’assemblée nationale décrétât que , par sa fuite ,Louis XVI avait encouru la déchéance du trône ; qu’il fût créé un conseil exécutiféligible par la nation , et auquel serait remis le dépôt et la puissance de l’autoritéroyale. C’était surtout le vœu prononcé de la société-mère des Jacobins de Paris . Enfinon ne peut nier que le corps législatif se trouvait dans une position très-délicate etentre plusieurs écueils.
Cependant le cortège royal s’avançait vers Paris. Il était parti de Meaux le 26 a sixheures du matin, et trouva la garde nationale parisienne à Bondy . Cette troupe citoyenne,