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leur complicité. Mais la convention se montra encore aussi foible par excès d’indul-gence qu’elle avoit été grande et énergique au moment de l’insurrection. Les jour-nées , ou plutôt la victoire des 12 et i 3 germinal, devinrent presque inutiles. Lafaute incalculable d’avoir soustrait aux tribunaux les tyrans de la France , avoit né-cessité la même faute à l’égard de leurs subalternes. Au milieu de cet assoupisse-ment politique } éclata , mais pour être déjouée à l’instant, la conspiration du 29 ger-minal , dont l’irréussite ne fut qu’un bienfait du hasard. Cambon et Thuriot , quis’étoient soustraits au décret d’arrestation , avoient préparé une nouvelle émeutede concert avec ceux de leurs partisans qui étoient restés dans le sein du sénat.Le seul point de doute porta parmi eux sur le choix du moment de l’exécution. Lanuit du 29 au 3 o , où l’un de leurs affidés , Lagrélée , gendarme , devoit avoir lemot d’ordre, fut choisie préférablement à la précédente 5 et ce fut le 29 seulementque les comités en furent informés. Sans l’excès de précaution des conspirateurs ,du 28 au 29 germinal la convention et la république n’étoient plus. Le députéMontaut étoit chargé d’organiser les rassemblements séditieux , de s’y montreren costume de représentant du peuple , de faire ouvrir les prisons , d’armer tousles jacobins , tous les terroristes , tous les buveurs de sang , tous les scélérats d’unevaste cité , tous les ennemis de la convention. Il fut décrété d’accusation. Le moisde floréal se passa dans une inaction profonde : mais tout faisoit craindre de nou-velles explosions. La dépréciation toujours croissante des assignats augmentoit lamisere publique. Tout - à - coup , le i er prairial , le rappel battu dès le matin inviteles séditieux à se rassembler. On distribua publiquement une pétition , ou plutôtune espece de manifeste , à tous les individus susceptibles d’être égarés. Alors eutlieu cette grande insurrection où le sang coula dans l’enceinte de l’assemblée na-tionale , et qui ne cessa que par la lassitude des forcenés qui avoient pénétré dans lasalle de la convention. Mais que penser de nos principes de gouvernement quiavoient été , même après le mouvement du 12 germinal, de ne pas prendre des me-sures vigoureuses de répression , qu’il eut été nécessaire -de prendre dès long-tempspour ne pas compromettre l’état par une funeste et inconcevable sécurité ? L’in-surrection du i er prairial fut à peine réprimée qu’on apprit le lendemain , vers lemilieu du jour , que les bataillons du faubourg Antoine marchoient vers la con-vention. On annonce à l’assemblée que ces individus foudroient , pour éviter touteeffusion de sang , qu’une députation choisie dans son sein se transportât au milieud’eux. Les sommations faites à une ville prête à être emportée d’assaut ne sontpas d’un autre style. Six commissaires sont nommés ; et la convention décrété que ,le 25 prairial , les lois organiques de la constitution de 1793 lui seront présentées.Les commissaires , à leur retour , annoncent que ce décret répond aux demandesdu rassemblement. Les insurgés , de leur côté , envoient une députation : elle estadmise. L’orateur demande du pain, la constitution de 1793, et l’élargissement despatriotes incarcérés depilis le 9 thermidor. Le président répond de maniéré à calmerles esprits , et les pétitionnaires sont admis aux honneurs de la séance. Ils foulentaux pieds ces mêmes marches qu’ils ont, la veille, teintes du sang du regrettableFerraud, et au milieu des applaudissements du sénat, reçoivent l’accollade fraternelle.Les tribunes sentirent mieux que la convention sa dignité 5 leurs murmures désappro-bateurs éclatèrent pendant cette indigne accollade ; et ton ombre , ô Ferraud , dutsans doute en frémir. Il faut cependant convenir , et il est juste de dire que lemotif de la convention étoit très-louable , puisqu’il avoit pour but de prévenir touteeffusion de sang entre les citoyens. Ils étoient aussi présents à cette scène, ceshommes qui nous ont apporté l’olive pacifique , ces ministres des nations alliées qui,