Buch 
Les Dix Livres d'Architecture de Vitruve / corr., trad. nouvellement en François, avec des Notes, des Figures... par M. Perrault ...
Seite
189
JPEG-Download
 

* td

i

L

I

V

R

E

V.

C H

A

P

I

T

R E

t-Sp

*

*

De quelle maniéré les Bains doivent efire disposes &s quelles font leurs parties .

I L faut premierement choisir uli lieu fort chaud. & quitie soit point exposé au Septen-trion. Les Etuves chaudes & les tiedes doivent avoir leurs fenestres au couchant dHy-ver, ou le lieu ny est pas disposé, il les faut tourner au Midy : parce que le temps de sebaigner,suivant la coustume,cst depuis le midy jusqu au soir. Il faut auíh faire en sorte quedeBain chaud qui est pour ies hommes, & celuy des femmes, soient proches l'un de l'au-tre; parce qu'on pourra échaulser ^ les lieux ou font les vases de l'un & de l'autre Bain avecun mesme * fourneau. On mettra lur ce fourneau trois grands vases d*airain, dont l'unsera pour l'eau chaude, l'autrepour la tiede, &le troisième pour la froide; +les vases fe-ront tellement place? Lc dilposeL que de celuy qui contient l'eau tiede, il ira dans celuyqut contient la chaude autant qu en aura esté tiré de chaude, & quil en entrera par la

i. Le Bain chaud. Caldarium & Laconicum ,signifient quelquefois la mesme chose, fçavoir ce quon ap-pelle _ tuves en françois. Cestoit un lieu lon échauffoitseulement lair pour faire suer. Cicéron Sc Celfe rappellentAffeurn , pour le distinguer du Bain chaud quils nom-moient Catidam Uvationem , & qui estoit ce que Vitruve ap-pelle icv Caldarium.

z. Les lieux sont les v a s e s. Fafaria estoitune des chambres des Bains oùlon scrroit les différais vais-seaux qui servoient à puiser 1 eau, & à la jetter sur ceuxqui sc baigmoient. Ces vaisseaux estoient Cacabi i des Chau-drons : Trttlla, des Poêlions ; Frceoli , des Eguieres. Il yavoir encore dans cette chambre ces grands vases d airaindont il est parlé en fuite, & qui contenoient leau chaude,ía tiede , & la froide qui estoit conduite dans les Bains parde diffèrens tuyaux.

Fourneau. Hypo-caufium signifie ordinaire-ment un Pocíle fait pouréchauffer lair dune cham-bre laquelle estoit appelléeLaconìcum dans les Bains imais icy cest un fourneauqui échauffé leau pour lesBains.

4. Ces vases se-r. o n t tellementplacez. La disposition6c la forme de ces troisvases qui est décrite assezobscurément par Vitruvenest expliquée par les In-terprètes qu avec desfigu-

D

«

res quils en ont fait tailler. Celle que Batbato a mise dansson édition latine fait assez bien entendre comme leauestoit beaucoup échauffée dans lun , Sc seulement renduetiede dans lautre, & conservée froide dans le troisième, pafla seituation quils avoient plus proche ou plus éloignée dufeu: mais la maniéré par laquelle Vitruve entend queVase de leau tiede en recevoir autant de froide quil en don-noit de tiede au vase deau chaude, nest point expliquéepar cette figure : Celles de Cisaranus & de Rivius font fai-tes pour expliquer cette communication des eaux de diffé-rente température. Elles representent les trois vases posejàles uns fur les autres, fçavoir le vase A , qui contient lafroide ; le vase B, est la tiede ; Sc le vase C, qui est ce-luy de la chaude en forte que ces vases envoyeur chacunleur eau dans les Bains par les conduits FFF ,nayantcommunication que par un petit conduit, fçavoir le vaseA, avec le vase B, par le conduit D -, & le vase B, avec levase C, par le conduit E. Mais linconvenient est quil estimpossible que la chaleur qui monte fort promptementse communique bien-tost,, Sc ne pastè du vaisseau inférieurquiestimmediatement échauffe par le feu, dans le vase dumilieu,&dans celuy denhaut, & quelle ny devienne mê-me plus chaude quen celuy dembas. De forte que Vitruvene sestant point expliqué dessus -jay crû que je pouvoisajouter aux interprétations de Barbaro Sc de Rivius, unetroisième qui me semble en quelque façon probable , quiest de placer les trois vases G ,, & I -, à costé lun de íau-tre ; fçavoir G, pour la chaude, H, pour la tiede, I, pourla froide -, supposant que lon a soin de faire que le vasequi contient le froid soit toujours plein : car fi ces vaisseauxfont disposez de la maniéré qui se voit dans la figure qui esttelle quils reçoivent du feu les impressions différentes SCnécessaires pour donner à leau de lun la chaleur , à cel-

E /

\

. . ..

«

\

(m

y

t-

Ajfl

\

le de 1,

tícur de celle du troisième ;la transfusion de leau d un vaisseau dans un autre se fera aisément, ainsi que Vitruve lademande , par le moyen de deux Siphons courbez K & L,dont lun ' fçavoir L, portera leau froide du vase I, dansle vase H, qûi aœrient la tiede, & lautre, fçavoir K, por-tera la tiede dans le vase de la chaude qui est G , ses troisvases estant à niveau : car il est facile dentendre que des-

sers que lon tirera de 1 eau chaude du vase G, cette eaubaissant dens son vase en fera tomber par 1e Siphon K,une pareille quantité de la tiede, que le Siphon attirera duvase H, & que par la mesme raison leau tiede baissant dan»1e vase H, donnera occasion àìla froide du vase I j de des-cendre par lautre Siphon L. Toute la difficulté est que Tissa-ge de ces trois vases estant de fournir de leau non seulementlun àlautre , mais principalement aux Bains parle moyen

Bb b

CîiAii