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V I T R U V H
Cbap-XIL çosté, il faut ba ílir dans 1 autíe costé un Môle quisavaticcdatìskMct&qmcnfetmc
le Port. a
A *
La maniéré de bâtir le Môle dans Peau est telle : Il faut faire apporter s de cette poudre *qui se trouve dans les lieux qui font depuis Cumes jusqu au Promontoire de Minerve &la mefler en telle proportion quil y ait 6 deux parties de poudre sur une de chaux. Pour *employer ce mortier il faut dans la place où l'on veut bâtir le Môle, planter dans la Mer& bien affermir 7 des poteaux rainez & attachez ensemble par de forts 8 liens. Ensuite * *
T ï. J’explique par cette circonlocution le mot de ftatio qúisignifie en général tout ce qui rend un lieu commode pour yretirer & faire demeurer les vailíèaux, ce qui consiste endeux chose s principalement ; l’une est qu'il y ait aslèz defond pour porteries vailícaux : l’autre que ce lieu soit à cou-vert des vents. Or il est évident qu’il ne s’agit icy que dupremier, parce que le môle qui doit estre balty , mettra lesvailíèaux à couvert des vents, Sc ainsi j ay cru pouvoir met-tre l’espece dont il est question , pour le Genre que ce motftatio signifie qui auroitesté trop indesiny.
4 . D a n s i'autre c o s t e’. C’est-à-dire dans ce-luy qui est moins profond ; parce qu’il est propre pour ba-ttit, & qu’il n’est pas propre pour contenir les vailíèaux.
5. Deux parties de poudre sur une de chaux.Le texte dit feulement en proportion de deux à un. Mais
Î iarce qu’il est constant que la quantité de deux s’entend dea poudre , Sc que celle d’un s’entend de la chaux , j ay cruqueje pouvois inférer cette explication dans le texte.
í.De cette poudre. Cette poudre est la Poz-zolane dont il a esté parlé au 6 chapitre du second livre.
7. Des posteaux rainez. On appelle une pie-ce de bois rainée, quand elle est creusée par une raye oucanal propre à recevoir le tenon d une autre piece de bois,comme les Menuisiers font quand ils assemblent les ais descloisons &des planchers. J’ay cru que Viuuve a entenduun poteau ainsi rainé par arcam. Philander 8c Barbaro fontde la mefme opinion ; car l u» dit que arc<t en cet endroitfunt ligna exCavata & fulcata à summo ad rrnum . I’autre ditque ce ne font tien autre chose que Trabcs ah mo capite adaltud exeœvatx fulcis aut canalicHlis tam latis uti in eos ta-bulant™ tapita immitti pofsint ; Sc la vérité est que Vitruvea accoutumé d’estendre si loin la signification du mot arca }qu’il. appelle au ; chapitre de ce livre arcas , les entiedeuxdes solives, à cause de la cavité qui y est , Sc qui ne ressem-ble pas mal à celles d’une rainure.
}. Martin a expliqué arcas des coffres , Sc il les emplit demortier de Pozzolane pour les jecter dans la Mer : cettemaniéré se pratique en quelques endroits , où de grandescaisses faites de poutres & d ais , font emplies de maçonne-rie , qui par fa pesanteur fait enfoncer les caillés. Sc descen-dre insensiblement dans l’eau,à mesure que la maçonnerie lescharge , jusqu’à ce qu elles soient au fond. Mais le texte de
Vittuve ne s'accorde point avec cette structure ; Sc il y a jf.apparence qu ‘arca ne signifie point icy un coffre ny unecaillé; parce qu’il est dit qu’aprés que les choses qui font apipellées arcs. ont esté plantées dans la Mer, on garnit d'aisles entte-deux & qu’ensoite tout l’espace qui est destiné poutla maçonnerie est emply de mortier & de pierres, c est-à- gdire que cet assemblage de poteaux rainez, & d’ais que I ona fait couler dans les rainures, forme des cloisons qúi fontles trois costez d'un quarré , dont le bord de la Mer fait lequatrième ;& que l’on jette dans.l’eau enfermée dans ce D
quarté , le mortier avec les pierres, qui par leur pesanteur H
font sortir toute l’eau , Sc par la vertu particulière que làPozzolane a de sécher Sc de s’endurcir dans l’eau h fontcomme une malíè fusile & jettée en moule.
C’est pourquoy je ne puis approuver la feule chose en la-*quelle les Interprètes de Vittuve s’accordent tous , scavoitque ces coffres ou cloisons estant faites , on vuidoit l’eaapour y bastirle môle à sec ; Car Vitruve ne dit point cela, j
cette maniéré estant une autre structure qu’il décrit ensuite q
pour s’en servir quand on manque de Pozzolane ; & icy il 1
semble que l’on doive entendre qu’ayant fait les cloisons àla maniéré que Philander les décrit, scavoit suivant la for-me que lemoíedevoit avoir ; on empliísoit V espace que cescloisons enfermoient, avec du mortier de Pozzolane Sc despierres que l’on jettoit dans l’eau : car il n’est point dit quede ce mortier & de ces pierres arrangées il fe faste de la ma-çonnerie, mais seulement que ces matières doivent estreentassées jusqu’à ce que tout l’espace soit remply. Il n’estpoint dit aufli qu’il faille se mettre en peine d’épuiser l’eau, |parce que le mortier Sc les pierres ayant plus de pesanteurque l’eau, la faisoit sortir ; & la propriété de ce mortier oui íest de s’endurcir dans l’eau, rendoit la chose facile. Car il %auroit esté inutile d’aller quérir cette poudre si loin, si l’on -11e vouloir pas faire valoir fa vertu particulière : &l’on n’au»toit eu qu*à laillèr secher la maçonnerie pendant deux mois, ;comme il est dit ensuite qu’il faut faire quand il est parlé decette maçonnerie commune.
8 . L t e n s. Le mot Caten& que j*ay traduit liens, sembledevoir faire quelque peine, & répugnerai explication que jpyje donne a arca , que je prens pour des poteaux rainez ; & ily a apparence que c’est ce qui a fait penser à J. Martinqu’on jettoit dans la Mer des coffres liez de chaisnes de fer. *
EXPLICATION DE LA PLANCHE L.
Cette Planche contient trois Figures qui representent les trois maniérés que Vitruve enseigne de )faire les jettées qui fervent aux Ports de mer. La premiere Figure reprefente lapremïere maniéré qui -fe fait fans vuider l’eau qui a ejlé enfermee entre les cloisons de poteaux & d'ais , & enjettant feule- J
ment dans cette enceinte le mortier de Pozzolane avec les pierres 3 afin que ces matériaux occupant laplace de /’ eau 3 &la chassant par leur pesanteur 3 emphfjent /’ espace qui cf enfermé entre les cloisons ,vomme d’une maçonnerie fufile 3 qui puisse durcir dans l’eau , telle qu’ejl celle qui efifaite avec de laPoTgZolane. A A , B B } Jont les poteaux raine^des deux cofie%\ B B 3 font les ais qui font coulesdans les rainures. E
La seconde Figure reprefentela seconde maniéré 3 qui efi de vuider t eau enfermée dans l’enceintefaite a f ordinaire avec des "Batarde aux ; de baslir le Môle a sec aufond de la mer.
La troisième Figure reprefente la troisième maniéré 3 qui eB debaBirune masse moitiéfurie riva-ge , moitié fur un amas defable 3 fiouBenu d’un petit mur que l’on abat lorsque la maçonnerie eBfeche 3afin que la mer ayant emporté le fable , la masse qui a esté baBie tombe dans l’eau. GG, c fl l’amasde fable. F F 3 eB le petit mur qui le soutient. H H 3 eB U masse de maçonnerie quifeche. EE 3 efiJfi talus du bord de U mer.
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