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Les Dix Livres d'Architecture de Vitruve / corr., trad. nouvellement en François, avec des Notes, des Figures... par M. Perrault ...
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z+S V I TR U V E

C h VIII. nature. Le Vif argent sert à beaucoup de choses, car on ne peut pas bien dorer ny Par-Agent ny le cuivre fans luy Lorsque les étoffes tissu.es dor font usées, pour en amasser Poron les brûle dans des creusets, & la cendre estant j ettée dans Peau, on y ajoûtedu Vif ar-gent , auquel toutes les petites pieces de Por s'attachent. L'eau estant jettéeon met le Vifargent dans un linge, qui estant preste avec les mains, laisse passer le Vif argent, parcequil est liquide, & retient Por, qui * fe trouve tout pur dans le linge,dans lequel il demeu- *re nonobstant la compression.

legers que nauroient este des batteaux de bois de pareillegrandeur.

3. S e trouve tout pur. Il nest point vray quilny ait que le vif argent qui pafïc au travers du linge , nyque lor qui demeure dans le linge soit pur : car il est; impol-íìble que les plus petites parties de 1 or estant amalgaméesavec le vif argent ne passent avec luy au travers du linge ;

& que les plus grossières qui demeurent dans le linge , neretiennent beaucoup de vif argent : & en effl-t on ne l'en sé-paré quàpeine par le moyen du feu, qui fait aller le vifargent en fumée , ou par l'eau-forte qui le dissout. Et cet-te derniere maniéré qui a esté inconnue aux anciens* est bienplus parfaite. B

C H AP.IX.

CHAPITRE IX.

Comment il faut preparer le Minium.

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B rulnr(.

P O u R revenir à la préparation du Minium. On pile dans des mortiers de fer fes mot-tes desséchées, & on leur fait venir la couleur par plusieurs coctions & lotions : cettecouleur tient quelque chose de la nature du Vif argent, ce qui fait quelle est sujet à fe ga-ster assez aisément, si cenest qu elle soit employée dans des lieux enfermez & couverts :car dans ceux qui font découverts, comme dans des Péristyles, dans 1 des Gallcrtes en forme *de loges , & dans tous les lieux la lumière du Soleil & de la Lune frappe & donne a plein, Oelle perd aisément sa force & fe noircit ; ce que plusieurs ont éprouvé, & entr autres leScribe Faberius j qui ayant voulu que fa maison du mont Aventin fuit ornée de bellesPeintures, fit peindre tous les murs des Péristyles avec le Minium, qui ne put durer trentejours fans fe gaster en plusieurs endroits , ce qui le contragnit de les faire peindre une se-conde fois avec d'autres couleurs. Ceux qui íont plus exacts plus curieux, pour conser-ver cette belle couleur , aprés quelle a esté couchée bien également bien fechée, lacouvrent de ' cire Punique fondue avec un peu dhuyle, ayant étendu cette compost- *tion avec une brosse, ils léchaussent & la muraille aussi avec un réchaud il y a du char-bon allumé, fondent la cire légalent par tout en la polissant avec une bougie & deslinges bien nets, J comme quand on cire les statues de marbre. Cela s'appellec^yùen

i. Desgalleries en forme de loges. Onappelle ainsi les galleries qui font ouvertes aun costé el-les nont que des arcades ou des colonnes. Cest ce que lemot Exedra signifie en cet endroit, & cette lignification estcelle que luy donne Alex. ab Alexandre , mais il en a ordi-nairement un autre, ainsi quil est remarqué fur le chapitre ndu5 livre.

i. Cire Puni qu r. Cest la Cire blanche qui fe blan-chuìòit en la fondant plusieurs fois dans de leau marine , Scen la tenant long-tempsau Soleil fur lherbe au Printemps,afin quelle fust souvent mouillée de la roíée, au défaut delaquelle il la failoit incessamment arroser. Tout cela se fait

Í >our purifier la Cire en ostantle miel qui y est méfié & quia jaunit: car parla mesure force avec laquelle la roíée & le^Soleil ont produit le miel fur les plantes au Printemps, fai-sant sortir fur leur superficie la matière sucrée que les mou-ches y prennent, cette mefme matière est attirée hors la ci-re, en forte qu il ny a quà la distbudre Sc à la laver pourrendre la cire pure & blanche. Or quoyque la matière dela cire ait este attirée par le Soleil aussi bien que celle dumiel,ilne seníuitpasquildoivedissiper & consumer la ci-re de mefme quil consume le miel -, parce que les mouchesayant amasté la matière du miel & de la cire qui est le sucquelles ont pris furies fleurs, elles ont mis à part la partieîa plus terrestre & la plus pesante dont elles ont fait la cite,8 c la plus subtile & la plus legeredont elles ont fait le miel,& ont ainsi rendu la cire un corps fixe, & le miel un corpsvolatile & capable destre aisément enlevé parles rayons duSoleil.

Quand on cire les Statues de mar-bre. Cet endroit est obscur, & Pline qui dans son 33 livrechapitre septième rapporte tout ce qui est dit icv,nexpliquepoint plus clairement cette comparaison qui est faite entrele lustre de la peinture & celuy du marbre. Car au lieu queVitruve dit, uti fgna m armer ea curantur. Pline met f eut &marmora nitefeunt. Linterprete françois de Pline a entenduque Les murailles cirées devenoient polies comme du mar-bre, ce quil fait en joignant fient axée marmora mais il y aplus dapparence quil doit estre joint à nitefeunt , & que Pli-ne a entendu par ces mots , ut nitefeunt marmorsi^ dc mefmeque les marbres font rendus luis ans. Parce quautrement ildevroit y avoir quelque nom au pluriel, comme mûri oucolores , à qui nitefeunt pût fe rapporter. Ce quin'est pointdans le texte de Pline ; non plus que dans celuy de Vitruve :Car Pline dit, Parieti fìcco cera inducatur , posta c.tnddis 1subigatur, ac deindelinteispurís,fcut & marmora nitef-cunt. Tout de mefme Vitruve met, Si quis voluerit expoli -tionern miniaceam fuum colorem retinere, &ç. candelh lin -teifque puris fubigat uti fgna marmorea curantur, Cestpourquoy jay crû que le vray sens de ces Auteurs estait quelon pouvoit rendreles murs polis par le moyeu de la cire,de mefme que lon faifoir reluire les Statues de marbre enles cirant. Èt cette explication potirroit donner quelquelu-rniere à la périphrase dont Juvénal fe sert pour signifier lesprières que lon fait aux Dieux quand.il dit genua ìncerareDeorum que Turnebe entend des écriteaux dans lesquels lesveruxestoient gravez fur de la cire, Sc quil dit que lon at-tachait, aux statues des Dieux. Car on peut croire qúecé-

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