LIVRE VIL i 4 7
A grec. 4 Cette croiiste de cire empesche que la lumière du Soleil & de la Lune ne mange lacouleur.
La préparation du Minium qui se faiíoit autrefois à Ephese, a esté transférée à Rome,parce qu on a trouvé en Espagne des mines de ce minerai, qui s’apporte plus aisément encette ville, ou la fabrique s'en fait par ceux qui en ont pris le party, & qui ont leur bouti-que entre le Temple de Flore & celuy de Quirinus. On sophistique le Minium avec de lachaux, ce que l’on reconnoist en le mettant fur une lame de fer que l'on fait chauffer jus-qu a ce qu elle rougisse, & que le Minium paroisse noircy : car h estant refroidy il réprendsa premiere couleur, on est asseuré qu’il n’estpoint sophistiqué. Voila touteeque j’ay pûrechercher touchant le Minium.
* On apporte la ’ Chrysocolle de Macedoine, & on la tire des lieux qui sont proches
B des mines de cuivre. Ce Minium & l’Indicum font cpnnoistre 6 par leurs noms les paisd’où ils viennent.
toit une especede culte des idoles de les nettoyer, & d’ef-fuyer la fuye du feu des sacrifices qui s’y estoit attachée, cequi ne pouvoir estre fait fans que la ponce ou la peau de chiende mer dont on fe servoit pour cela, n’emportast un certainlustre & une couleur jaune que le temps & la vieillesse donne,aux statues de marbre ,& qu’on leur rendoitavec de la cire.
, 4. Cbtiï crouste de ci r e. Les yernis qui ontesté depuis peu inventez pour donner lustre aux couleurs,ik pour les conserver, font bien meilleurs pour cela quen’estoit la cire dont les Anciens ufoient, & que Ton n’era-ploye plus à présent qu'aux planchers. La perfection du ver-nix consiste en deux choses, il seche parfaitement, & il est
fort transparent , & la cire a une opacité qui ternit sescouleurs & une onctuosité qui fait que la poussière s’y at-tache.
y» La Chrysocolle. Elle est vulgairement appel-lée Barrat ou Borax. C’est un minerai qui se trouVe dansles mines d’or, d’argent, de cuivre ou de plomb, ll est or-dinairement blanchastre, jaune, vert ou noirastre. ll est ap-pelle Chrysocolle à cause qu’il sert à souder l'or, & mesmeLargeur Sc le cuivre. On en fait d’artificiel avec de l’alun &du {alpestre.
6. Par leurs noms. Le Min'mm dd ainsi appelledu fleuve Minins qui est en tfpagned’où on rapporte".
CHAPITRE X.
Des Couleurs artificielles.
I L faut maintenant traiter des couleurs que l'on fait de dívcríes choses, qui perdent leurqualité naturelle pour en prendre une nouvelle, afin que l’on ait connoissance par quelartifice íe fait la préparation de tontes ces ehoses. En premier lieu il faut parler du Nôir,
qui est d un grand usage , & tres-neceflaire en quantité d'ouvrages.
* On fait un petit édifice 1 en forme à'Etuve, que l’on enduit par dedans avec du Stuc,que l’on rend fort poly. Au devant de cette Etuve, on bastit un petit fourneau qui a unconduit qui entre dans l’Etuve. Il faut que la porte du cendrier fe puisse fermer exacte-D ment, afin que par cet endroit la fiante ne puisse sortir du fourneau , dans lequel on metbrûler de la résiné : car la fumée estant poussée par la force dufeu dans l’Etuve, y laisse fafuye, qui s’attache aux parois & àla voûte. Cette fuye estant amassée, on la détrempe* avec de la gomme, pour faire l'enere à écrire. 1 Ceux qui peignent les murailles s’en fer-vent avec de la colle.
Si on n’a pas ce qui est nécessaire pour faire ce noir , & que l’on ait besoin d’une tellècouleur, on pourra, de peur que l’ouvrage ne demeure, en faste d’autre en cette maniéré.* Ilfaut allumer du sarment, ou * des coppeaux de pin refineux ; ôc quand ils feront en char-bon , les éteindre. Ce charbon broyé avec de la colle, est un noir assez beau pour la pein-ture des murailles. La lie de vin dessechée, & puis brûlée dans un fourneau, fait auífi ,estant broyée avec de la colle, un fort beau noii\ principalement fi la lie est de bon vin.:* car on en peut faire un noir qui approche de la couleur de « l’Inde.
i. En ïorme b’Etuve. Jexplique ainsi, sct» laçonkcum , & il fe faut reílouvenir qu’il a esté dit cy-devant,que Laconicum estoit une partie des bains, propre à fai-re suer, faite en forme de tour ronde, & voûtée en cuidefour.
1. C E U X QUI rî I G N E N T L E S MURAILLES. TeBû.r ss estoient généralement les ouvriers qui travailloient tantà faire les enduits des murailles qu’àles peindre.
Des copeaux de pin résineux. C’est ainsiHue j’interprete Teda qui est une maladie de tous les arbres
résineux, lorsque le bois s'emplit trop de refîne, & cela arri-ve plus souvent au Pin qu’aux autres.
4. L’Inde. L’Indedes Anciens estoit une excellente cou-leur , qui sc faifoitde V'écume qui fortoit de certains roseauxdes Indes, ll y en avoir une autre espece faite de Lecume quife prenoit sur les chaudières où bouilloir la teinture de pour-pre. A présent la couleur de bleu brun qui est appellée inde,fe fait avecle suc de la plante appellée Guesde,dont on fait lePastel . onde Lherbe appellée Indigo, qui croist en la Pro-vince de G.uimulu.