UVRE VIÍL iSi
A change seulement ses proprietez dans la dissolution, &: qu il les reprend ensuite pour estrece qu il estoit auparavant.
Pythagore, Empedocle, Epicharmus, &les autres Philosophes Physiciens , ont établyquatre Principes ; savoir, l'Air, le Feu, l’Eau la Terre, desquels toutes les qualité^ fontproduites j âpres qu’ils ont eíìé liez & mesiez ensemble parle moyen de la figure particu-lière qu’ils ont chacun selon leur disserente nature. En esset il se voit que non seulementtout ce qui naist a esté engendré de ces choses, mais que ce font elles qui ont la vertu de
* nourrir, d'augmenter, &de conserver tout ; car les animaux ne sçauroient vivre 1 sansPair, dont ils s’emplissent par la respiration, par laquelle il se fait une dilation & un relâ-
* chement réciproque & continuel. Ainsi ? les esprits qui font les principaux instrumens del’ame nepourroient s’engendrer ; & ne seroint pas capables de soutenir le corps, & d’en-
Btreteniría vigueur, ny de cuire les alimens* & leur donner la vertu de nourrir, s’iln’yavoit en nous.une chaleur que la justesse du tempérament nous rend propre & convena-ble. Tout de mesine fans la nourriture terrestre qui entretient les parties de nostre corps,il ne pourroitpas subsister, estant destitué du plus solide de ses principes ; & tous les ani-maux seroient secs & privez de sang, sTIs n’avoient point d’humidité.
C’estpourquoy la Providence divine n“a pas voulu que ces principes qui sont absolu-ment nécessaires à tous les hommes, fussent des choses rares & difficiles à avoir, commefont les perles, for, l’argent & toutes les autres choses dont nostre corps & nostre naturen’a que faire : mais elle a répandu partout F univers & mis en la puissance de tout le mon-
* de, les choses dont on ne se peiit passer dans la vie : car si 1c corps manque d’eíprits, 4 Pairqui est destiné pour les réparer, est toujours prest, de mesme que la chaleur du Soleil & du
Q feu , ne manque jamais de secourir & d’aider celle qui nous est naturelle, & qui entretientnostre vie. Les fruits de la terre font la matière de la nourriture qui réparé incessamment
* dans les corps 5 ce qu ils perdent par les évacuations insensibles. Pour ce qui est de Peau,outre la boisson elle sert encore à cent usages, qui la rendent d’autant plus agréable, qu el-le est la chose qui couste le moins.
- Les Prestres Egyptiens pour faire entendre que toutes choses ne subsistent que par lavertu de cet element, couvrent & ornent un vase à mettre de Peau, qu’ils considèrent com-me un Temple dans lequel leur Dieu reílde j & fe prosternant à terre les mains élevées auCiel, ils rendent grâce à la bonté divine de ses admirables inventions.
i. S a n s l'ai R. Le texte en cet endroit est; diffèrentdans les Exemplaires, quelques-uns ont namque corporafi-ne fpiritu redundanù non p o surit b ab ct e vitarn , les autresD ont namque corj/ora fine fpiritu redundantia. J’ay íuivy lapremiere maniéré.
;. Les esprits qju i sont les principauxinstrumens de l’am e, je traduits ainsi fpiritus ani-males, n’y ayant point d’apparence.que Vitnive entendeparler des esprits Animaux comme estant différons des es-prits Vitaux , parce que cette distinction d’esprits n’a estéfaite parmy les Médecins que long-temps depuis Vitruve,Hippocrate & Aristote n’ayant connu qu’un esprit : car cet-te lubíLm ce subtile, pénétrante Sc mobile qui est le princi-pal & le plus commode instrument dont l’ame se serve dansles fonctions de la vie, n’eft icy appellée esprit animal quepour la distinguer de l’air ou de l’esprit subtil ou substanceaérienne qui est dans les choses inanimées.
4- L’AIR Qlll EST des tine pour leurrepa-ration. Cette pensée toute mal fondée quelle est, n’aE pas laissé d’estre soutenue par de grands Philosophes , Sc
qu’il seroit plus difficile d’excuscr que Vitruve : car pourluy, comme il ne s’est pas expliqué si distinctement qu eux,fur ce qu’il entend par le terme d’air, on peut croire que sonopinion est que l’air n’çst rien autre chose que la plus subtileportion de quelque corps que ce soit, ce qui se peut enten-dre du sang & mesme des véritables parties de ranimai ; aulieu que les autres entendent par l’air qu’ils disent estre lanourriture des esprits, l’air que l’on respire5. C e qju’i lsperdent. Il y a deux mots dans le tex-te en cet endroit qui semblent estre tout-à-fait superflus, ílon ne les entend suivant l’explication que je leur ay donnée.Il y a terrentis fruSlus , efemm prœftans copi ts, ftipervacuisdefideratianibus alit & tiutrit anirnalia pafeendo commenter.Je trouve que supervaenis dcfderationibus , ne sert de rien íìce n’est qu’onlise, efearum prafans copias evacuati defidrra,tionihus , car prajtare copias evactsati defiderationibus , peutsignifier dans le style de Vitruve, fournir ce y ni manque auy}corps , <dr ce qu ils ont perdu de leur substance dont ils fous-,frent une dissipation continuelle.
CHAPITRE I.
Chap. I
Des moyens de trouver de l’Eau.
P U 1 s que les Physiciens, les Philosophes & les Prestres ont estimé que tout subsisteparla vertu de F eau , j’ay crû qu’aprés avoir expliqué dans mes sept premiers livreztout ee qui appartient a la structure des Edifices, je devois dans celuy-cy traiter des moyensde trouver les eaux, & dire quelle est la propriété de chacune selon les disserens lieux, ce