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Les Dix Livres d'Architecture de Vitruve / corr., trad. nouvellement en François, avec des Notes, des Figures... par M. Perrault ...
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L I V R E V I I I. * 5 3

A feuilles , & ensuite avec de la terre : Si le lendemain on trouve des gouttes deau attachées Chap. I.au dedans du vase, cela signifie que ce lieu a de seau. Ou bien on mettra un vase de terrenon cuite dans cette mesine sosie, que l'on couvrira comme il a esté dit : lorsquon la dé-couvrira sily a del'eauen ce lieu , le vase sera moite 8c détrempé par lhumidité. Sionlaisse ausiì dans cette mesine fosse de la laine, 8c que le lendemain lorsquon lexprimerail en coule de leau, ce sera une marque que ce lieu en a beaucoup : comme aussi si lon en-ferme une lampe pleine dhuile & allumée j & que le lendemain on ne la trouve pas toutà fait épuisée 8c que lhuile 8c la meche ne soient pas entierement consumées, ou mesineque la lampe soit mouillée ; cela signifiera quil y a de leau sous ce lieu, parce que la cha-leur douce attire à soy lhumidité. On peut ausiì faire une autre épreuve en allumant dufeu en ce lieu: car si aprés avoir beaucoup échauffé la terre il séleve une vapeur épaisse,

B cest signe quil y a de leau.

Quand on aura fait toutes ces épreuves & que les signes que nous venons de dire serencontreront en quelque lieu, il le faudra creuser en maniéré de puits : Si lon y trouveune source, il faudra faire plusieurs autres puits tout alentour, 8c les joindre eníemble pardes conduits fous terre rmais il fautsçavoir que cest principalement à la pente des monta-gnes qui regardent le Septentrion, quil faut chercher les eaux, 8c que cest- quelles setrouvent & meilleures 8c plus faines 8c plus abondantes 5 parce que ces lieux- ne fontpas exposez au Soleil, estant couverts darbres fort épais, Scia deícente de la montagne íefaisant ombre à elle-mesme ; ce qui fait que les rayons du Soleil quelle ne reçoit quobli-quement, ne font pas capables de dessecher la terre. Cest ausiì dans les lieux creux quifont auhaut des montagnes, que leau dcspluyes samasse , & que les arbres qui y croif-C sent en grand nombre, y conservent la nege fort long-temps, laquelle íe fondant peu àpeu, sécoule insensiblement par les veines de la terre : 8c cest cette eau qui estant parve-nue aupié des montagnes, y produit des fontaines. Mais celles qui sortent du fond desvallées ne peuvent pas avoir beaucoup deau, 8i quand mesine il y en auroit en abondan-ce , elle ne sçauroit estre bonne ; parce que le Soleil qui échauffe les plaines fans quaucunombrage lenempesche, coníume 8c épuise toute slmmeur * ou du moins il en tire ce quiest de plus leger , de plus pur, 8c de plus salubre, qui se dissipe dans la vaste estendue delair, & ne laisse que les parties les plus pesantes, les plus crues & les plus désagréables,pour les Fontaines des campagnes.

CHAPITRE II.

Chap. II,

De l'eau de pluye & de Jès quahtez, 3 .

T L ny a point de meilleure eau que celle de la pluye , parce quelle est composée desparties les plus legeres 8c les plusíubtiles qui ont esté extraites de toutes les autres eaux,8c que lair a long-temps purifiées par son agitation, jusquà ce que dans les orages ellesíe liquéfient pour tomber fur la terre. Or les pluyes ne tombent pas íìíouvent dans les plai-nes que fur les montagnes ; jaarce que les vapeurs que le Soleil attire au matin, en sélevantpoussent lair vers le costé ou elles íont attirées, 8c elles attirent ausiì à elles celuy qui enondoy ant les fuit, afin de ne laisser point de vuide : 8c cet air tout de mesme ensuivantla vapeur qui lattire, en augmente le mouvement 8c limpetuofité ; 1 ce qui pro duit les* bouffées des vents, qui amastant 8c amoncelant ces vapeurs que la tiedeur du Soleil a tiréesE de leau des Fontaines, des Fleuves, des Etangs 8c de la Mer, forment les nuées, lefquel-

1. Ce qui produit les b oufïees des vents.

Ce raisonnement sur la maniéré dont les vents sengendrentadéja esté fait au chapitre sixième du premier livre. Les cau-ses que Vitruve apporte, font astèz probables, la raréfa-ction que la chaleur du Soleil produit dans lair chargé debeaucoup d humidité, estant capable de faire que lair quel-le élargir, pousse celuy dalentour qui nest point raréfié, Scle faste couler: mais cette attraction que Vitruve attribueàla raréfaction défait est une choie mnl-aifée à concevoir.

11 y adroit plus dappatence de dire que la raréfaction pro-

duisant de foy une impulsion égale de tous les costez, lairest: déterminé a courir vers un costé plutost que vers un au-tre , lorfquil arrive quen quelque endroit il íè soit une con-densation de quelque partie de lair, qui attire vers ce costé-, tout lair qui est entre celuy qui est condensé, celuyqui est raréfié, & qui soit que toute limpulsion de lair ra-réfié agit vers lendroit la condensation se fait ; parceque lespace que lair occupoit avant que destre condensé,devenant moins remply par la condensation ,donne place àceluy qui est poussé par lair raréfié ; ce qui fait une appa-