LIVRE VIII.
A
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lame.
Leucoph&a.
elles ne produiroient pas les arbres qui j ettenc l’encens, les plantes qui portent le poivre, C H. 111.ny les arbres qui donnent la myrrhe ; enfin le pais Cyrenaïque n’auroit pas la plante feru-lacée du Laser, mais en toutes sortes de régions on verroit indifféremment croistre touteschoses.
Or chaque pais a ces diíferentes qualitez à cause de l’inclinaison du monde, c’est-à-direselon que chaque climat s’approche ou s’éloigne plus du lieu où se fait le cours du Soleil :
8c cela n’a pas seulement la force de rendre les sucs de la terre differens, mais il en naist unediversité d’humeurs qui se remarque mesme dans les animaux; & cette diversité ne se trou-veroit point telle, fi les propriété? des terroirs estoient semblables, nonobstant leur dif-ferente situation à l’égard du Soleil: car sexperience fait voir que le fleuve Cephisus &leMelesenBeotie, leCrathis en Lucanic, le Xanthus àTroye, & plusieurs fontaines &ri-B vieres dans les terres d’autour de Clasomene, d’Erythrée 8c de Laodicée , ont cette vertu,que les animaux que l’on envoye boire de leurs eaux en certains temps de Tannée ausquelsils ont accoustumé de concevoir, quoyqu’ils soient tout-à-fait blancs, font des petits,dont les uns en quelques lieux font de couleur grise, en d’autres de couleur plus brune, 8cen d’autres tout-à-fait noirs : tant la propriété de chaque humeur a de force pour commu-niquer suivant fa nature une couleur particulière à chaque chose qui est engendrée: c’estpour cette raison que les Troyens ont appeliéla rivière qui passe prés de leur ville, Xan-h tkus ,parce que les vaches qui naissent le long de leur rivage font ronfles*, A les moutons17 d’un roujfajìre tirant fur le rouge brun..
11 se trouve aufíi des eaux dontl’usage est pernicieux 8c mortel à cause du suc venimeuxde la terre sur laquelle elles coulent, telle qu’estoit à ce que l’on dit cette fontaine à Terra-C cine qui estoit appellée Neptunienne, de laquelle ceux qui beuvoient par mégarde, meu-roient incontinent ;ce qui fut cause qu’on la combla ; tel estoit aussi un lac proche desCyderesenlaThrace,duquel onnepouvoit non seulement boire, mais mesme se laversans mourir. Il y a encore une fontaine en Thessalie , qui est à sombre d’un arbre dontles fleurs font de couleur de pourpre, de seau de laquelle nyles troupeaux ne veulentpoint boire, ny aucun genre d’animaux n’ose approcher. Tout de mesme en Macedoineprés le tombeau d’Huripide deux ruisseaux se joignent aprés savoir costoyéà droit & àgauche, 1 un desquels aune si bonne eau, que les paflans s’y arrestent pour repaistre : mais1 eau qui coule de 1 autre coste a la réputation d estre si pernicieuse que personne n en ap-proche. En la partie de f Arcadie qui est appellée Nonacris, il distille de certaines monta-gnes une eau tres-froide, que les Grecs appellent Stygos hyàor , qui ne peut estre reçue Etude tristefe.D dans aucun vaisseau ny d’argent, ny de cuivre, ny de fer, qu’elle ne rompe, 8c il n’y a quela seule corne du pie d’un mulet où on la puisse garder. O 11 dit qu’Antipater sit porter decette eau par son fils Iolas dans la province où estoit Alexandre, &r quelle fut le poisonqui fit mourir ce Roy. Il y a encore une autre eau dans les Alpes au Royaume de Cottus,qui fait tomber subitement ceux qui en boivent. Au pais des Falisques prés du cheminqui va à Naples, dans un bocage qui est au milieu d’un champ appelle Cornetus, il fortune fontaine dans laquelle on trouve des os de serpens, de Lézards 8c d’autres b estes ve-nimeuses.
Il y a encore des fontaines dont seau est aigre, comme est celle de Lynceste, celle de
demande zs'trborum in radicibus comme j’ay corrigé : car■r bien que le mot de jírbonm ne soit pas tout à faitnecelîâi-re , Humer infusas radicibus , rendant le sens assez entier ;il est encore plus certain que le mot Saponm auroit estétout-à-fait superflu, estant repeté à la fin de la periode , oùil est dit que tìurnor terrenus prof tendit locì & generis fuifrttRus faporetn.
x - j . D’u» roussastRB tirantsur le rou-ge b r u n. J’ay suivy l’opinion d’Alciat, qui croit queLeucopbdUí eclor est le roux qui tire furie rouge-brun. Il sefondé sur Pline', qui dit que du mélange de la Rubrique, duSi! jaune ,& du Melin , dont on composoit l’affiete qui secouchoit sur le bois pour \e dorer, on fait le Leucophaurn.Hermolaus qui croit de mesme que Pbilander que Leuco-phjíttm signifie le gris, a corrigé le texte de Pline, ôc a
mis Leucophorum , au lieu de Leucophaum. Mais il ne setrouve point .que Leucoph&nm signifie le gris. La difficultéest dans la signification dumot grec ph&os , que les Gram-mairiens expliquent par le mot Latin Fufcus: & ils disentque Fus sus , est color fubniger^c eft-a-dire brun , sans spéci-fier quel brun ils entendent ; Mais les Auteurs Latins íèfont- mieux expliquez quand ils ont dit que la couleur desv sages haílez , & celles des vins qui ne font ny tout à faitblancs, ny tout-à-fait rouges, est le Fufcus color ; car c esten ce sens qn Ovide dir Fufcantur c or p or d Camp o , & queFalemum est appelle Fufcum par Martial. Or la couleurdes vins que l'on appelle penerost tel qu’estoit le Filer-num ,ny celle des visages hâlez n'est point grise mais fauve,qui est un rouíïàstre tirant fur le rouge-brun.