C K AP.IÏÏ.
i6o
V I T R U V E
18 Velino en Italie, & celle de Theano en la Terre de Labeur, & en plusieurs ancres lieux, A *qui ont la vertu de dissoudre les pierres de la vessie quand on en boit ; Ce qui se fait parcequ’il y a dans la terre un suc acre & acide qui donne comme une teinture de cette qualitéà l’eau qui passe dans la terre, de forte que lorsque ces eaux font receuës dans le corps, el-les difíìpent ce qui est amassé & end'urcy 19 par la restdence des eaux. Mais pour compren- *dre comment les choses aigres peuvent dissoudre ce qui est endurcy, il n'y a qu’à laisserquelque-temps tremper un œufdansdu vinaigre, car on verra fa coquille s’amollir & sefondre. Tout de mesme le plomb qui ne s’éclatepas aisément & qui est tres-pefant, estantmis avec du vinaigre dans un vaisseau & bouché bien exactement,fe dissout & se change enCeruse. Le cuivre qui est encore plus dur, fe dissout par la mesme opération & devientvert de gris : Les perles & mesme les cailloux que le fer ny le feu lie peuvent rompre, secassent tombent en éclats st âpres avoir esté échaussez on les arrose de vinaigre. Ce qui Bfait aisément juger que de mesme que les acides agissent fur ces choses, ils pourrontaussi produire un mesme esset pour la guérison de ceux qui sont malades de la pierre.
Il se trouve de plus des fontaines où il semble que l'on ait messe du vin, telle qu’est cel-le est en Paphlagonie, de laquelle on peut s'eny vrer fans que l’on y ait mis du vin.
Dans la ville d’Equicoli qui est en Italie & au pais des Medulliens dans les Alpes, il y ades eaux qui font enfler la gorge à ceux qui en boivent.
En Arcadie il y a une ville assez connue appellée Clitor, auprès de laquelle est une ca-verne d'où fort une fontaine qui fait haïr le vin à ceux qui ont bû de son eau. Sur cettefontaine ìlse lit une Epigramme écrite en vers Grecs qui portent qu’elle n’est pas propre àfe laver, Le qu'elle elfennemie de la vigne, parce que c’est dans cette fontaine que Me-lampus aptes avoir sacrifié, purifia les fisses de ? reçus pour les guérir de leur folie, & aus- Cquelles en esset il remit l’espnt en son premier estât. Le sens de l’Epigramme est tel :
Prés des antres obscurs d'ou coule ce ruisseauSi la chaleur t'invite à mener ton troupeau‘Bercer tu peux y boire , K? dans leurs promenadesSuivre parmj ces pre^ les errantes Noyades,Adonis ne ty baigne pas; ces eaux par un poisonQui fait hoir le vin , corrompent la raisonpuy donc cette liqueur f contraire à la vigne ,Où Melampe purgea l humeur noire & maligneQui des filles de Frété avoit troublé le sens 3Lorsqu il pajfa d'Argos en ces lieux mal-plaifans.
D
Il fe trouve de mesme en lisse de Chio une fontaine qui fait perdre l’esprit à ceux qui enboivent sans y penses. On a mis une Epigramme qui avertit que son eau qui est fort agréa-ble à boire rend lesprit dur comme une pierre. Le sens des vers est tel : &
Cette eau parfa fraîcheur ftfi parson doux murmureCharme tous les sens a l’abord ,
Mais elle rend ïame plus dureQue le rocher dont elle fort.
A Suse qui est la capitale du Royaume de Perse,il y a une petite fontaine qui fait tomberles dents.On y lit aussi une Epigramme dont le sens est que cette fontaine est fort propre £à se laver, mais qu elle f ait tomber les dents de ceux qui en boivent. Voicy le sens des
vers de cette Epigrànme.
18. V e l x n o.J’ay suivy la correction de Budée qui lit in
Ita'i-a Felino , camp ana Teano , aulieu de in Italka Ftrena jY ayant grande apparence que Vitruve a joint ces deux Vil-les [sçavoit italicam Felinum , Sc Campanam Teanum ,puisque leurs eaux au rapport de Pline ont une mesme pro-priété -, qui est de rompre la pierre dans le corps par leur aci-dité. c
19. Par la RESIDENCE des eaux. Vitruve sup-pose une chose qui n’est point vraye, sçavoir que la pier-
re s’engendre dans les corps des animaux, de la mesme ma-niéré que dans les canaux des fontaines, où ce qu’il y a deterrestre dans l’eau s’amaíîè par résidence & par la pesanteurqui se trouve dans cette partie grossière, qui la rendantmoins mobile que le reste de l’eau, la fait attacher aux con-duits fur lesquels elle se coagule. Les raisons qu’il y a den’estre pas de l’opinion de Vitruve qui est celle de la plus-partdes Médecins, font apportées cy-aprés dans les Notesfur le chapitre cinquième de cc livre.
Passant