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LI V R E Vin. -.65
A Quelqu un qui aura lû Archimede pourra dire que l'eau n’est point propre à nivelerjuste, parce que cet Auteur estime que l’eau n’a point cette ligne droite qui est nécessairepour bien niveler , dautant quelle conserve toujours une rondeur dans sa superficie, quifait une portion de cercle dont le centre est celuy de la terre. Mais soit que l’eau soitdroite, soit qu elle soit courbée dans fa superficie, il est toujours vray que les deux boutsdu canal qui est dans la réglé, soutiennent l’eau également, Sc que fi le canal est pancfiéd’un costé , l’eau qui sera à l’autre bout qui est plus élevée ne touchera plus le haut du borddu canal. Car quoyque l’eau quelque part que l’on la mette, s’éleve toujours dans le mi-lieu où elle fait une courbure, il est impossible que les deux entremitez ne soient parfaite-* ment à niveau. 7 La figure du Chorobate se trouvera à la fin du livre.
Si l’eau est bien élevée & qu elle ait beaucoup de pente, elle sera plus aisée à conduire :B & s’il arrive que le lieu par où elle doit palier, ait des creux Sc des fondrières , il faudrales emplir Sc égaler avec de la maçonnerie.
peíche la juste position de ce niveau, de plus le bois se peutétreffir davantage à une de ses extremitez qu’à l’autre, cequi peut changer le parallélisme du rayon visuel avec la li-gne de la superficie de l’eau : & enfin l’ceil regardant par destrous ou par des fentes ne peut pas bien déterminer le vraypoint qui doitestre dans le rayon visuel ^ en sorte que vou-lant niveler, par exemple à un arbre éloigné de deux outrois mille pas ,on ne peut estre assuré si c est le haut, ouïebas,ou le milieu de l’arbre qui doit estre pris pour le vraypoint denivean.
Pour perfectionner le Chorobate, Monsieur l'Abbé Ma-riette del’Académie Royale des Sicnces a trouvé depuisc peuqu’il suffi foi: que l’instrument eu st trois ou quatre piezde longueur ; qu’il n'estoit point neceslaire qu’il eust despinnules, ny mesme qu’il y eust de ligne droite &c paral-lèle à la superficie de Veau le long de laquelle il fallust re-garder : mais qu’il faut seulement que dans le canal qui doitestre large, l’eau soit la plus élevée qu’il est possible , ce qui sefait en la retenant par les deux bouts avec un rebord de ci-te, au dessusduquel l’eau s’esteve quelque peu, àcauíè que
l’eau fuit la cire qui est grasse.Car il ne faut que regarder dansl’eau l’image d’un signe que Von fait tenir au lieu où l’onjuge à peu prés que le Niveau est pointé en faisant hausserou bailler le signe par quelqu’un juqu a ce qu’il soir mis auniveau de la surface de l’eau : ce qui se fait en cette ma.niere.Il faut que ce signe soit un ais de deux piez ou environ,qui estant noircy ait une bande blanche en travers à cha-cun de ses bouts. Lorsque l’image de la bande superieure pa-roistra dans l’eau autant distante de la bande inférieure dusigne que cette bande inférieure le paroist de la superieure,il est certain que le milieu de la bande inférieure du signe,laquelle paroistra au milieu de deux autres, fera au niveaude la superficie de 1 eau. Cela se prouve par les règles de laCatoptrique ,& par une chose qui est fort connue, sçavoirque les images des objets paroillent autant enfoncées dansl’eau, que les objets sont élevez au dessus.
7. La figure duChorobate. Cette figure estperdue de mesme que les autres que Vitruve avoir misesdans son livre : celle qui est marquée A B C D E, dans la pa-ge precedente, est prise des commentaires de Barbaro.
CHAPITRE VII.c De plusieurs maniérés de conduire les Eaux.
D O* P cutc0íl(lulreles eaux cn trois manières, savoir, ou par un canal couvert dc\Jr maçonnerie , ou par des tuyaux de plomb, ou par des tuyaux de poterie. Mais ilfaut observer que fi l’on fait des canaux de maçonnerie,elle doit estre fort solide j qu il faut4 1 2 qu il y ait assez de pente, c est-à-dire pour le moins demi pié fur cent piez ; qu’il est ne-ceíîaire que ces grands aqueducs soient couverts par des voûtes, asin que le Soleil ne don-ne point fur 1 eau ; & que lorsque 1 eau sera arrivée proche des murailles de la ville U f autconstruire un regard, & proche de ce regard trois réservoirs, & faire qu’il y ait trois tuyauxqui distribuent l’eau également aux réservoirs, qui seront disposez de telle maniéré, quelorsqu’il y a aura beaucoup d’eau, le réservoir du milieu recevra celle qui sera de reste dansles deux autres, & par des tuyaux l’envoyera à tous les lavoirs & aux fontaines jalissantesMaisl’eaudel’un des autres réservoirs ira aux Bains, d’où la ville tirera du revenu tous les*ans. L eau 1 du troifiéme réservoir sera envoyé aux maisons des Particuliers Sc ainfile
1, Qu’i l y a t T assez de fente. J ay ainsi para-phrasé le texte Salumque rivi , libramenta habeatfafligiata ,ce qui veut dire à la lettre , que la terre fur laquelle l’eaucoule doit estre en pente de mesme que le toit d’un mai-son -Car il ne m’a point semblé qu’il fust nécessaire de par-ler de la terre , parce que l’eau ne coule point dans les a ••queducs sur la terre, mais dans un canal de pierre ou de ci-ment.
2. D U TROISIE’xíE RESERVOIR. u y & ex qm-
bus tertio-A’ay Q^kqnibus pour lire e* tertio : autrement je necroy pas que l’on puisse trouver du sens dans ce texte, quià cela prés est afíez clair , le sens estant que le RegardABC ,doit avoir trois tuyaux A , B, Sc C, qui distribuent
son eau également à trois réservoirs D E, HI , &FG - q uele premier D E , envoyé l’eau anx Bains" par "le tuyau K-quele troisième F G , l’envoyeaux maisons des particulierspar le tuyau M ; & que celuy du milieu H I, l’envoye auxlavoirs & aux fontaines jalissantes par le tuyau L ; que lorsq«’il v)ei , lt à 1 eau dans le Regard ABC, beaucoup plusqu’à l’ordinaire, elle hausse dans les réservons D E, & F G;& que le premier D E , & le troisième F G , ayant destuyaux E & F, au dessus de ceux qui vont aux Bains & auxmaisons particulières ,il arrivera que lorsque l’eau monte el-le passera par ces tuyaux dans le réservoir du milieu, 8c íèjoindra al eau quil teçoit de mesme que les autres du re-gard ABC.
Chap. VI,
Chap. VII.
Castellum .
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