iM V I T R U V E
ChaP VU. public aura ce qui ìuyeft nécessaire par cette distribution ì qui empeschera que seau qui Aest destinée aux nécessitez publiques, ne soit détournée, parce quelle viendra du regardpar des conduits particuliers, Et il y a encore une autre raison de cette distribution, quiest que les particuliers j aux maisons desquels on aura accordé del’eau, payeront aux re-ceveurs des imposts, dequoy aider à entretenir les aqueducs publics.
S’il se rencontre des montagnes entre la source de la fontaine &i la ville, il les faudrapercer, conservant toujours la pente neceísaire comme il a esté dit ; Lcsil’on trouve dutuf ou de la pierre, on y taillera Taqueduc : que il c est de la terre ou du fable, on bâtiradans ce qui aura esté creusé, deux murailles, qui porteront une voûte, pour continuer laconduite, en laquelle 4 il faudra faire des puits de telle forte, qu'entre deux puits il y ait *AShts U. epuaretnte toises.
Si l’on conduit Teau dans des tuyaux de plomb ; on fer a fur la source un regard, A de- Bpuis ce regard jusqu’à l’autre qui est à l’entrée de la ville on posera les tuyaux dont les la-mes auront une épaisseur proportionnée à la quantité de l’eau. Les tuyaux seront fondusde la longueur de dix piez du moins, & chaque tuyau pefera douze cent livres s s’il est decent doits ; s’il est de quatre-vingts doits, il peseta neuf cent soixante livres ; s’il est de cin-quante , il peseta six cent livres ; s’il est de quarante, il peseta quatre cent quatre-vingt li-vres ; s’il est de trente, il peseta trois cent soixante ; s’il est de vingt, il peseta deux centquarante livres ; s’il est de quinze, il peseta cent quatre-vingt livres; s’il est de dix il pese-ta six-vingt livres ; s'il est de huit, il peseta quatre-vingt seize livre ; s’il est de cinq, il pe-seta quarante livres. Or ces tuyaux font ainsi appeliez de cent ou de cinquante doits, àcause de la largeur qu’ont les lames dont ils font faits avant que d’estre courbez. 6 Et c’est *ainsi que les tuyaux de plomb doivent estre faits pour la conduite des eaux. C
Que s’il arrive que depuis la source de la fontaine jusqu a la ville il y ait une pente con-venable, queles montagnes qui se rencontrent en chemin ne l’interrompent point parleur hauteur ; il faudra remplir de maçonnerie les intervalles qui font entre les montagnes,comme il a esté dit qu’ils le doivent estre pour les aqueducs ; & s’il se rencontre de hau-, tes montagnes, il faudra que la conduite des tuyaux se faste en tournant autour de la mon-tagne, pourveuque le détour ne soit pas grand. Mais si les vallées font fort longueson y conduira les tuyaux en descendant selon la pente ducosteau, sans les soutenir par
■prof rias duBiones : c’est-à-dire qu’ils ne pourront prendreque ce qui leur vient de leur réservoir par une conduite par-ticulière.
4. Il fa u dr a faire des puits Barbaro & ABaldus entendent par puteos des soupiraux qui doivent estrefaits d’espace en espace dans les Aqueducs ; mais ils n’ontpoint remarqué que l’espacede 120 pieds que contenois YA-ctwi, est moins que 10 de nos toises, & qu il est un peu biencourt j parce que de là il s’ensuivroit qu’il faudroic joo puitsen chaque lieue d’Aqueducs. De forte qu il y a apparencequ’aprés le mot d’ABus il y avoir le nombre, & qu’il fautlire Vt inter duos ( fcilicet puteos ) Jìnt ABus //. C’est*à-di«re qu entre chaque puits il y ait quarante toises, car il n’estpoint neceílaire de faire tant d’ouvertures quand il ne s’a-git que de donner de l’air aux’Aqueducs. Il est vray qu’àl’AqueducdeRoquencourproche Versailles qui est de plusde )ooo toises, les puits qui ont iz toises de profondeurfont à zo toises prez l’un de l’autre : mais ces puits n’oncpas tant esté faits pour donner de l’air, que pour la commo-dité du service de cet édifice qui perce une montagne qui En’est presque que de sables mouvans.
5. S’il EST DE cent doits. G'est-à-dire fi lalamedont on doit faire le tuyau, a cent doits de large , c’est-à-dire environ deux piez de diamètre fur dix piez de long,elle devra peser noo livres, & ainsi les autres à propor-tion.
6. Et c’est ainsi. Ea antem duBio , &c. Cecy n’estpoint le commencement d’une nouvelle matière, ainsi qu’ilsemble • mais la conclusion de celle qui a esté traitée , sça-voir des proportions que les tuyaux de plomb doivent a-voir: Car ce qui est dit ensuite , appartient généralement àla conduite de toutes sortes de tuyaux , soit qu’ils soient deplomb, soit qu’ils soient de poterie,
Qui empeschera que l’eau q_u i est des-T1 n e’e. Je me suis donné la liberté de paraphraser cet en-droit qui est fort obscur, je croy que Vitruve veut dire quel'eau qui est destinée pour les nécessitez publiques ne pourraestre détournée & mal employée aux fontaines jallistântes,parce quelle fera prise dans le Chasteau ou Regard par desconduits particuliers, l’un sortant du Réservoir D E, pourles bains, Sc l’autre du Réservoir F G , pour les maisonsdes particuliers : ce qui empeschera que les fontaines jallu-santes n’ayentd'autre eau que celle qui fera de reste dans lestemps de l’année où les eaux font abondantes. Ee texte por-te , Non enim pottrunt dvsrtorc çnm habwrint a capitihus