INTRODUCTION.
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Qu’est-ce que l’invention? C’est la conclusion cl'une série de re-cherches.
A vrai dire, l’enchaînement des différentes pensées nous reste àpeu près complètement caché, et nous devons, par suite, nous livrerà un travail intérieur pour essayer de le reconstituer. L’ensemblenous apparaît, en quelque sorte, comme une image légèrementesquissée ou déjà à moitié effacée, sur laquelle l’artiste lui-mêmen’a guère pu nous fournir plus d’éclaircissements que nous ne pou-vons nous en procurer en dehors de lui. Et, en réalité, cette com-paraison se trouve juste en plus d’un point. Sur chaque terrainnouveau de la création intellectuelle, la manière d’opérer de l’in-venteur est analogue à celle de l’artiste. D’un pied léger le géniefranchit l’échafaudage aérien de raisonnements qu’il a édifié lui-même à chaque nouveau point d’appui. 11 n’est que très-rarementpermis de demander compte de leurs enjambées à l’artiste ou àl’inventeur*.
Des observations analogues à celles qu’on peut faire sur un casisolé sont applicables à l’histoire de l’invention pendant une longuepériode, où l’on voit tous les efforts de l’esprit humain tendreà la production d’une chose nouvelle. Ainsi, par exemple, l’in-vention de la machine à vapeur se prolonge pendant près d’unsiècle**, sans faire d’autres progrès que ceux qui correspon-daient au développement nécessaire des autres connaissances scien-tifiques.
C’est à l’école de Galilée , dont la découverte des lois de la chutedes corps avait percé, comme un rayon de lumière, les nuages dela scolastique, répandus sur toutes les connaissances, que pritnaissance, au commencement du dix-septième siècle, la science del’observation de la nature, au progrès de laquelle se trouve intime-ment liée l’invention de la machine à vapeur. Ce n’est pas par hasardque cette science nouvelle fait scs premiers pas dans un pays oùl’art avait déjà atteint un développement si remarquable; art etscience prospèrent tous deux, à la fois, sur un riche sol. Aussi serait-on presque tenté de croire que les fiers Pisans n’avaient donné uneinclinaison à leur fameuse tour de marbre que pour faciliter lesexpériences de Galilée sur la chute des corps. En 1645, à Florence ,l’un des disciples de Galilée , Toriucelli, chez lequel la maturité de
* a I ous ne devez pas flairer mes tableaux, disait Rembrandt , les couleurs sont mal-saines. »
* Yoy. Y Abrégé de Vhistoire de la machine à vapeur, de Rouleaux.— Brunswick. 18G4.