HISTOIRE DU DÉVELOPPEMENT DES MACHINES.
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fer b et c sont fixées directement sur les traverses, comme desclous. Pour se servir de cet appareil, le tourneur se tient accroupisur le sol et met en mouvement, avec la main gauche, l’archet d,tandis qu’avec la main droite il tient le manche de l’outil; il se sertdu gros doigt du pied droit pour appuyer cet outil, en k, sur labarre de 1er f. L’habileté du tourneur égyptien est Irès-estiméc *.
Cet étrange appareil, dans lequel la clôture de force se trouveréalisée d’une manière beaucoup plus complète que dans les appa-reils précédents, ne peut certainement pas être considéré commeune transition directe entre la roue du potier cl le tour proprementdit. Il est, du reste, également assez invraisemblable que l’Europe méridionale ait pu prendre, comme modèle, le tour égyptien, dontle mode de construction rend précisément indispensable, pour l’ou-vrier, la position accroupie, position qui ne s’accorde guère avec leshabitudes des peuples d’Occident .
Au moyen âge, on rencontre un tour, dérivé sans aucun doute deceux de l’antiquité, dans lequel le mécanisme moteur repose encoresur le môme principe que celui du foret, précédemment décrit, maisprésente cependant de notables perfectionnements. Ce tour est restéen usage jusqu’à ce jour en Italie et, en générai, dans les pays del’Europe méridionale . La principale particularité de ce tour con-siste en ce qu’il n’exige plus, pour son fonctionnement, qu’un seulhomme, au lieu de deux. I’our se servir de cet appareil, le tourneurenroule autour de la l'usée, ou même souvent autour de la pièce àtourner elle-même (ce dernier procédé est certainement le plus an-cien), une corde ou une courroie, qui, à la partie supérieure, vientse fixer à une lame de bois flexible, formant ressort, et, à la partieinférieure, aune simple pédale (//>/. 105). Cette pédale, qui s’abaissesous la pression du pied du tourneur, se relève ensuite sous l’ac-tion de la tension que communique à la corde la lame flexible ; lapièce à tourner reçoit ainsi un mouvement de rotation alternatif, enavant et en arrière ; c’est seulement pendant le mouvement en avant,qui correspond à l’abaissement de la pédale, que le tourneur faitmordre son crochet**. Un atelier de tourneurs, en Italie , avec sonplafond dont se détachent en foule les cordes et les lames flexibles,produit une étrange impression sur l’ingénieur moderne; on re-trouve là vraisemblablement une copie assez lidèlc d’un atelier detourneurs de l’ancienne Rome .
* V. Description de l'Égypte , 2” édition, 1823, vol. XII, p. .452, PI. xv.
** Laboulaye désigne ce tour sous le nom de Tour en l’air, Cin., p. A03.