PRINCIPE CINÉMATIQUE DU PERFECTIONNEMENT DES MACHINES. 237
tare de force qui met cette tige en mouvement, par l’intermédiairedes paumes des deux mains ; c’est elle enfin qui maintient fixe lapièce de bois horizontale. Plus tard, on a recours à l’emploi d’uncordon et l’on introduit un appui à la partie supérieure ; c’est là l’in-dice d'un grand progrès machinal, puisque, grâce à l’addition deces deux nouveaux éléments cinématiques, la force musculaire àdépenser, pour produire le mouvement, se trouve diminuée et réduiteà une simple action de traction alternative sur les deux extrémitésdu cordon, tandis qu’antérieurement les mains devaient, en mêmetemps, exercer une pression sur la tige de bois et lui communiquerun mouvement de rotation alternatif. Toutefois, l’un des élémentsajoutés, le cordon, est encore à clôture de force, et c’est égalementpar clôture de force qu’il est relié cinématiqucment à la pièce debois, autour de laquelle il est enroulé.
Si nous suivons cet appareil à mouvement alternatif, depuis lemoment où, sous la forme de foret, il est utilisé par les construc-teurs de palalittcs, pour être plus tard employé, à peu près sansmodifications, par les charpentiers de vaisseaux mentionnés dansl’Udyssée, jusqu’à l’époque où il est arrivé à donner le tour primitif,nous pouvons constater qu’il a subi, dans cet intervalle, de notablesperfectionnements. En premier lieu, la double clôture de forcedans les supports de la pièce mobile a disparu, puisque, grâce àl’addition de la seconde pointe du tour, on a obtenu un système desupports à clôture par couples. Le mouvement de la corde motricea également subi une transformation avantageuse; non-seulement,.e n effet, les extrémités supérieure et inférieure de la corde, grâceà l’action de la perche élastique et de la pédale, auxquelles ellessont respectivement fixées, se trouvent forcées de parcourir des tra-jectoires assez bien déterminées, résultat qui correspond à l'ad-dition de deux membres dans la chaîne cinématique, mais encore lemouvement de retour de toutes les deux est assuré par la forceaccumulée dans le ressort, de telle sorte que le tourneur n’a plus àproduis que le mouvement en avant. Comme ce dernier s’obtientfacilement au moyen du pied, il en résulte que les mains restententièrement libres pour conduire l’outil. 11 convient, d’ailleurs, deremarquer que le nouvel élément qui fait l’office de ressort, laperche du tour, est encore à clôture de force, de même que l’actionintermittente du pied sur la pédale, qui ne se produit que dans unsens. Le tour des Kalinouks, précédemment décrit, peut être con-sidéré comme l’un des degrés intermédiaires, qui nous sont incom-