EXPOSÉ DES IDÉES DOMINANTES.
503
maintenant, en les considérant dans leur ensemble, avec leurs rela-tions mutuelles, les soumettre à une revue qui doit avoir princi-palement pour résultat de nous fournir, sur la nature et l’usagedes machines, des conclusions que nous n’avons pas pu introduirejusqu’ici dans le cercle de nos considérations.
Nous devons naturellement commencer par résumer d'abord lesidées jusqu’ici dominantes, pour voir jusqu’à quel point elles sontapplicables ou quelles sont les rectifications qu’il convient de leurfaire subir. Déjà, dans Y Introduction, nous avons fait allusion àune conception, exlrêmemement répandue, de la nature de la ma-chine complète, qui a spécialement été mise en lumière par Ponce-let et qui, grâce à l’autorité de cet illustre savant, s’est surtoutintroduite dans l’école française. D’après ce mode de conception,une machine complète est, d’une manière générale, le résultat dela combinaison de trois parties ou groupes de parties, savoir :
Récepteur, transmission et opérateur.
Sous le nom de récepteur, on entend cette partie ou ce groupede parties sur lequel s’exerce directement l’action de la force mo-tricen aturcllc, pour lui transmettre le travail mécanique à utili-ser; l’opérateur, ou l’outil, est la partie par l’intermédiaire de la-quelle ce travail se trouve directement réparti, pour produire lesmodifications nécessaires, dans le corps à travailler; enfin, entrele récepteur et l’outil, dont les mouvements, dans la plupart descas, ne sont pas identiques, existe la transmission, destinée à com-muniquer le mouvement du premier au second. Cette conceptionse présente sous une forme si simple, on pourrait même dire sinaturelle, qu’on se trouve tout d’abord prévenu en sa faveur. Pon-celet lui-même en parle avec un calme cl une assurance tout à laitconvaincants*. Il n’exprimait pas, d’ailleurs, ainsi une idée qui,pour son temps, fût tout à fait nouvelle : il ne faisait guère, enréalité, que résumer ce qui était déjà connu et plus ou moins ad-mis, en lui donnant la forme de propositions déterminées, qui sontdevenues les véritables fondements de l’étude des machines enfranco. On 11e saurait nier, du reste, qu il 11 existe, en laveur decette conception si simple en apparence, et si facile à saisir, cer-
Traite de mécanique industrielle , III e partie, § 11. « La science des machines,ainsi envisagée, se compose donc de la science des outils, de la science des moteurs et delàscience des communicateurs ou modificateurs du mouvement. »