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Ij’île de Délos a été si bien décrite par Spou, Wheler, Tournefort, et autres, qu’il n’y apresque rien à ajouter aux détails dans lesquels ils sont entrés : plusieurs des objets qu’ils yont vus n’existent plus aujourd’hui. Ce qui nous parut mériter principalement notre attention,ce fut le temple d’Apollon, et le portique de Philippe., roi de Macédoine : je n’ai vu nulle partd’exemple de dorique plus élégant et mieux approprié aux usages profanes, que celui queprésentent les ruines de ce dernier édifice.
Délos , si célèbre autrefois, ce rendez-vous de tant de nations diverses, ce lieu consacré parla religion, où se déployait annuellement Ta pompe de ses cérémonies et de ses fêtes, n’estplus aujourd’hui qu’un désert inhabité, par-tout jonché de ruines, dont la variété et le travailélégant attestent encore sa population et sa splendeur passées. Les seuls animaux que nousy vîmes, outre les lapins et les serpents, étaient quelques moutons, transportés de Mycone,île voisine, pour consommer le peu d’herbe qui croît au milieu des débris dont le sol estcouvert. Les voyageurs qui ont visité Délos , y ont été fort incommodés par le manque d’eau;c’est par cette raison que dans ma carte topographique, j’ai indiqué, parmi d’autres détails,la situation d’un excellent puits. Les débris des monuments antiques, intéressants pour l’artou pour l’histoire, diminuent continuellement dans cette îleî 1 ), à cause de l’usage où sontles Turcs de placer une colonne de marbre sur la fosse de leurs parents ou de leurs amis,du côté de la tête. De misérables sculpteurs de cette nation viennent ici tous les ans, choisirpour cet emploi les fragments d’antiquités qui leur paraissent convenables, et les façonnenten gravant la figure d’un turban au haut de la pierre monumentale. Ils emportent aussid’autres morceaux, pour servir de linteaux de porte ou de fenêtre ; de sorte que, dans peud’années, l’île se trouvera aussi nue que lorsqu’elle parut pour la première fois au-dessus dela surface de la mer. La description et la carte, données par M. Tournefort, sont toutes deuxfort exactes; mais par malheur nous n’avions pas avec nous son Voyage au Levant, et nousne l’avions pas lu avant notre retour en Angleterre ( 2 ).
Nous allons offrir les deux exemples d’ordre dorique dont nous avons parlé plus haut, etqui nous ont paru excellents, chacun dans son genre. L’un appartient, à ce que je crois, au
(1) En 1785, il ne restait plus qu’un seul autel deinarbre, entièrement brisé, et des monceaux de ruines ,parmi lesquelles on ne distinguait pas une seule pierrede forme régulière, un seùl fragment d’ornements. O11dit que les antiquités, décrites dans ce chapitre, ont étéemportées par une flotte russe , pendant la dernièreguerre contre les Turcs.
Note de VEditeur.
(2) M. Reveley, qui avait le voyage de Tournefort’, atrouvé ses descriptions en général exactes : mais commeune grande partie des antiquités que ce voyageur avaitvues, ont été ou emportées, ou détruites, ou convertiesen chaux, ces îles sont aujourd’hui moins intéressantes.Elles sont, en même temps, moins peuplées et moinsbien cultivées; quelques-unes sont même entièrementdésertes et incultes , et l’île de Délos est de ce nombre.
Note de F Editeur.