manière à se trouver inclinés tantôt à droite en formant descristaux dextrogyres, et tantôt à gauche en donnant naissance àdes cristaux lévogyres. C’est ce qu’ont révélé à la science lesbeaux travaux de M. Pasteur sur les circonstances qui accompa-gnent la cristallisation de l’acide tartrique, et les importantesmodifications qui résultent du sens suivant lequel se groupentles molécules, qui, par leur réunion, concourent à la formationde ces cristaux ; travaux dont le célèbre Biot a fait la base dela plus sublime des théories, qui ait encore été présentée à l’ac-ceptation de la science physique moderne, sur la constitutionintime des corps.
Les axes, appartenant à des séries de cristaux égaux et sem-blables, peuvent aussi très-probablement, constituer des nappesdont les axes homologues sont alternativement inclinés d’unemanière égale et régulière, soit à droite, soit à gauche del’axe principal du cristal, de manière à introduire dans sonorganisation des variations qui font changer toutes ses pro-priétés.
L’observation directe ne pouvant rien nous révéler sur l’or-ganisation intime des cristaux, puisque, par suite de leur exces-sive tenuité, leurs parties constituantes échappent complète-ment au témoignage de nos sens, même aidés par tout ce que lascience de l’optique a pu inventer de plus parfait, ce sont lesmanifestations accessibles à nos observations qui sont le résul-tat de l’assemblage de ces corps que nous devons consulter pouren induire ce qui, dans des circonstances analogues, reste, parsa nature même, caché à nos observations directes. Ainsi lescristaux rliomboédriques, dont l’angle des faces avec l’axe prin-cipal du cristal est de 3o°16', ne divisent pas le rayon lumineux,tandis que le cristal analogue, connu sous le nom de spathd’Islande , dont le même angle est de 37°27' détermine cettedivision au plus haut degré. Mais la différence de 2°11'entre lesinclinaisons des faces sur les axes de ces divers cristaux, com-parée avec celle que pourrait introduire dans la constitutionde ces corps, les diverses inclinaisons des axes et des faces dessolides n° i etn° 2, sous l’empire desquels on pourrait concevoirque se sont formées les combinaisons qui ont donné naissanceà l’un ou à l’autre de ces deux cristaux ; cette différence, dis-je,ne pourrait-elle pas amener des rapprochements qui jetteraientune vive lumière sur la constitution intime de ces corps, et surles circonstances qui accompagnent la formation des cristaux qui
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