quantité de mouvement inhérente à chacun de ces corps estévidemment représentée par la somme des molécules qui lesconstituent, multipliée respectivement par le carré de la vitessedont elles sont animées, vitesse relative aux distances où ellesse trouvent placées du centre de gravité. Et la somme, ou inté-grale de ces quantités de mouvement, est égale et représentée,aussi, par la masse de toutes ces mêmes molécules multipliéepar l’espace qu’elles ont parcouru depuis le moment, et le pointoù elles se trouvaient placées à l’origine du temps où elles ontcommencé à se mettre en mouvement, jusqu’à celui où on lesconsidère. J’ai du reste développé toutes ces considérations dela manière la plus étendue dans une lettre que j’ai adressée le15 septembre 1852 à M. Babinet, de l’Institut, et qui a été im-primée à cette époque dans le Cosmos, relative à la manière dontont dû se constituer les univers qui peuplent l’espace.
Les molécules matérielles primitives affluant de toutes lesparties de l’espace qui comprend la nébuleuse à laquelle nousappartenons et se dirigeant au centre de gravité, il a dû enrésulter, vers ce point, une immense accumulation de matièredont l’agrégation a donné naissance au soleil. Toute la quantitéde mouvement acquise par ces molécules pendant leur trajet,par suite de ce rapprochement, a été employée en entier à pro-curer à la masse solaire, qui devait son existence à cette concen-tration de molécules matérielles, un mouvement de rotation surelle-même, puisqu’en ce point il n’existait, et il ne pouvaitexister, aucun mouvement de translation qui eût absorbé et sefût approprié une certaine quantité de ce mouvement. Il estrésulté de l’accomplissement obligé de', ces lois, et de ce grandmouvement de rotation de la masse solaire, que la densité dusoleil est restée au-dessous de celle des astres qui accomplissentleurs révolutions dans les régions les moins éloignées de lui, etqu’il a échappé, de cette manière, complètement à l’une de ceslois cachées à nos yeux, d’où il semble résulter d’une manièregénérale, que la quantité des corps célestes qui forment lecortège du soleil est d’autant moindre qu’ils se trouvent eux-mêmes à une plus grande distance de cet astre.
Ces considérations amènent à comprendre avec quelle énergiedoivent agir à la surface du soleil, les molécules p, qui y affluentde toutes les parties de l’espace et y exercent leurs actions pourdistendre et disséminer dans ce même espace, avec d’immensesvitesses, les molécules m dont l’ensemble et laréunionconstituent