l’homme avec les positions respectives des astres au moment desa naissance ; la prétention des alchimistes de découvrir, sonsle nom de pierre philosophale, une panacée universelle anmoyen de laquelle il serait possible de prolonger indéfinimentla vie humaine et de transmuter en or, à volonté, tous les corpsexistants dans la nature; l'inqualifiable fatras sur lequel futbasé, à une époque déjà reculée, le mode d’envisager le méca-nisme du mouvement des planètes autour du soleil, qui fit direà Alphonse roi d’Aragon, qui, demandant aux astronomes deson temps de lui expliquer leurs idées à ce sujet, et voyant leurshésitations, leurs incertitudes et l’obscurité de leurs opinions etde leurs discours, les interrompit pour leur dire que si Dieu l’avait appelé à son conseil lorsqu’il créa le monde, il pensaitqu’il lui aurait donné de bonnes idées pour faire les chosesmieux qu’elles n’étaient! ou bien la théorie de Scheele sur lephlogistique, que, faute de mieux, mais avec plus d’esprit et deraison, ce chimiste avait inventée pour expliquer les phénomènesde la combustion et de l’oxydation des métaux, etc., etc.
On peut ajouter à cette longue nomenclature d’autres erreursencore debout, et entre autres celle professée par Poisson, dansson Traité de mécanique, qui n’a été jusqu’ici contredit que parmon oncle Montgolfier et par moi après lui, que le temps duchoc des corps entre eux est si petit, qu’on peut en faire abstrac-tion, le regarder comme nul, et considérer la communicationdu mouvement qui en est la conséquence comme instantanéeet proportionnelle aux vitesses ! Idée risible de la part d’un grandgéomètre inféodé à la théorie du calcul différentiel et intégral,qui, gravement, anéantit d’un seul mot toutes les phases variablesd’un espace de temps visible, tangible, apparent, en lui refusantle caractère du mouvement varié qu’il possède éminemment,tandis qu’il reconnaît, et admet implicitement, que les différen-tielles des ordres les plus élevés renferment en elles le caractèrede la variation, et sont empreintes de ce caractère.
Une autre assertion non moins hasardée est celle qui a étémise en avant et propagée par Carnot, Laplace, Poisson et tousleurs contemporains, savoir : « que toutes les fois qu’un corps<( en mouvement n’éprouve pas des changements brusques dans« la direction, il conserve toute la vitesse et par conséquent toute« la quantité de mouvement dont il était pourvu ; mais que dans« le cas contraire et lorsqu’il est dévié brusquement de sa route« par suite d’une cause quelconque, il perd une certaine quan-