« tité de cette même vitesse proportionnelle à l’intensité de la« cause qni a agi sur lui pour changer la direction de son mou-« veinent. »
Dans l’exposition du système du monde, Laplace partage im-plicitement toutes ces erreurs, en disant « que le cas où plu-« sieurs corps en repos dans l’espace et à distance, soumis à« leurs seules influences et exerçant leurs actions attractives les« uns sur les autres, finiraient par former une masse immobile« au centre commun de gravité, est infiniment peu probable ! »Et l’on ne peut, en lisant les ouvrages de Newton, se défendrede l’idée que lui-même 11e partageât une erreur sous l’empire delaquelle se trouvaient tous ses contemporains, parce que, sansdoute, les éléments nécessaires à la résolution de cette questionfaisaient défaut alors, ou bien qu’il les trouvait trop incompletset insuffisants pour se décider à appliquer à un sujet, cependantsi intéressant, les vastes ressources de son esprit éminemmentjuste et droit.
Newton, aux regards profonds duquel rien n’échappait, pos-séda éminemment la philosophie de la science qu’il fit marcherà pas de géant pendant toute sa vie, laissant loin derrière luitous ses contemporains. A la faculté qu’il possédait au plushaut degré d’éclairer les questions les plus ardues dont la so-lution venait se présenter à son esprit, se joignait chez luil’aptitude de résoudre analytiquement les questions, dont ladémonstration ne pouvait être complétée que par l’emploi del’analyse infinitésimale dont il avait si victorieusement doté lascience, et qu’il avait pris de suite l’habitude de manier avectant d’habileté ; et s’il était venu à la pensée, de Newton, commeil est arrivé à Biot à qui il semblait avoir légué la continuationde son génie, que les molécules, comme les corps célestes, sontdouées de la force attractive proportionnelle aux masses, et réci-proque aux distances, il aurait avancé de plus d’un siècle l’épo-que où ceux qui devaient le suivre dans la carrière que luiseul avait parcourue à pas de géant avec tant de gloire, ont misau jour et tiré les conséquences de cette grande vérité.
Laplace, chef de la célèbre école analytique qui domine ac-tuellement la science, fut un grand géomètre! Il a reculé lesbornes de la puissance du calcul au delà des limites auxquelles1 homme pouvait raisonnablement espérer d’atteindre ; aumoyen de sa sublime analyse il a démontré, jusque dans leursdernières limites, quelles étaient les conséquences des prin-