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cipes invariables qui avaient été posés et établis d’une manièreinattaquable par Newton. Mais il ne faut pas se dissimulerqu’en acceptant les données qui lui avaient été léguées par legrand maître son illustre devancier qui l’avait précédé danscette sublime carrière et auquel il croyait, avec juste raison,devoir accorder une parfaite confiance, Laplace a ouvert unchamp et donné un exemple funeste à des savants souvent d’unhaut mérite et d’un incontestable talent, qui, se croyant appelésà marcher sur ses traces, ont consacré leur temps, leurs veilleset leurs capacités à résoudre des questions oiseuses et à créer,sous le nom de mécanique rationnelle, une science spéculativesans objet, en contradiction avec les faits, basée sur des prin-cipes faux et 11 e pouvant avoir d’autre but, de leur aveu même,que de conduire à des résultats que l’expérience, ce critériumde toute vraie doctrine, ne vient pas confirmer.
Toutes ces vérités, du reste, ressortent de la manière la plusévidente de la discussion qui eut lieu le 19 janvier 1857, entreles membres de l’Académie des sciences les plus éminents et lesplus aptes par leur mérite et leur savoir à trancher de pareillesquestions. Il est évident que la marche de l’esprit humain versle progrès restera stationnaire autant de temps que cet état dechoses se perpétuera, et que la science officielle persistera à re-pousser sans examen, tout ce qui n’est pas inscrit dans le codequ’elle a adopté comme la limite de ce qu’il est défendu à l’en-tendement humain de dépasser. Et c’est en gardant le mutismesur les plus belles conceptions des hommes de génie qui hono-rent notre époque, autant de temps que durera la phase si fu-neste à l’avancement des sciences que nous traversons en ce mo-ment, que les partisans des vieilles doctrines usées et surannéesespèrent perpétuer un état de choses sur lequel déjà la lumièrebrille de toutes parts d’une manière si éclatante. Cette manièrede substituer des idées préconçues aux faits, des opinions for-mées d’avance en contradiction avec les enseignements de l’ex-périence, et de se borner à considérer la science comme appeléeseulement à déterminer, dans des limites vraies ou fausses, lesenseignements qui forment le fonds commun sur lequel elles’exerce, prolonge le règne et perpétue le triomphe d’un état dechoses déplorable dont gémissent les savants auxquels on pré-tend imposer ces utopies comme les limites de ce que leur capa-cité ne doit ni ne saurait dépasser.
Sans doute l’on ne peut affirmer d’une manière absolue que