Buch 
Mémoire sur les causes et sur les effets de la chaleur de la lumière et de l'électricité / par M. Seguin aîné
Entstehung
Seite
78
JPEG-Download
 

78

cipes invariables qui avaient été posés et établis dune manièreinattaquable par Newton. Mais il ne faut pas se dissimulerquen acceptant les données qui lui avaient été léguées par legrand maître son illustre devancier qui lavait précédé danscette sublime carrière et auquel il croyait, avec juste raison,devoir accorder une parfaite confiance, Laplace a ouvert unchamp et donné un exemple funeste à des savants souvent dunhaut mérite et dun incontestable talent, qui, se croyant appelésà marcher sur ses traces, ont consacré leur temps, leurs veilleset leurs capacités à résoudre des questions oiseuses et à créer,sous le nom de mécanique rationnelle, une science spéculativesans objet, en contradiction avec les faits, basée sur des prin-cipes faux et 11 e pouvant avoir dautre but, de leur aveu même,que de conduire à des résultats que lexpérience, ce critériumde toute vraie doctrine, ne vient pas confirmer.

Toutes ces vérités, du reste, ressortent de la manière la plusévidente de la discussion qui eut lieu le 19 janvier 1857, entreles membres de lAcadémie des sciences les plus éminents et lesplus aptes par leur mérite et leur savoir à trancher de pareillesquestions. Il est évident que la marche de lesprit humain versle progrès restera stationnaire autant de temps que cet état dechoses se perpétuera, et que la science officielle persistera à re-pousser sans examen, tout ce qui nest pas inscrit dans le codequelle a adopté comme la limite de ce quil est défendu à len-tendement humain de dépasser. Et cest en gardant le mutismesur les plus belles conceptions des hommes de génie qui hono-rent notre époque, autant de temps que durera la phase si fu-neste à lavancement des sciences que nous traversons en ce mo-ment, que les partisans des vieilles doctrines usées et surannéesespèrent perpétuer un état de choses sur lequel déjà la lumièrebrille de toutes parts dune manière si éclatante. Cette manièrede substituer des idées préconçues aux faits, des opinions for-mées davance en contradiction avec les enseignements de lex-périence, et de se borner à considérer la science comme appeléeseulement à déterminer, dans des limites vraies ou fausses, lesenseignements qui forment le fonds commun sur lequel ellesexerce, prolonge le règne et perpétue le triomphe dun état dechoses déplorable dont gémissent les savants auxquels on pré-tend imposer ces utopies comme les limites de ce que leur capa-cité ne doit ni ne saurait dépasser.

Sans doute lon ne peut affirmer dune manière absolue que