Revue d’Edimbourg . Plus tard, j’ai développé complètement manouvelle théorie sur l’identité de la chaleur et du mouvementdans mon ouvrage sur l’influence des chemins de fer, qui a étéimprimé en 1838 chez Bachelier. Et enfin, en 1859, j’ai écrit unlong mémoire sur l’origine et la propagation de la force qui aété inséré dans le treizième volume du Cosmos , où j’ai accumulétoutes les considérations, les preuves et les démonstrations quej’ai pu rassembler, pour faire constater et faire prévaloir lavérité de ces principes.
Aujourd’hui encore je viens attaquer de front, environnéde toutes les considérations et de toutes les preuves que j’aipu réunir la théorie de l’éther, sur laquelle repose la sciencede l’optique moderne considérée, à juste titre, comme labranche la plus importante de la physique. On trouvera, sansdoute, qu’il faut un grand courage pour affronter les opposi-tions et les objections de toute espèce que fera naître, parmiceux qui par leur position sociale ont intérêt à rester attachésaux doctrines scientifiques actuellement reçues et acceptées, laprétention que j’émets d’y substituer des idées nouvelles, dontl’adoption aurait pour résultat d’anéantir un mode d’enseigne-ment auquel ils considèrent que se trouvent liées leur réputationet leur existence scientifique ; mais, ainsi que je l’ai déjà fait re-marquer, il est éloigné, et il faut le compter par générations, letemps qui doit s’écouler entre la reconnaissance d’un principe quiexige, pour être apprécié, des connaissances à la portée de si peude personnes, principe cependant reconnu vrai déjà par les plushautes sommités scientifiques, et l’époque où il sera générale-ment adopté par la science et aura passé dans l’enseignement.
En résumant la théorie de l’étlier, avec un sentiment dégagéde toute idée préconçue et indépendant de toute autre considé-ration que celle de l’amour de la vérité, on ne peut s’empêcherd’être frappé du disparate complet et de l’opposition flagrantequi a lieu actuellement entre cette théorie et les nouveauxprincipes qui sont le résultat des progrès qu’a faits la sciencede nos jours. Cet agent auquel, faute de mieux, des hommesrecommandables à tous égards s’étaient rattachés en donnantà son existence une réalité fictive, ne peut plus se soutenir, etl’on doit bien forcément en faire l’abandon. Il faut, en effet,exiger de son esprit un singulier tour de force, pour se persua-der qu’un être auquel on refuse tous les attributs et toutes lespropriétés de la matière puisse, cependant, exercer dans certains