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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1796 .

touc, mais la droite, séparée des deux autres par le lac de Garda, n’apoint de secours à en attendre. Attaquée par la masse de l’armée fran-çaise , elle doit plier sous le faix; et si, après l’avoir mise hors de combat,on se retourne contre le centre des impériaux, on a la chance de leprendre au dépourvu cherchant à la rallier, et de les aborder toujours ànombre égal; ce fut ce qui arriva, mais au prix de prodiges inouïs devaleur et d’activité.

On sacrifia le siège de Mantoue , ses grands travaux, son riche maté-riel; on laissa au feld-maréchal la joie du premier succès, celle de déli-vrer et de ravitailler la place; et l’armée entière, se portant sur la gauche,courut à Quasdanowich, résolue à ne point lui laisser dépasser la pointedu lac de Garda.

Toute la journée du 3i et la nuit suivante furent consacrées à trans-porter les divisions françaises du Mincio àla Chiese . Pendant qu’elles dé-bouchaient, Saurct et Dallemagnc, devenus avant-garde, marchèrent, lepremier sur Salo , le second sur Lonato, qu’il trouva occupé. Sauretchargea en flanc l’ennemi, toujours aux prises avec Guyeu, et lui enlevaSalo . Dallcmagne éprouva plus de difficultés; mais les renforts arrivant,il mit enfin en déroute la division autrichienne, qui se retira fort affaibliesur Gavardo, où elle rejoignit les troupes chassées de Salo .

Pendant la nuit, Serurier enleva scs canons, détruisit les affûts, etconduisit sa division à Bozzolo pour garder, à tout évènement, la routede Crémone, et donner le change au feld-maréchal. Àugcreau, par laroute de Castiglione, Massena, par celle de Lonato, continuèrent à mar-cher sur Brescia .

Le x er août, dans la matinée, Augereau parut aux portes de cetteville; la division ennemie ne la défendit pas, elle se hâta de gagner lespositions de Saint-Osetto. Cependant Quasdanowich ayant apprisque Sauret s’était retiré dès la veille à Dezenzano, rentra dans Salo ;mais son corps d’armée, déjà presque désorganisé, n’inspirait plus àBonaparte d’inquiétude sérieuse. Il fit poursuivre la droite par Despinois,à la tête de quelques bataillons; puis, chargeant Dallemagne et Guyeud’en finir avec le reste, il tint le surplus de ses forces prêt à sc portercontre d’autres ennemis.

De l’autre côté Davidowich, la cavalerie et le matériel de Wurmserdéfilèrent par les ponts deVérone, ou l’armee impériale se forma en troiscolonnes, chacune d’environ 15,ooo hommes, qui sc mirent en marchepour le Mincio : Bayalitsch par Peschicra, Lyplai sur Borghetto, et lefeld-maréchal en personne sur Mantoue .

Le lendemain, les deux premiers commencèrent à manœuvrer pourouvrir la communication avec Quasdanowich, Bayalitsch, ayant mas-