438 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
que Peschicra passa la rivière. Lyptai rétablit le pont qu’on avait faitsauter et entra dans Borghetto ; l’un et l’autre poussèrent les arrière-gar-des que Massena et Augereau avaient laissées sur le Mineio.
Wurmser fit à Mantoue une entrée triomphante à la vue des travauxabandonnés, du matériel détruit. A la nouvelle delà retraite de Seru-rier, il crut avoir jeté l’année française au-delà de l’Oglio .
Pendant cette même journée, Guyeu, Dallemagne et Despinois fu-rent constamment engagés contre Quasdanowicb. Après une suite decombats partiels livrés à Salo et à Gavardo et dans le val de Sabbia, oùil éprouva de grandes pertes, le général ennemi replia le gros de sesdivisions à Terminé Bonaparte tout-à-fait rassuré sur sa gauche, ordonnaà Massena et à Augereau de faire volte-face et de marcher au secours deleurs arrière-gardes toujours pousséos par les deux colonnes opposées.L’une arriva eu bon ordre à Lonato, Valette à la tête de l’autre se lais.sarompre et abandonna aux impériaux la position de Castîglionc qui luiétait indiquée comme point de ralliement. Les deux divisions françaisespassèrent la nuit à Pontc-San-Marco et Monte Chiaro.
Ainsi se vérifiaient les prévisions de Bonaparte. Quasdanowicb réduit àla défensive ne songeait plus qu’à s’affermir eu attendant le secours duleld-marécbal ; Bayalitsch et Lyptai ne pouvaient le dégager qu’en écra-sant les ao,ooo hommes d’Augereau et Massena. On avait le temps de lesécraser eux-mêmes avant que Wurmscr, tout entier à la joie d’occuperMantoue et de poursuivre Serurier, pût être détrompé.
Le 3 août, taudis que les détachcmens de la gauche harcelaient lecamp de Termini , le général en chef donna l’ordre à Augereau de dé-poster Lyptai, et lui-même conduisit Massena contre Bayalitsch. Celui-ciavait pris l’initiative, dès l’aube il avait culbuté l’avant-garde, fait pri-sonnier Pijon qui la commandait et enlevé Lonato. U s’étendait déjàsur sa droite attiré par le canon de Quasdanowicb qui se faisait enten-dre dans le val de Sabbia, quand Bonaparte, formant en colonne serrée,flanquée par un régiment de dragons, les 18 e et 32 0 demi-brigades, sejette sur son centre et le rompt en deux tronçons; l’un fuit vers le Min-cio, l’autre débordé par la colonne d’attaque cherche à gagner le lac etla route de Salo . Bonaparte lance à toute bride son aide-de-camp Junot etun régiment de cavalerie pour le charger en tête, et lui interdire le re-tour sur Dezenzano; en même temps, il le fait poursuivre par un corpsd’infanterie. Junot tue de sa main six hulanset tombe grièvement blessé;mais son mouvement réussit, la colonne ennemie ( 4 ooo hommes environ)est rejetée sur Salo , puis apprenant que cette ville est occupée parGuyeu, elle s’enfonce à l’aventure dans les montagnes.
Cependant Bonaparte se portait au secours d’Augereau; du côté de