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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1798.sant ses Mamelucks il s’élança contre Desaix résolu d’arrêter à tousprix un mouvement si décisif. Sa détermination soudaine compromit unmoment le succès de l’armée. Les rangs de Desaix rompus par le terrainlaissaient des ouvertures, mais la tête des Mamelucks arriva peu nom-breuse. On la contint, on gagna quelques minutes qui suffirent pour rec-tifier le carré, et leur masse échoua contre la fermeté de l’infanterie. Cescavaliers, si brillans, si intrépides, n’avaient aucune idée des manœuvreseuropéennes. Ils chargèrent en désordre ; les uns, entraînés par l’in-stinct de leurs chevaux, voltigeaient autour des carrés, cherchant à fairebrèche ; d’autres poussaient jusqu’à la pointe des baïonnettes et se faisaienttuer about portant; on en vit pleins de rage se brisant contre ces terriblesmurailles de fer, tourner leurs chevaux agiles, les cabrer etse laisser glissersur la tête des imperturbables fantassins. Vain dévoûment ! Ils mouraientsans ébranler leurs adversaires aguerris. Enfin la troupe entière, courantde Desaix à Reynier et de Reynier à Desaix, écrasée par la mitraille etla mousqueterie s’enfuit en désordre. Quelques-uns se rejetèrent sur lecamp; Mouradjugeant que tout était perdu conduisit le reste à Gizeli .

Tel est l’ascendant des nations occidentales : une charge de cavaleriemanquée livra l’Egypte à Bonaparte, et la milice des Mamelucks , noblereste des institutions du moyen Age, comparable de tous points aux che-valiers de cette époque, s’évanouit en un instant devant des fantassinsrecrutés depuis 4 à 5 ans dans les villages de France .

A peine dégage de leur attaque, Desaix poursuivit Mourad et ne tardapas à prendre possession de Gizch. Cependant Bonaparte jeta le carré oùil s’était placé entre le camp et les Mamelucks, en s’appuyant au Nil , etles divisions Bon et Menou donnèrent l’assaut des retranchemens qui fu-rent enlevés en un clin-d’œil. La défaite des Mamelucks , le désordre deceux qui avait été ramenés dans Embabeh, avaient découragé l’infante-rie; elle ne tira pas 200 coups de canon, tout s’enfuit, les uns par laroute de Gizeh, où Bonaparte leur barra le passage; les autres en traver-sant le Nil ; un grand nombre périt dans les flots.

De son côté l’armée orientale, en voyant le combat engagé sur larive droite, s’était mise eu prière. Les plus généreux montèrent surdes bateaux pour prendre part à l’action, mais à leur arrivée elleétait décidée; ils rejoignirent Ibrahim, et les Français tournaut lescanons du camp contre leur flottille, l’incendièrent. Aussitôt Ibra-liirn, le pacha, les jauissaires, évacuèrent la ville par la route de Syrie .Apres leur départ les Arabes , la populace, se livrèrent aux plus gravesexcès.

Toute l’armée occidentale avait disparu, abandonnant canons, bagages,et les tentes du camp. Mourad s’échappa dans le Faïoum avec 3ooo Ma-