Buch 
Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
Entstehung
Seite
172
JPEG-Download
 

172 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

melucks ; plus de 10,000 Musulmans avalent péri ; du côté dos Français la

perte en tués et blessés ne s’éleva pas à 3 oo hommes.

Le soir Bonaparte porta le cpiartier-général à Gizeh . Le lendemain, aupoint du jour, il fit prendre les îles qui partagent le Nil en plusieurs bras.Ou s’en empara sans peine, et l’on n’attendit plus que la flottille pour trans-porter l’armée sur l’autre rive, et brusquer l’attaque du Caire . Mais laflottille était retenue par le défaut d’eau. Ou ignorait ce qu’était devenue1 armée orientale; on craignait de lui donner le temps de se reconnaîtreet d’être forcé de livrer une seconde bataille; mais elle était déjà disper-sée. Cependant le pillage du Caire continuait, on dévastait, on incen-diait les palais des beys. Les ulémas et les scheicks, consternés, envoyèrentune députation au camp pour demander merci et secours. Enfin le a 5dans l’après-midi, Bonaparte fit son entrée au Caire avec un petit nombrede troupes; ses proclamations, la discipline sévère observée par les soldats,leur soin de payer chèrement des provisions dont on croyait qu’il al-lait s’emparer, rassurèrent les habitans. Bientôt cette grande ville re-prit son aspect accoutumé.

Maître de la capitale de l’Égypte , le général en chef prit des mesurespropres à assurer la soumission du pays ; secondé d’ailleurs par les pré-jugés populaires qui enchaînaient le sort des provinces à celui de la mé-tropole. La division Desaix s’établit dans un camp retranché, au-des-sous de Gizeh , pour contenir Mourad. Des colonnes mobiles se répandi-rent, aux environs du Caire , pour réprimer les excursions des Arabes.Trois détachemens marchèrent sur Mansourah, Damiette et Suez ; Kleberfit ses efforts pour maintenir la communication entre Alexandrie et le Nil ;enfin Bonaparte se mit en devoir de rejeter Ibrahim au-delà du désert quisépare l’Égypte de la Syrie .

Le bey s’était d’abord arrêté à Belbeis, mais 011 trouva la positionévacuée; A Salhieh, le général en chef en s’avançant en reconnaissanceavec son état-major, et trois cents cavaliers, se heurta contre 400 Mame-lucks qui couvraient l’arrière-garde ennemie. Les Français n’hésitèrentpas à charger; 200 hommes se jetèrent tête baissée sur ces redoutablesadversaires qui, loin de plier, les enveloppèrent. Le combat ne fut plusdès-lors qu’une mêlée. L’escorte de Bonaparte, les généraux, les aides-dc-camp, lui-même, mirent l’épée à la main. Leur exemple exalta les soldatset, dans les engagemens où le courage individuel fut substitué à la tac-tique, la victoire leur resta fidèle. Ibrahim, s’enfonçant dans le désert, nelarda pas à franchir la frontière de l’Asie .

L’expédition d’Egypte se présentait sous de brillans auspices; d’ha-biles combinaisons et une bataille décisive avaient livré à l’armée lacapitale et divisé les forces des Mamclucks. Ibrahim vidait le pays,