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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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180 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

avant-postes de Lemoine, et engagea le combat dans l’étroite valide quientoure cette ville en cherchant à couper la route d’Ancône. Le généralfrançais , accablé par le nombre, soutenait le choc avec désavantage lors-qu’un régiment delà réserve, arrivant par Spoleto , lui rendit l’offensive;il repoussalesassaillans jusqu’au Velino et leur enleva, au passage de cetterivière, 2000 hommes outre leur artillerie.

Le lendemain, le roi de Naples entra dans Rome en conquérant. Aus-sitôt il rappela le souverain pontife et installa un gouvernement provi-soire. Mais déjà les plans de son général étaient singulièrement altérés. Lesattaques accessoires venaient d’échouer et les diversions lointaines, surlesquelles il avait compté, lui échappaient. Le Piémont avait été occupémilitairement par les divisions de la Lombardie , et dès-lors il était aiséde prévoir que les détachemens français, s’étendant jusqu’en Toscane ,paralyseraient le corps débarqué à Livourne .

Cependant Mack était à la tête de 40,000 hommes en présence de10,000 Français . La supériorité du nombre lui fit encore illusion, et, aprèsquelques jours perdus à faire au château Saint-Ange d’inutiles som-mations, il sortit de Rome pour porter tout son effort contre la droite,forte de 6000 combattans. Macdonald l’avait établie dans une admirableposition. C’est un triangle formé par le Tibre, la Treia et une chaîne decollines qui longe la route de Florence . Les deux premiers côtés ne sontaccessibles que par les ponts de Civita-Castellana et de Borghetto. Letroisième, entrecoupé de plusieurs ravins, ne laisse point de développe-ment à l’attaque et peut être défendu à peu de frais.

Mack avait assez de monde pour investir cette forteresse naturelleet la prendre d’assaut; au centre deux colonnes, chacune de 7 à 8000hommes, furent chargées d’y pénétrer en attaquant Civita Castellana , l’uneà revers par Nepi, l’autre de front par Rignano. La droite (7 à 8000)passa le Tibre à Ponzano pour couper par la rive gauche la route deTerni. La gauche (2 colonnes 14 à 16,000 hommes) prolongea samarche par la route de Florence dans le but de descendre vers le Tibre par les intervalles des ravins et de se lier avec la droite.

La division française n’avait qu’un moyen de se dégager du réseauqui allait l’envelopper, c’était de mettre en déroute l’armée napolitaine.Elle n’y manqua pas. A Nepi, Kellermann , qui défendait le défilé avecdeux bataillons et trois escadrons, accueillit rudement une des colonnesdu centre, la jeta à demi détruite sur Monte-Rosi et, sans lui laisser letemps de reprendre ses rangs, la poursuivit et la dispersa. A Rignanol’autre colonne se heurta contre un régiment d’infanterie qui se repliajusqu’au pont de la Treia . Elle se croyait victorieuse, mais, au bord dela rivière, une fusillade terrible lui ôta le désir de forcer le passage et