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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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182 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

puis, trouvant le camp évacué, ils poussèrent jusqu’à Rome où il entrè-rent sur les pas des arrière-gardes napolitaines. J

Comme ils prenaient position dans la ville, une colonne se présenta àla porte de Florence. C’était Roger de Damas qui, se trouvant séparé doMack, voulait obtenir la permission de le rejoindre; elle lui fut refusée,et il se retira sur Worta où l’on courut l’attaquer. Il fut rompu et, aumoment où il cherchait à gagner la côte, Kellcrmann, débouchant deRonciglione, le rencontra vers Toscanella, le mena battant jusqu’à Orbi-tello et ne lui laissa la faculté de s’embarquer qu’en l’obligeant d’aban-donner son artillerie.

Du côté de l’Adriatique, Duhesme , après avoir enlevé la forteresse deCivitella-del-Tronto , dispersa l’extrême droite ennemie. Enfin, le déta-chement de Livourne resta dans la plus complète inaction. L’expéditionétait manquée sur tous les points, les débris de l’armée napolitaine se re-tiraient en désordre aux cris d’indignation de l’Europe absolutiste.Championnet prit alors une résolution audacieuse qui, à défaut d’autresexploits, suffirait pour caractériser cette brillante époque. Malgré lespluies de la saison, malgré l’insurrection des campagnes qui éclatait surses pas, malgré les forteresses qui barraient toutes les routes, il poussascs colonnes à la conquête de Naples .

Duhesme et Lemoine (5 à Gooo) reçurent l’ordre de se porter en avantl’un par Pescara, l’autre par Aquila et Popoli ; de traverser Venafro etde rejoindre sur les bords du Volturno Macdonald et Rey (7 à 8ooo)qui s’élancèrent à la poursuite de l’année fugitive. Kellerinann resta enarrière pour pacifier la Campagne de Rome et réduire Yiterbe qui s’étaitinsurgée.

Mack, laissant de fortes arrière-gardes à Ceprano, Fondi et Itri pourdéfendre le passage de Garigliano, rallia le gros de ses troupes sous lecanon de Capoue . On n’hésita pas à l’attaquer. Macdonald prit la routede Veroli ; Rey celle de Terracinc; Maurice Mathieu marcha sur Ceprano.Les deux derniers éprouvèrent seuls une légère résistance. Les Napolitainsprétendirent disputer l’entrée de Ceprano. Mathieu les culbuta, pénétrapêle-mêle avec eux dans la place, força le pont du Garigliano et fit sajonction dans San-Germano avec Macdonald qui, ayant passé sans ob-stacles à Isola, avait fait fuir les postes ennemis en les prenant a revers.

Sans attendre Rey, Championnet marcha contre une place forte soute-nue par 35,ooo hommes. C’était enfin trop, de témérité. Capoue , situéeau-delà du Volturno , a une enceinte régulière revêtue, et, en outre, lestroupes napolitaines s’étaient couvertes d’un retranchement garni d’ar-tillerie. On s’y porta, on s’en rendit maître, ou prit les canons, maisles remparts de la forteresse arrêtèrent col élan et, apres avoir perdu 3oo