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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1798. 193

droite, de culbuter l’infanterie qui la soutenait. Apres une vive résistance,l’ennemi fut rompu ; on sauta dans les rctranchcmcns; on parvint aumilieu des centres du pacha, ou le fit prisonnier avec tout son état-ma-jor. Il ne restait de son armée que /jooo hommes qui se renfermèrentdans le château et se rendirent après huit jours de bombardement.

La journée d’Aboukir fut le dernier exploit de Bonaparte en Orient.L’Europe entière avait pris les armes. Depuis quatre mois elle était par-tout triomphante; les désastres de la patrie rappelaient le vainqueurd’Arcole. Il quitta l’Égypte après avoir désigné Klcbcr pour le remplacerau commandement en chef.

Avant de passer au récit de la campagne de j 79g, nous croyons de-voir terminer d’une manière sommaire ce qui est relatif à l’Orient. Lecommandement de Kleber appartient à un nouvel ordre d’évènemens. Ils’agissait de se maintenir en Égypte , sans recrutement et sans secours,contre les efforts de la Porte et de l’Angleterre.

Le grand-vizir réunissait une armée; des partis occupaient Gazah; laflotte turque tenait la mer, prête à jeter des troupes vers les bouches duNil ; enfin des bâtimens anglais menaçaient Suez et Qoseir.

L’armée française avait essuyé des pertes; néanmoins sa position étaitbonne : Suez et Qoseir la couvraient sur la mer Rouge. El-Arich et Ca-tich fermaient le désert du côté de l’Asie et des batteries étaient placéesaux points abordables du littoral de la Méditerranée. IntérieurementMourad était encore à la tête de scs Mamelucks . Ce chef infatigableexerçait une grande influence sur la population , qui se prêtait partout àmasquer ses marches; mais la crainte que lui inspirait le grand-vizir sur-passait l’aversion qu’il ressentait pour les Français. A son approche ilcessa d’agir en ennemi.

Sur ces entrefaites, les coalisés se montrèrent sur plusieurs points.Suez et Qoseir, attaqués par les Anglais , résistèrent victorieusement, et8000 janissaires, débarqués à Damiette , assaillis tête baissée par un mil-lier d’hommes , perdirent 3 ooo des leurs et se hâtèrent de regagner leursvaisseaux.

Pendant ces démonstrations dont le but était de diviser la défense, legrand-vizir s’échelonna sur la frontière de la Syrie . Klcbcr,qui avait con-tinué les communications que Bonaparte avait ouvertes avec le divan, selaissa entraîner dans une fâcheuse négociation pendant laquelle on luiprit El-Arick et qui se termina par la convention conclue sous le nom dece fort. L’armée française, abandonnant l’Égypte , consentait à se repliersur Rosette, Alexandrie, Aboukir pour être transportée en Europe avectous les honneurs de la guerre. Déjà ses garnisons avaient évacué Catich,Salehich et Balbeis; déjà Kleber se préparait à sortir du Caire et à repas-

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