200 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
Cependant, après quelques manœuvres propres à tromper son adver-saire, Massena, pendant la nuit du 5 au 6 mars, prit les armes et jetatrois colonnes au-delà du llliin, Tune au-dessous de Feldkirch , les deuxautres à Dalzcrs et au-dessus de Rcichcnau, de manière à envelopper lecorps des Grisons .
Dans la journée du 6, le centre se porta de Balzers à Maycnfcld, con-duit par le général en chef qui s’inspira des souvenirs de Itovercdo. Laposition était la même, il s’agissait d’enlever un défilé barré par un petitfort. Mais, ce château est dominé par des rochers à pic; des tirailleurss’y glissèrent au moyen d’un long détour, et par leurs feux plongeaus ilsdéblayèrent le rempart que l’on monta d’assaut.
De leur côté, l’aile gauche, commandée par le chef d’état-major Oudi-not, attaqua vivement les rctranclicmcns de Feldkirch , et la droite cou-ronna les hauteurs au-delà de Coire . Auffenberg n’avait plus de retraite.Rassuré contre IIolzc par la possession de Lucicnsteig et par la diversionqui le retenait sur l’Ill, Massena entassa les impériaux dans Coire , où,après tiue vive résistance, ils furent obligés de capituler et de déposer lesarmes.
Sans perdre un instant, il se retourna contre Feldkirch et donna surplusieurs points l’assaut; mais il échoua devant la ligne formidable oùIlotze s’était renfermé.
Toutefois, on était maître du cours du Rhin et des Grisons , et l’onpouvait s’étendre jusqu’à l’Inn. Recourbe, avec la division de droite, s’yrendit par la vallée de l’Àlbula . On pensait, que dans le même instantDcssolles arrivait sur le Haut-Adige , et l’on espérait que les deux divisionsréunies, en débordant les sources de Fl 11, menaceraient Ilotze à revers etl’obligeraient à la retraite. Mais, Dessolles avait à faire un si long détour,qu’il y avait de la témérité à compter sur la précision de son entrée enligué. Il n’y était pas encore lorsque Recourbe, traversant les Alpes Illié-ticuncs, déboucha dans l’Engaddinc. Bellegarde put alors lui tenir têtede front et en même temps menacer son flanc, en faisant filer sa brigadede Laudon sur les hauteurs entre Taufers et Zeruetz.
Lecourbe, obligé de contenir Laudon pendant qu’il abordait les posi-tions capitales de Naudcrs et Finstermuntz, fut repoussé et Massena re-tourna vainement pendant trois jours à l’assaut des redoutes de Feldkirch .
Cependant, l’armée du Danube attendait, pour entrer en opérations,que Massena eût dépassé la pointe du lac de Constance, lorsque l'archi-duc, rassuré de ce côté par la glorieuse résistance de Ilotze,se résolut àfrapper les premiers coups.
Jourdan, couvert par l’Aach et l’Ostraeh, ruisseaux qui sc jettent l’undans le lac, l’autre dans le Danube , appuyait à droite de manière à in-