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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1799.

leurs armes, leurs uniformes; on s’indignait de leur intervention; onbridait de leS combattre, de les vaincre. Cependant les patrouilles impé-riales cherchaient des passages moins bien gardés. A la nuit Wukasso-wich réussit à rétablir le pont deBrivio; Chasteler jeta un pont à Trezzo ;les postes français furent surpris, et avant qu’on pût les soutenir, deuxdivisions autrichiennes étaient déjà rangées sur la rive droite, faisant facel’une à Serrurier , l’autre au centre de l’armée.

Moreau chargea Grenier de courir à ces troupes, de les culbuter, derétablir la communication avec la gauche. L’action fut des plus vives, lesrenforts survenant de part et d’autre la rendirent longue et acharnée.Enfin les Français désespérant de rompre une ligne qui devenait de plusen plus épaisse se replièrent sur Milan . Pendant cé temps Serurier, ayantabandonné le lac de Côme pour prendre part au combat, les Russes pas-sèrent le pont de Lecco , l’assaillirent en queue et Wukassowich lui tinttête de front;pris entre deux feux il se défendit vaillamment, mais la re-traite de Grenier lui ôtant tout espoir d’être dégageai fut obligé de ren-dre les armes.

De son côté Mêlas força le passage du pont de Cassano qu’on avaitcru devoir conserver. Ainsi dès le soir de cette journée funeste, l’ennemiétait maître du cours de l’Adda , et les Français , après avoir perdu 5 à6ooo hommes , n’avaient plus qu’à évacuer le Milanais.

Moreau, investi par les circonstances d’un commandement périlleux ,livré à ses propres inspirations, se montra grand capitaine. On doit re-gretter que, dans sa courte carrière, il ait été enchaîné par des plans qu’ils’attachait trop scrupuleusement à suivre. D’abord il fit assez bonne con-tenance pour imposer à l’armée victorieuse, pour gagner le temps desortir de Milan et de diriger sur la France , par le Mont-Cenis, les famillescompromises et les embarras ; puis il rassembla les débris de l’armée etles porta sur le Tésin, il franchit ensuite cette rivière à Pavie et Buffa-lora pour se concentrer sous le canon d’Alexandrie au confluent du Pô etdu Tanaro .

Couvert par deux rivières, adossé aux Apennins , flanqué par les for-teresses de Casai et d’Alexandrie , il espérait tenir son adversaire en échecet rallier l’armée de Naples . Scs divisions, y compris Dessolles, moulaientà 28,000 combattans ; Macdonald et Montrichard en ramenaient plusde 3 o,ooo. La jonction une fois opérée on pouvait défendre la rivedroite du Pô et profiter des places de la rive gauche pour y reporter laguerre.

Pendant que Moreau s’affermissait de la position qu’il avait si habile-ment choisie, Suwarow perdait à Milan des journées précieuses. Commetous les généraux de la coalition , il avait reçu de la part des nobles, du