238 GUERRES UE LA RÉVOLUTION.
ment de Gênes , mais on n’obtint qu’un succès partiel, on s’empara desredoutes jusqu’à Melogno et la gauche ne fut pas assez éloignée du centrepour que l’on dût renoncer à rétablir la communication.
Massena y songea dès le jour suivant. Le 6, Hohenzollern avait forcéloBocclietta, etütt, ayant replié la division de droite, avait bivouaquésur dos hauteurs dont lesderniers ressauts se prolongeaient jusqu’à l’en-ceinte de Gênes . A la vue de ses feux, l’escadre anglaise se rapprocha duport et se mit à couvrir de boulets le quartier populeux. La rumeur futgrande; il fallait l’apaiser par un coup de vigueur. A l’aube du jour,Massena sortit en deuxcolonnes, tomba sur les impériaux, déconcertés deson audace, les culbuta, leur fit |i 5 oo prisonniers et rentra triomphantdans la place aux acclamations des habitans qui, tout-à-l’heure étaientprêts à se soulever. Toujours infatigable, il se mit aussitôt en devoir dedéblayer la rivièreduPonenl; il pritavcclui 10,000 hommes, rallia Soultet se porta en deux colonnes au-devant de Suchet à qui l’on avait porté l’or-dre de reprendre de son côté l’attaque. Mais Mêlas avait déjà rassemblé,dans la trouée qu’il avait si péniblement ouverte, des forces assez imposan-tes pour former lui-même le blocus de Gênes . Les deux adversaires seheurtèrent ainsi dans l’espoir de se prévaloir de l’initiative, en mêmetemps que Suchet montait à l’assaut des redoutes que le combat du 7lui avait enlevées. L’action se soutint pendant plusieurs jours avec dessuccès variés, enfin les impériaux l’emportèrent; onze jours après lespremiers coups de feu , Massena avait perdu la rivière du Ponent ; del’autre côté, la garnison avait été repliée sous le canon des forts extérieurs.Le général en chef défendit long-temps les approches de la place en fai-sant d’audacieuses sorties; et Suchet, poursuivi par Elsnitz et Mêlas à latête de a 5 à 3 o,ooo hommes, en prenant chaquo jour position sur lescontreforts des Alpes maritimes , en ne cédant le terrain que lorsqu’il sevoyait débordé sur les hauteurs par les impériaux, cl sur la côte par lesescadres anglaises, mit seize jours à reculer du mont San-Giacomo aOneille ( 11 lieues). Cette glorieuse retraite pût pu se prolonger encore;mais le 6 mai l’extrême droite ennemie qui avait côtoyé , par les reversintérieurs, la crête des montagnes, secondée par Raïm, ayant forcé le colde Tende et repoussé les postes français jusqu’à Saorgio, Mêlas enhardipénétra vivement dans le comté de Nice. Le lendemain il rangeaen bataille i5 à 18,000 hommes et les porta parla droite contre lesfaibles colonnes de Suchet, cherchant à les tourner, à les acculer à lamer, Elles résistèrent vaillamment: coupées en plusieurs parties, pres-que enveloppées elles combattirent jusqu’à la nuit et parvinrent à se met-tre en sûreté derrière la Taggia, sans autres pertes que celles essuyées parJe feu. Toutefois elles furent forcées de presser leur marche et cinq jours