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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1800 . 555

poser. Tous les ponts, depuis Ulm jusqu’à Donauwerth, avaient été dé-truits et de fortes patrouilles parcouraient la rive gauche.

Les démonstrations des Français attirèrent surtout sa surveillance àGuntzburg. Pendant ce temps, Lecourbe réussit à jeter quelques tirail-leurs à Blindheim et à rétablir, à l’aide d’une batterie , le pont qui abou-tit à ce village. Aussitôt ses troupes commencèrent à défder et la tête decolonue se bâta de se mettre en bataille, la droite au Danube pour fibreface aux corps postés à Donauwerth. Ceux-ci accoururent au nombre de5 ooo hommes. Mais, tandis qu’ils s’épuisaient en vains efforts pour em-porter le village deSchweningen,que les Français avaient pris pour pointd’appui, la cavalerie , conduite par Lecourbe en personne, tourna leurdroite, les rompit par leur flanc et les força de déposer les armes. Cepen-dant le passage continuait. Deux divisions se mirent par la gauche enbataille pour débouclier de Blindheim , dégager Dillingcn et faciliter ledéploiement de Moreau. Les ennemis se ruèrent sur elles et l’action étaitencore indécise quand Lecourbe, survenant avec sa cavalerie victorieuse,s’établit à Hochstett sur la ligne de retraite des assaillans et les contrai-gnit à se replier précipitamment sur Gundelfingen . Là ils trouvèrent desrenforts et revinrent intrépidement à la charge; mais les ponts de Dillin-gen et Lauingen étant alors rétablis, la r éserve en Ira en ligne et réprima leurélan. Moreau, après s’être emparé de Gundelfingen , déblaya toute larive gauche de la Brentz. Grenier, ayant tenté sans succès la reconstruc-tion du pont de Guntzburg, laissa Ney sur la rive droite et rejoignit,par Dillingen, le reste de l’armée qui s’affermit en avant du Danube ,flanqué par Brentz et la Wernitz.

Kray s’avoua vaincu. Abandonnant les retranchemens, ou il avait silong-temps tenu en suspens la fortune, U se retira en remontant au pieddu Iiauhc-A!p et en masquant sa marche par des manœuvres en avantd’Elchingen . On ne s’aperçut de son mouvemeut que lorsqu’il était déjàpn possession deNœrdlingen. Onycourut, on atteignit son arrière-garde àNeresheim et l’on engagea contre elle un combat insignifiant qui ne ra-lentit point le corps de bataille (a 3 ).

Son empressement à tourner la Wernitz et à se rapprocher du Danube ,indiquaient le projet de saisir la ligne du Lech ou au moins celle de l’illerjMoreau se hâta de le prévenir sur ces deux rivières ; il jeta au-delà par,Augsburg 10,000 hommes sous Decaen et par Rain tous le corps de Le-courbe. Le premier s’empara de Munich après avoir rompu trois fois lesdétachemens ennemis qui cherchaient à 1 arrêter. Le second marcha surNeuburg ; mais déjà a 5 ,ooo impériaux avaient profité du pont dont il vou-lait s’assurer. A Oberhausen sa première division les rencontra comme ilsgagnaient le Lech. Sans égard au nombre, elle osa commencer le feu; elleal-