256 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
lait succomber, quand la seconde division survenant rétablit le combat quise soutint avec opiniâtreté. L’arrivée de Lecourbe avec la troisième divi-sion décida de la victoire. L’ennemi se replia sur Neuburg et Krayforcé de renoncer au Lech se rendit par la rive gauche du Danube deNeuburg à Ingolstadt , où il passa le fleuve, espérant surprendre Decaensur User. Trop vivement poursuivi pour donner suite à ce projet, il pro-longea sa retraite jusqu’aux bords de l’Inn, laissant le corps de Rlenau àRatisbonne et à Landshut une arrière-garde, que Moreau ne tarda pasà déposter.
L’armée impériale était hors d’état de reprendre l’offensive. L’arméefrançaise, obligée de masquer Ulm et Ingolstadt , ne pouvait jeter au-delàde User que 60,000 hommes qui eussent difficilement abordé Kray, dontle front était couvert par un cours d’eau d’un passage réputé difficile etdont le flanc droit était assuré par la possession de Ratisbonne .
Dans cette conjoncture, Moreau conçut le dessein de tourner la gau-che de son adversaire et d’introduire sa droite dans la haute vallée del’Inn par les ouvertures que masquaient encore les retranchemens deFeldkirch et le corps des Grisons . Lecourbe quitta User à la tête de20,000 hommes, qu’il concentra à Mindelheim , pour en former trois co-lonnes d’attaque ; celle de gauche se présenta menaçante à Fuessen et re-jeta sur Rieti les pestes du prince de Reuss , dont l’attention fut ainsidétournée du but auquel tendaient les Français. Pendant qu’il mettaitInspruck en état de défense, les deux autres colonnes s’avancèrent parallè-lement, l’une , sur Pludentz, l’autre, droit sur la pointe méridionale dulac de Constance ; celle-ci, pour attaquer de front les dispositions de l’en-nemi , la première, pour les tourner.
Arrivé à Bregentz avec la principale colonne, Lecourbe répéta la ma-nœuvre de Massena pour envelopper le corps des Grisons . C’était encoreAuffemberg qui le commandait. Instruit par l’expérience de l’annéeprécédente, il se hâta de faire retraite par l’Engadine . Cependant, lesFrançais donnèrent l’assaut aux redoutes de Feldkirch. Jellachich le sou-tint pendant une journée entière; mais à la nuit, informé que la colonnede Pludentz venait d’occuper Damitz, il prit le parti d’évacuer la valléede l’Ill tandis qu’elle était encore ouverte; et, le lendemain, on prit pos-session de ce célèbre camp de Feldkirch, naguère si vivement défendu.
C’est en ce moment que l’armistice de Parsdorf suspendit les hostilités.