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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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GULKKES lit LA DEVOLUTION.

sa propre ruine et, dans son empressement à se jeter aux pieds du con-quérant, elle courut au devant des mesures qui devaient l’accélérer.

Napoléon obtint le passage d’une armée destinée à détruire lescomptoirs anglais de Lisbonne et d’Oporto : il obtint la coopération destroupes espagnoles; il obtint l’envoi, sur les côtes de la mer Baltique ,du marquis de laRomana, avec 22,000 hommes d’élite; enfin, sous leprétexte de soutenir la première expédition , il obtint le droit de réunirau pied des Pyrénées 80,000 hommes, qu’il tint prêts à franchir la fron-tière au premier signal, et à saisir les positions propres à maîtriser laPéninsule.

Cet appendice de l’Europe n’a point de traits communs avec elle. Plusétendu, les géographes lui eussent, avec raison, donné le nom de partiedu monde. Il se compose, comme l’Asie , d’un vaste plateau intérieur,entouré d’une ceinture de Cordillères qui projettent, de quatre côtés, descontreforts en gradins. A l’est, au sud et à l’ouest, le terrain descendjusqu’à la mer; mais du côté du nord, il se rebrousse au fond des valléesde l’Ebre et du Duero , pour former le revers méridional de la chaînedes Pyrénées , et le massif de ses prolongemens, depuis les provincesbasques jusqu’aux extrémités de la Galice . Une grande variété de tem-pérature et de fertilité résulte du plus ou moins de hauteur de l’inclinai-son ou de l’exposition des pentes. Le plateau central, légèrement inclinéà l’ouest, renferme de vastes solitudes. Les rares cours d’eau qui fécon-dent la partie cultivée au sortir des plaines du centre, « se précipitent à la« mer par un courant rapide, creusant des crevasses profondes et escarpées« et offrant, à chaque pas, des scènes pittoresques et sauvages , des pas-« sages étroits et difficiles : on ne peut y faire quelques lieues sans ren-« contrer un ou plusieurs de ces défilés, comme les Thermopyles ou lesa Fourches Caudines, dans lesquels deux ou trois centaines d’hommes suf-« lisent pour arrêter des armées entières. Les ravins sont presque tou-ct jours à sec et cependant impraticables » (maréchal Suchet ).

L’amphithéâtre occidental, qui contient le Portugal tout entier, sedistingue, dans cette âpre contrée, par des aspérités plus rudes et, sur-tout, par la muraille naturelle qui le sépare de l’Espagne et qui eu faitun vaste camp retrauché.

Les deux Castilles et Madrid sont sur le plateau central. On y pénètre,au sortir des Pyrénées, par les deux routes royales de Bayonne et deBarcelone et par les chemins de Pampelune et de Saragosse . Ces com-munications traversent l’Èbre , et la première, qui est la plus directe,passe de la vallée de l’Èbre dans celle du Duero . Une armée française n’estdonc affermie à Madrid qu’à la condition de dominer le cours de cesdeux fleuves. C’est dans leurs bassins que sont situées les places fortes de