CAMPAGNE DE 1808.
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nus par une batterie de six pièces, ils firent de vaiiians et inutiles effortspour regagner le terrain perdu.
Blake s’attendit le lendemain à voir le combat continuer comme il s’é-tait engagé. Mais les Français avaient profité de la nuit pour changerleur ordre de bataille. Au point du jour, la gauche des Espagnols futsingulièrement surprise de reconnaître que l’effort de l’attaque se portaitcontre elle. Prise au dépourvu, elle se laissa déposter des hauteurs qui dé-fendent l’approche du pont d’Espinosa et bientôt elle lâcha pied. Ce-pendant l’affaire devenait générale; le centre et la droite de Blake soute-naient difficilement le choc lorsque la déroute de la gauche les obligeade plier; ils ne purent se retirer en bon ordre. Au passage de la rivière,les rangs se rompirent. L’artillerie et des milliers de prisonniers restèrentsur le champ de bataille.
Blake indiqua aux fuyards Reynosa comme point de ralliement. Mais,d’un côté, la cavalerie de Lefebvre, et de l’autre une division du 2' corpsque Soult, à peine maître de Burgos , y conduisait en personne, les dé-bordèrent. Soult touchait aux portes de Reynosa, quand les débris del’armée de Galice s’y entassèrent. Il leur fut impossible de se réorganiser,et ils se jetèrent en désordre dans les montagnes de Leon, abandonnantleur matériel et d’immenses approvisionnemens. La Romana prit en cemoment le commandement des vaincus, réduits à 10,000 combattans,hors d’état de rien entreprendre.
Napoléon avait à peine posé le pied sur le territoire espagnol et iln’avait eu qu’à marcher pour écraser les armées de Galice et d’Estrama-dure ; restaient à sa gauche Castanos et Palafox ; à sa droite les Anglais qui débouchaient du Portugal et dont les mouvemens étaient assez lentspour lui permettre d’achever la dispersion des levées espagnoles.
Pendant que Soult, poussant jusqu’à Santander, parcourait et désar-mait cette province, Victor rejoignit l’empereur, et Lannes, à la tete des3 e et 6 e corps ( 3 o,ooo hommes), fut chargé de l’opération contre lesarmées d’Andalousie et d’Aragon . 11 forma deux colonnes : l’une, sousses ordres immédiats, se concentra à Lodosa pour y passer l’Ebre ;l’autre fut conduite par Ney de Logrono à Soria pour gagner de làTaarazon, couper Castanos de Madrid et l’acculer au royaume de Va-lence. Le mouvement des deux maréchaux contraignit les Espagnols àévacuer le versant des Pyrénées; ils se rangèrent de Tudela à Cascanteau nombre de 45 ,000 sur une ligne d’une lieue et demie, la droite à l’Èbre ,la gauche à l’un de ces ravins que l’on trouve à chaque pas. Lannes seheurta contre eux et, pour les disperser, il n’eut pas besoin de manœu-vrer. Enfoncer le centre, prendre à revers la gauche, attaquer de frontla droite et la culbuter, pe fut l’affaire d’un moment. Les ennemis perdi-