334 GUERRES DE LA REVOLUTION.
rent 7000 hommes, 3 o canons, 7 drapeaux et se retirèrent en désordre :Palafox sur Saragosse; Castanos par les routes de Valence et de Si-guenza. Ney, retardé par l’état des chemins, n’arriva pas à temps sur lechamp de bataille où sa présence eût anéanti l’armée d’Andalousie .
Cependant la grande-armée achevait de défiler au-delà des Pyrénées .Le 8' corps (ancienne armée de Portugal, 22,000 hommes) gagna lesAsturies et fut mis sous les ordres de Soult. Le 5 ° corps sous Mortier(20,000) entra en Aragon et lé 7 e corps, sous Gouvion-Saint-Cyr(22,000), en Catalogne. Dans le môme temps, Napoléon , flanqué àdroite par Lefebvre qui se porta de Valladolid à Ségovie , se mit à cq^toyer, par la route de Buitrago, le mouvement du 6" corps. Il arrivait àAranda lorsqu’il apprit la victoire de Lannes. Rien ne s’opposant plusdès-lors à sa marche sur Madrid , il donna l’ordre de pousser en avant.Soult fut chargé de contenir la Galice et Lannes l’Aragon , tandis queNcy continuait à manœuvrer de manière à prévenir les colonnes de Cas-tanos sur les routes de Madrid et à les rejeter hors delà Castille,
Arrivé au défilé de SomorSierra, Napoléon le trouva défendu par1 3 ,ooo hommes des levées d’Estramadure et de Castille. Leur posi-tion était belle,seize pièces de canon en batterio enfilaient la chaussée, etdes tirailleurs, embusqués derrière les rochers des deux côtés de la route,prolongeaient leur feu jusqu’au pied de l’escarpement. Trois régimensd’infanterie et six pièces de canon s’engagèrent dans le col et sur leshauteurs à droite et à gauche. Mais les aspérités du lieu plus que le feude l’ennemi rendaient leurs progrès incertains, quand Napoléon accourutavec les chasseurs de sa garde et les lanciers polonais. Après avoir reconnule terrain, il ordonna à cette brave cavalerie de gravir au galop la chaus-sée et d’enlever la batterie espagnole. Cette charge brillante s’exécutaavec la rapidité de la foudre, Les canonniers fureut sabrés sur leurs piècesdont on s’empara; l’infauterie , débordée par la chaussée, déposa lesarmes ou se dispersa. Le corps d’armée disparut.
On ne rencontra plus d’obstacles jusqu’aux portes de Madrid , où lesdeux colonnes se présentèrent en môme temps : Napoléon par la routedeBurgos, Ney par celle de Saragosse .
Les Espagnols avaient fait les apprêts d’une défense désespérée. Lesmiliciens, 40,000 paysans armés, 8000 hommes de troupes réglées, et100 pièces de canon braquées derrière des barricades, faisaient présagerune résistance sanglante. Les deux premières sommations de 1 empereurayant été reçues avec des cris de fureur, il se vit dans la nécessitéd’ouvrir le feu. Son effort porta d’abord sur le palais de Buen-Retiro quidomine la ville et qui en livre l’entrée. A la suite d’un engagement long-temps douteux, Victor s’en rendit maître. On y établit une formidable