CAMPAGNE DE 1808:
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batterie, et une troisième sommation fut faite avec la menace d’anéantirMadrid . Elle produisit un effet décisif : à la suite d’un conseil tumultueux,les troupes de ligne partirent, la populace armée se dispersa, et une ca-pitulation mit l’armée française en possession de tous les postes.
En un mois de campagne, la capitale était conquise et les armées enfuite. Cependant, jamais si grands résultats n’avaient eusi peu de portée.Dans le cercle que renfermaient les baïonnettes victorieuses, on cédaità la force. Mais au-delà, pas une ville n’ouvrait ses portes. Pas un seulacte de soumission; partout un enthousiasme sombre, une exaltationprête à tous les sacrifices. L’empereur publiait des amnisties; on les dé-daignait, et l’insurrection tirait de nouvelles forces des fautes mêmes, desdéfauts d’organisation, qui avaient facilité le triomphe de la grande-armée.
La junte centrale s’était réunie à Aranjuez , où elle avait convoqué desdéputés de toute l’Espagne ; mais cette assemblée n’avait pu saisir lepouvoir dictatorial, elle n’avait pu même songer à mettre de l’unitédans la défense, à nommer un général eu chef et à amalgamer les for-ces fournies par les diverses provinces. Les armées se composaientdonc : l’une d’Aragonais, de Valenciens, d’Andalous; l’autre de Gali-ciens , d’Asturiens, de Basques; tous conservant leurs drapeaux, leursrivalités; tous commandés par des généraux qui, n’étant point contenuspar la main de fer d’un pouvoir suprême, se livraient en présence dudanger aux passions, aux mésintelligences qui troublaient le bon accordde leurs troupes. De là, la promptitude des généraux français à gagnerdes batailles où l’on a peine à saisir quelques traits saillans. Mais aprèsces batailles, les vaincus de retour dans leurs provinces, formèrent lenoyau d’une défense plus locale et plus opiniâtre. Ainsi les Aragonaisqui n’avaient pas tenu quatre heures à Tudela , secondés par les Anda-lous et les Valenciens, se réfugièrent dans Sarragosse, ville ouverte, oùils soutinrent un 6iège meurtrier, dont la durée excède celle de la cainrpagne d’Austerlitz, Si jamais l’empereur a mesuré, avec un sentiment dedoute, l’étendue de la tâche qu’il s’était imposée, ce dut être, lorsque maî-tre de Madrid , il vit surgir sur ses pas une Vondée, aux proportionsde treize millions d’âmes et de 27,000 lieues carrées. Il eut du moins lajoie de détruire une armée anglaise.