357
CAMPAGNE DE 1809.
dinot (a4jOOo) et Massena couvraient les rives du Lcch, depuis souconfluent jusqu’àSchongau.
Le major-général, si habileà mettre en œuvre les grandes conceptionsde Napoléon , n’avait pu supporter le faix du premier rang. 11 opposaitune longue ligne, mince et sinueuse aux masses de l’archiduc, dont lecentre et la gauche étaient groupés sur l’Abens, d’Au à Rohr, tandis quesa droite, tournant Ratisbonne, accourait par Schwaudorf et Amberg ,pour se mettre en ligne dans la vallée de l’AItinulil. Le prince n’avaitplus qu’un pas à faire en avant pour se joindre à sa droite par le pont deKelheim , couper Davout des autres corps , et pousser vivementleurs colonnes éparses par les deux rives du Danube . Jellachich était en-tré à Munich et à Dachau .
Il ne fallait rien moins que le coup-d’œil prompt et sûr de Napoléon,pour sortir victorieux de cette situation critique. Mais déjà son nom seulavait diminué le péril. A peine informé de son arrivée, l’archiduc sus-pendit sa marche offensive, et, au lieu de saisir le pont de Kelheim , ilchangea de direction à droite pour gagner Ratisbonne . Tant a de puissanceune, grande renommée ! le général autrichien craignant de donner priseentre son centre et sa droite, ne crut point pouvoir assez promptements’assurer une communication solide avec Bellegarde etKollowrath. L’ha-bileté de l’empereur à épier tous ses mouvemens, à découvrir des inter-valles, à s’y glisser, à les agraudir, est au-dessus de toutes les formulesd’admiration.
Déjà il avait fait passer à ses lieutenans ses ordres, si prompts, si pré-cis. Il avait prescrit à Lefebvre de s’étendre par sa gauche; à Davout desortir de Ratisbonne par la rive droite du Danube , et de faire sa jonc*tion avec Lefebvre, de manière à barrer le chemin de Kelheim ; àBessières, à Vandamme de marcher sur Neustadt et de renforcer lecentre; enfin à Massena et Oudinot de déboucher du Lech, la gaucheen tête, par Aichau et Pfaffenhosen, pour séparer Jellachich de Hilleret déborder ce dernier. Ainsi dans le même temps que l’archiduc dé-ployait les masses de son centre, l’armée française tout entière conver-geait sur les rives de l’Abens.
Les impériaux manœuvrèrent, la droite en tête, en tuyaux d’orguede manière à ne point laisser de vide entre la droite de Hiller et l’ar-rière-garde du centre. La première colonne suivit le cours de la Laber;la seconde (réserve), la chaussée de Landshut ; la troisième (Rosen-berg) des chemins vicinaux à peu de distance de la route; la qua-trième (Hohenzollern) partit lentement de Rohr pour gagner AbachparThauet Tcngen. Au même instant Davout qui, pendant la nuit,avait réuni ses quatre divisions et sa cavalerie à Abach, se mit eu mar-