373
CAMPAGNE DE 1809.
celui de l’artillerie française . Un orage violent mêla ses éclats à ce fra-cas terrible. La foudre et l’incendie d’Enzersdorf éclairèrent cette grandescène. Cependant, dès le soir, i 5 oo voltigeurs avaient amarré près de l’îleAlexandre le pont de bateaux. Les colonnes d’infanterie le traversèrentau pas de charge, quatre autres ponts furent aussitôt établis, le défilé con-tinuapendant la nuit entière. Enfin, lorsque aux premières lueurs du ma-tin, l’archiduc chercha dans l’île cette armée qu’il croyait avoir criblée,décimée, il la vit, avec une surprise extrême, rangée en bataille sur sa gau-che au-delà de ses retranchemens. Dans l’impossibilité d’engager immé-diatement le combat il se retira obliquement sur Wagram , et parut refor-mer ses lignes derrière le Russbach. Napoléon le suivit en se déployantparallèlement au Danube . L’armée d’Italie, soutenue à droite par Oudiuot,à gauche par Bernadotte , eut ordre d’enlever de suite les hau-teurs du Russbach , elle s’y porta; verse) heures du soir, Macdo-nald pénétra dans Wagram , le combat s’anima, mais y il eut quelquesdésordres dans cet engagement de nuit. Bernadotte au lieu de seconderMacdonald ne dépassa point Aderklaa . L’ennemi regagna le terrain perdu ;enfin à onze heures l’empereur suspendit ces attaques qui n’avaient eud’autre résultat que de lui indiquer les positions du généralissime.
Le lendemain éclaira la bataille de Wagram , où deux armées de 200,000hommes se heurtèrent , et où le sort de l’Europe fut encore une foisdécidé.
Au sortir de l’île de Lobau on trouve une vaste plaine longue de ïolieues, large de 4 à 5 , couverte de grands et riches villages, comme onen voit autour des capitales. Elle est limitée au sud par le Danube , aunord par le Russbach , ruisseau bourbeux qui se jette dans ce fleuve,encaissé sur sa rive gauche par une chaîne de collines, à l’est par laMardi et à l’ouest par la hauteur de Bisamberg , dont les derniers mame-lons finissent à l’embranchement des routes de Brunn et de Znaym .
Au bord du Danube s’élèvent les villages déjà célèbres d’Enzersdorf,Essling, Asparn; sur le Russbach , ceux de Neusiedel, de Baumersdorfet le bourg de Wagram. La route de Presbourg à Vienne passe aumilieu delà plaine à travers Rasclidorf, Breitenlèe et Leopoldau,où ellese réunit au chemin de Wagram. Entre Leopoldau et Wagram, on ren-contre Sussenbrunn et Aderklaa ; enfin, au pied du Bisamberg , est bâtiStammersdorf .
L’archiduc Jean était sur la Mardi, à la tête de 3 o,ooo hommes, et dansla soirée du 5 , on avait reconnu que la droite du généralissime s’étendaitjusqu’à Neusiedel à une lieue et demie de Wagram. On devait en conjec-turer qu’il manœuvrait pour rallier son frère, et, selon toute apparence,Neusiedel était la clé du champ de bataille. Au point du jour, on se dis-