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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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GUERRES DE LA REVOLUTION,tourna la droite d’Albuquerque , puis, partant d’AImadcn, il traversades cols inaccessibles à l’artillerie, et parvint à Montoro. Sebastiani suivitle chemin delà Puebla del Principe, et toujours combattant, toujours pre-nant des hommes, du canon, il poussa jusqu’à Uhcda, d’où il se mit encommunication avec les autres corps.

Rien ne s’opposait à la marche en avant. On occupa Cordoue , Jacn ;Sebastiani pointa sur Grenade; Victor, Mortier se disposèrent à prendrepossession de Séville , à écraser Albuquerquc qui, ayant côtoyé le pre-mier corps, venait d’arriver sur le Guadalquivir . On se heurta contre sesavant-postes près d’Ecija , le jour même où le 4° corps entrait sans ob-stacleà Grenade; puis, aussitôt que l’on eut franchi leXenil, on se déployapar la grande route et par le chemin de Moron, qui mène directement àCadix. Cette manœuvre tendait à couper Séville de la mer, elle n’échappapoint au général espagnol . Il choisit habilement entre les deux villes àdéfendre, et en se portant rapidement à Cadix , il s’assura d’une positionoù la cause de l’indépendance nationale et Pâme de l’insurrection trouvè-rent un refuge inexpugnable.

Séville , abandonné à lui-même, capitula, livrant aux vainqueursd’immenses ressources, A peine trouvait-on quelque résistance : Sebas-tiani à la suite d’une escarmouche, s’empara de Malaga , et Victorpoussa jusqu’à Cadix. Mais il avait eu le tort de trop s’arrêter devant Sé-ville , il arriva trop tard, et ce moment fugitif qu’il faut toujours épieret saisir, ce moment si précieux dans les affaires de la guerre, lui échappa.Albuquerque avait sur lui douze heures d’avance, dont il profita pourrompre le pont qui donne l’entrée de Cadix et se mettre à l’abri d’uncoup de main.

Cet incident sauva l’Espagne : on sait que Cadix et l’ile de Léon quecomprend l’ensemble de l’île Gaditane, sont séparés de la terre ferme,par le canal de Santi-Petri, bras de mer profond que traverse le pontde Suazo. La destruction de cette unique communication, arrêta lesFrançais et donna aux Espagnols le temps de préparer des moyens de dé-fense qu’on ne put surmonter. Dans le premier instant, on se borna aétablir des lignes de blocus. D’un autre côté, Mortier s’étant détache adroite, entoura Badajoz ; mais, après l’avoir vainement somme de se

rendre, il fut obligé de s’éloigner faute d’équipage de siège. U s établit àLlerena et étendit ses cantonnemens au pied des montagnes qui séparentl’Andalousie de l’Estramadure . Là, il batailla jusqu’à la fin de l’été con-tre La Romana.

On fut long-temps stationnaire en Andalousie. Cependant, Cadix étaitdevenu le siège du gouvernement qui, malgré ses dissensions intérieures,ne perdit point de vue le salut commun. Les troupes furent portées jus*